Application de la #veille : je suis devenu coach #réseaux sociaux

Je parle ici régulièrement de ce que la veille peut apporter aux entreprises et aux professionnels qui décident de se lancer dans cette démarche. Aujourd’hui, c’est d’une autre application de la veille dont je compte vous parler. Ayant choisi pour développer mon activité d’avoir recours à une société de portage salarial implantée à Lyon, je suis régulièrement en contact avec d’autres consultants de la région Auvergne Rhône-Alpes, avec lesquels il nous est régulièrement proposé d’échanger quant à nos offres et opportunités d’affaires. C’est ainsi qu’à l’issue d’une énième explication des tenants et aboutissants de la veille et de ses applications, notamment dans le domaine des réseaux sociaux, j’ai été sollicité par une autre consultante pour l’aider à optimiser son compte LinkedIn.

De prime abord, on pourrait considérer qu’il s’agit là de deux compétences différentes et que j’aurais dû décliner la demande. Mais je ne l’ai pas fait, et voilà pourquoi :

  • la matière première d’un compte Linkedin performant, ce sont les informations émises ;
  • la curation régulière de contenus est un bon moyen d’animer un compte sans avoir à produire soi-même tous les contenus ;
  • l’optimisation d’une présence sur LinkedIn dépend des objectifs de son détenteur, de ses capacités et de ses moyens, autant d’éléments qu’un veilleur professionnel apprends à déceler et formuler auprès de ses clients.

Dans une certaine mesure, et une fois les questions de paramétrage réglées, l’amélioration et l’animation d’un compte sont essentiellement liées aux informations mises en avant et aux commentaires / éléments de contextualisations / idées de la personne qui les partage. En fait, et je m’en fais régulièrement la remarque, les réseaux sociaux, professionnels ou grand public, sont les plateformes sur lesquelles les liens qui unissent Communication écrite et Veille stratégique sont les plus tangibles.

J’ai donc abordé la problématique de ma cliente dans l’ordre habituel des missions de ce genre : quels sont ses objectifs ? ses cibles ? de combien de temps dispose t’elle ?

Nous avons ensuite, ensemble puisque l’idée est qu’elle accède le plus rapidement possible à l’autonomie dans ce domaine, commencé par choisir la meilleure photo de profil et écrit un nouveau texte de présentation, en tentant d’adopter le discours la plus adapté à l’auditoire qui est le sien.
Comme nous partions d’un compte existant, cette première étape a été assez simple et rapide.

Être pro-actif par rapport à l’information

Comme de nombreux utilisateurs de réseaux sociaux, ma cliente ne percevait jusqu’alors pas l’utilité de partager des contenus trouvés sur LinkedIn, considérant qu’il était inutile de « faire tourner » des informations qui étaient déjà publiées, puisque visibles sur son mur.
La première étape de l’explication a donc consisté à l’amener à imaginer pour chacune des informations qui lui étaient proposées quelles décisions pouvaient potentiellement être impactées. Puis à identifier les personnes qui seraient en mesure de les exploiter utilement. Nous avons ensuite été chercher dans ses contacts des profils correspondant aux critères ainsi définis, pour constater qu’ils ne suivaient pas les mêmes sources que ma cliente, qui pouvait ainsi leur rendre service en leur fournissant ces informations potentiellement utiles.

Cette méthode consistant à identifier les conséquences possibles d’une information et les personnes pouvant en avoir l’usage est exactement identique à celle que je déploie dans les ateliers de sensibilisation à la veille.

On ne s’énerve pas et on partage les informations intéressantes et utiles

Une fois l’utilité du partage d’informations sur les réseaux sociaux établie, la question suivante concernait  l’alimentation des flux destinés aux autres utilisateurs. Nous nous sommes donc attelés à la question des sources, avec les méthodes habituelles d’un lancement de veille : recherche de contributeurs de référence (réseaux sociaux, sites, blogs…), analyse de leurs propos, choix de ceux qui proposent les contenus les plus en accords avec les besoins de la cliente, etc. Cette séquence m’a également permis de souligner la pertinence d’une démarche visant à trouver en dehors de LinkedIn des contenus qui pourraient intéresser les utilisateurs une fois qu’ils y seraient partagés.

Nos séances de deux heures sont pour l’instant calées  à un rythme bimensuel, ce qui nous a également amené à nous interroger sur le chaud et le froid en terme de communication. En fonction des articles et informations dont elle dispose, ma cliente m’a en effet interrogé quant au timing des publications, partages, etc. J’ai ainsi pu lui faire comprendre les notions de sujets chauds ou froids, qui nécessitent pour les premiers des (ré)actions rapides, alors que les seconds sont parfaits pour alimenter un calendrier éditorial de moyen / long terme.

La veille comme moyen d’alimenter des comptes de réseaux sociaux

Au fur et à mesure de la montée en compétence de ma cliente, les questions et problématiques ont évolué pour s’orienter plus clairement vers la stratégie de communication qu’elle pouvait effectivement adopter dans le temps. Si ma casquette de consultant en communication écrite m’a alors été très utile, la connaissance des options et tendances de la communication sur les réseaux apportée par mes activités de veilleur et de consultant en veille se sont également révélés pertinentes.

Je sais d’ores et déjà que les prochaines séances seront probablement dédiées à la création de contenus propres, ce qui me permettra de transmettre mes compétences dans le domaine de la rédaction. Cette aspiration à produire elle-même des contenus à partager l’amènera de façon quasi-certaine à se former dans le domaine de la veille, pour disposer d’un flux propre d’idées et d’informations relatives à son domaine de compétence.

Ce type de prestation, que je n’avais jamais imaginé proposer, s’est révélé très intéressant et m’a permis d’aborder de nombreux sujets qui me tiennent à cœur : définition d’une information, formulation efficace, procès de diffusion, évaluation des sources, compréhension globale des principes de la communication offline / online, etc. Je n’ai jamais abordé ces séances comme du coaching a proprement parler, il s’agit pour moi de conseil. Ma cliente a un jour utilisé cette formule, probablement adaptée du fait de l’aspect très personnel d’interventions qui amènent à s’interroger sur ses motivations, ses aspirations, ses valeurs, etc. Et finalement, cela donne un titre plus percutant que « Application de la #veille : comment je suis devenu consultant #réseaux sociaux ».

Publicités

Sensibilisation à la #Veille : atelier Connexion Y du 8 décembre

J’anime le 8 décembre de 12h05 à 13h un atelier de sensibilisation à la Veille. De la posture du veilleur à la valeur ajoutée en passant par les étapes importantes et les outils, je m’attacherai une fois encore à rendre simple une démarche qui peut encore apparaître confuse, ou complexe, à de nombreux professionnels. Avec le code DORE-2161, inscrivez-vous gratuitement pour participer à deux des séances au programme. Les inscriptions sont ouvertes sur la plateforme Connexion Y ou sur le site.invitation-lyon-7-8-decembre-nos-lumieres-vous-eclairent-cdore-contact-gmail-com-gmail

Le marché du management de l’information décortiqué : #veille, #data et #réseaux sociaux en hausse…

L’étude publiée par SerdaLab m’aurait été fort utile lorsque je me suis attelé à la réalisation de ma propre étude de marché.

Avec les moyens humains et financiers et suffisamment de temps, il semble logique de pouvoir produire ces chiffres qui confirmeront sans doute le sentiment de beaucoup de professionnels du secteur.

Evolution attendue du CA de 8 secteurs du management de l'information. By http://www.serdalab.com/

Evolution attendue du CA de 8 secteurs du management de l’information. By http://www.serdalab.com/

L’aspect le plus remarquable est pour moi celui qui montre le ralentissement de la dynamique économique de la production de contenus (baisse des CA attendus dans l’audiovisuel, la bibliothèque et la documentation) et que c’est l’hébergement et le traitement de l’information qui seraient désormais les marchés les plus porteurs (hausse des CA attendus pour les spécialités veille, data, réseaux sociaux, dématérialisation).

Peut-on en conclure qu’on y observe l’effet de l’avènement des médias sociaux et des technologies permettant à chacun de produire des contenus rédactionnels et audiovisuels pour un coût marginal proche de zéro ?

Si oui, la question de la collecte et de la qualification d’informations de qualité risque de devenir de plus en plus problématique, sans parler de la nécessaire évolution du modèle économique des médias…

Si non, quelle conclusion en tirer ?

Je suis curieux de connaître vos avis sur cette question…

Source : Infographie : les chiffres clés du marché du management de l’information, évolution et projection sur 2018 | Archimag

#Prospection commerciale : informations et #veille comme méthodes

En début de journée de la 11ème édition du DevCom Lyon, se tenait dans la salle Ampère de la CCI de Lyon une conférence intitulée Stratégie, fondamentaux , outil… Prospection commerciale : où aller chercher de nouveaux clients ? Comment en tirer profit ? Jérôme Solémieu (Cojecom), Philippe Spenato (Data Publica), Jean-Michel Berjaud (Re Com)et Bruno Rousselon (Sage) nous ont proposé diverses approches et diverses visions de cette problématique, avec comme constante une clarté et un soucis de pragmatisme qu’il convient de saluer.

DevComLyon

En toute logique, les différents intervenants ont débuté en soulignant l’importance de définir et segmenter ses cibles ainsi que les offres à mettre en avant. Cela revient au final à définir, formuler et hiérarchiser ses objectifs, ce qui peut être réalisé en ayant recours à la maïeutique stratégique. Très rapidement, nos conférenciers d’un jour ont opéré un glissement sémantique aussi étonnant que réjouissant pour moi, puisque les opérations, les argumentaires, les termes et les mécanismes décrits s’apparentaient de plus en plus à ceux de l’information et de la communication, domaines dans lesquels je me sens assez logiquement beaucoup plus à l’aise que pour le développement commercial. Il ont ainsi insisté sur l’importance de prévoir des campagnes de prospection conformes aux capacités de traitement de l’information de l’entreprise. Si de nombreux contacts sont sollicités, il faut en effet être en mesure de répondre rapidement à chacun. Le traitement de l’information concerne alors à la fois la possibilité d’engager un dialogue, oral ou écrit, mais également la capacité à produire pour chaque prospect une proposition qui correspond à son profil, c’est à dire qui intègre les informations collectées et agrégées sur sa fiche client.

Prospection commerciale = recherche d’informations

A cet instant défilaient dans ma tête des idées de nomenclature, de modules et de formations pour faciliter et optimiser la construction et l’enrichissement des fiches clients d’une entreprise. S’il n’est évidemment pas question de considérer les prospects et clients uniquement comme des informations, au risque de blesser les humains qu’ils sont avant tout, les données qui les concernent sont des informations essentielles et peuvent donc être traitées en tant que telles, avec une prime évidente à ceux qui sauront les formuler, les hiérarchiser et les archiver de façon simple et efficace.
De la documentation commerciale, en quelque sorte.

Prospect_ParkLe parallèle avec les principes de la gestion d’information s’est poursuivi, avec une pratique assez évidente mais qui a gagné à être explicitement décrite par ces professionnels : l’identification de prospects et l’agrégation de leads grâce au suivi des flux d’informations économiques. Si la prise de contact est souvent l’étape la plus difficile lorsqu’il s’agit de trouver et qualifier des prospects, s’appuyer sur une accroche tirée des médias économiques pour proposer ses produits et services est en effet une méthode qui semble logique et efficace. Dès lors, la veille s’impose comme une composante centrale de la prospection commerciale, puisqu’elle permet à la fois d’identifier des cibles potentielles et de débuter le renseignement d’une fiche client.

Argumentaire commercial = écriture efficace

La mise en forme des argumentaires commerciaux, qu’ils soient destinés à être entendus ou lus, répond une fois encore aux mêmes impératifs que ceux régissant généralement une production écrite visant à transmettre des informations : simples et concrets. Dans mes formations Ecriture efficace : rédiger rapidement et simplement, ce sont des aspects que je met systématiquement en avant, mais je me rends compte rétrospectivement que je n’insiste sans doute pas assez sur les applications possibles dans le domaine de la prospection commerciale.

Et si les principes et objectifs de la veille concurrentielle sont assez évidents pour chacun, elle peut également être un point d’entrée pour définir et découvrir de nouveaux clients potentiels, soit perdus par les concurrents, soit appartenant à une nouvelle catégorie qu’il est possible de démarcher.

Parmi les autres points abordés, beaucoup présentaient une grande similitude avec les problématiques du veilleur : choix du média le plus adapté pour contacter une certaine catégorie de prospects (quelle forme donner aux résultats de la veille pour s’assurer qu’ils soient lus / utilisés) ; définition et choix d’outils disposant d’indicateurs utiles et fonctionnels ; choix, paramétrage et application de filtres pertinents, qui laissent passer juste ce qu’il faut de prospects / informations…

La principale différence réside au final dans le teasing qu’il serait recommandé d’exercer sur ses prospects pour leur donner l’envie de découvrir l’offre (call to action), alors qu’un veilleur aura à cœur de recueillir, synthétiser et livrer le plus d’informations utiles possibles.

Quelques semaines après cette conférence, cette constatation et ces parallèles me confirment une nouvelle fois que la veille, l’écriture efficace, la littératie, la gestion des informations sont des compétences qui doivent désormais être maîtrisées par tous les professionnels, tant les nouveaux outils et nouveaux médias sont omniprésents dans toutes les phases de la vie d’une entreprise. La veille n’est en fait qu’une façon rationnelle, opérationnelle et prospective de concevoir et d’aborder les informations, qui sont au cœur de tous les processus.

#Veille Vs Voyance : que choisir pour maîtriser son avenir ?

En me promenant dans les rues de Lyon, j’ai récemment été témoin d’un spectacle qui m’a intrigué : un respectable quinquagénaire (costume, pardessus en laine, chaussures vernies…) s’apprêtant à « repasser » une affiche pour un concert de rap afin d’y accoler sa propre vignette. Intrigué, j’ai rebroussé chemin quelques minutes plus tard pour consulter l’information ainsi placardée. Il s’agissait d’un voyant en train d’assurer la promotion de son offre via l’affichage sauvage dans la Rue de la République.

La voyance, une méthode visant à obtenir des informations sur l’avenir… Le rapprochement avec ma propre offre m’a semblé évident, et je vous propose donc en ce vendredi 13 mars 2015 d’organiser le match :

Veille Vs Voyance

Avant toute chose, je me dois de préciser que toute forme d’ironie, de second degré ou d’humour cynique est totalement volontaire et assumée.

Positionnement :

Veille :

  • Conscient des faiblesses et des lacunes inhérentes à la nécessaire partialité de son activité, le veilleur tente de valoriser et de légitimer son offre en l’affublant de différents adjectifs grandiloquents et potentiellement anxiogènes : stratégique, concurrentielle, commerciale, juridique, technologique, environnementale… Cette accumulation de termes volontairement intimidants a bien évidemment pour objectif d’infantiliser et paralyser son client, qui se trouvera ainsi à sa merci pour d’importantes et récurrentes facturations. En digne héritier de Machiavel, le veilleur camoufle ainsi la vacuité de son activité en la parant des atours d’un élitisme, parfois bienveillant, mais toujours incapacitant.

Voyance :

  • Soucieux de faire bénéficier le plus grand nombre possible de ses contemporains des extraordinaires dons qu’il a décidé de Tarotpartager, le voyant a au contraire pour objectif de simplifier à l’extrême son discours et son offre, afin que ceux-ci soit facilement compréhensibles par le plus grand nombre. Puisqu’il travaille essentiellement à la résolution des problématiques réellement vitales, l’amour, la santé, l’argent, il est en mesure d’expliquer très simplement quels sont les bénéfices que ses clients peuvent attendre de ses interventions. Ceux-ci sont donc en confiance, sachant exactement à quoi s’attendre de la part d’un professionnel dont l’empathie n’est pas la moindre qualité.

Définir ses besoins :

Veille :

  • Le veilleur étant notoirement incapable de lire les lignes de la main, d’interpréter une mine déconfite ou de proférer des banalités susceptibles de rencontrer un écho positif chez tous ses interlocuteurs, il est contraint de leur demander quels sont leurs besoins.
    Tout au plus est il en mesure de reformuler les besoins présentés par ses clients potentiels, et il aura alors à cœur de trouver Interrogationl’angle qui lui permet d’y apporter une réponse favorable de façon simple et efficace.
  • Rationaliste notoire, le veilleur s’attachera à décomposer les besoins de ses clients pour les réduire à des éléments concrets et dont l’atteinte est vérifiable et quantifiable. Victime d’un esprit binaire étriqué, il cherche à supprimer systématiquement les risques de double-sens, de contre-sens, d’à peu près et d’a priori. Sa veulerie commerciale peut cependant le pousser à proposer des axes de surveillance connexes, sous couvert d’élargir la vue de son client.

Voyance :

  • Le voyant anticipe les attentes de ses clients. Sa capacité à en discerner et à en formuler certaines encore inconnues de son interlocuteur est une partie intégrante de ses compétences. Aucun signe ne lui échappe et il n’agonisera pas son client de questions absconses destinées à le placer en position de faiblesse. Il formulera les besoins de ses clients de façon simple et compréhensible, en évitant soigneusement d’utiliser des termes complexes, ce qui est d’autant plus remarquable si l’on considère qu’il traite de sujets aussi fondamentaux que philosophiques.
  • Avec un sens de la synthèse redoutable, il identifiera immédiatement quel est le VERITABLE besoin de son client et concentrera ses travaux sur celui-ci, partant du principe universellement reconnu que « quand XXXXX va, tout va ». Son refus du matérialisme le poussera à multiplier les remarques et recommandations volontairement éloignées de vulgaires actions concrètes. Les tarifs de ses interventions sont connus d’emblée, réglés à l’avance, ce qui évite les mauvaises surprises et met les clients en confiance.

Obtenir des informations :

Veille :

  • Le veilleur, faisant preuve d’un suivisme alarmant, se contentera de rassembler un corpus de sources (papier / internet / internes / externes), d’en étudier régulièrement les parutions et de rédiger une synthèse contextualisée. Autant dire qu’il n’a aucune chance de fournir une information qui ne soit également accessible au commun des mortels. Il joue, dans le meilleur des cas, le rôle d’un agrégateur / filtre et revend à prix d’or des informations généralement accessibles gratuitement.
  • Couard par nature, il s’abstient de créer lui-même des informations pour ne pas avoir à en assumer plus tard la responsabilité. Il est ainsi l’allié naturel du journaliste, espèce honnie et justement dénigrée tant par la populace pleine bon sens que par les décideurs éclairés. Ainsi, son éventuelle, et douteuse, capacité à prédire l’avenir ne repose au final que sur l’ego hypertrophié de charlatans prospectivistes qui se mettent en avant sur les réseaux et dans les colonnes de torchons pseudo-impartiaux.
  • Prouvant encore une fois que la lâcheté est un trait de caractère inhérent à sa condition, le veilleur refusera de promettre à ses clients une vision exhaustive des sujets à surveiller pour répondre aux besoins laborieusement identifiés dans la phase précédente.
  • Dénué de tout sens critique et de toute capacité d’analyse, le veilleur aura même parfois l’outrecuidance d’intégrer à ses rapports de veille des éléments glanés sur les réseaux sociaux, qui sont considérés à juste titre par les personnes clairvoyantes et pondérées comme les dépotoirs à mensonges, approximations et désinformations qu’ils sont.

Voyance :

  • boule de cristalLe voyant, grâce à sa hauteur de vue, peut immédiatement identifier et entrer en contact avec LA source capable d’éclairer la lanterne de son client. En agissant comme un intermédiaire direct entre le demandeur et le détenteur d’informations, il supprime les risques de distorsion ou de pertes d’éléments cruciaux. Son accès privilégié à des sources uniques lui permet en outre de fournir des informations inédites et personnalisées, qui constituent donc un véritable avantage concurrentiel pour ceux qui les reçoivent.
  • Si l’information utile n’existe pas, le voyant, dans sa grande sagesse, est capable de la générer ex nihilo afin de venir en aide à son interlocuteur. Inspiré par la fréquentation quotidienne de sources aussi infaillibles qu’ineffables, il n’est que très peu sujet aux erreurs.
  • Professionnel aguerri et soucieux de la satisfaction de sa clientèle, il ne fournira jamais autre chose que la vérité absolue et complète.
  • Son honnêteté intellectuelle lui interdira d’utiliser ou de se baser sur des éléments largement diffusés, ce qui est la marque des tentatives de manipulation de grande ampleur, qu’il a légitimement en horreur.

Utiliser des informations :

Veille :

  • ttesdirectionsBien souvent, l’indignité du veilleur est telle qu’il refusera de se prononcer quant aux actions qu’une information nécessite pour en tirer profit. Les moins froussards d’entre eux, ou les plus inconséquents, se risqueront éventuellement, et ponctuellement pour tromper ignominieusement leurs clients, à présenter différentes options envisageables.
  • L’abject relativisme qui permet au veilleur de présenter deux directions opposées comme également possibles lui permet de se défausser totalement de ses responsabilités en les laissant peser exclusivement sur les épaules du pauvre hère venu lui demander conseil et assistance.

Voyance :

  • Remarquable représentant des tenants du pragmatisme le plus honnête, le voyant n’hésite pas à donner précisément à ses clients la marche à suivre pour atteindre ou éviter le futur qu’il prédit.
  • Le voyant a une conscience aiguë des attentes des personnes qui viennent s’adresser à lui, et il a à cœur de les satisfaire en prenant soin de décrire avec force détails le meilleur moyen de dénouer leurs problématiques.

Résultats :

Bien que personnellement affligé des doubles turpitudes inhérentes à une formation de journaliste et à une carrière de veilleur, je pense être parvenu à une étude équilibrée et dénuée de parti-pris des vertus et faiblesses des deux approches. Si la voyance semble au final se distinguer par une plus grande assertivité et la capacité à fournir aux clients les réponses qu’ils attendent, la veille peut s’avérer plus acceptable pour les personnalités peu enclines à se plier aux opinions d’une personne plus charismatique et mieux informée.

Pour résumer, la voyance semble plus indiquée pour les personnes qui ont besoin qu’on leur dise exactement quoi faire, alors que la veille conviendra mieux à ceux qui souhaitent décider par eux-mêmes.

Présentation de l’outil de #veille TaDaweb par le Portail de l’IE

Le portail de l’IE propose une présentation très succincte de TadaWeb, arme absolue de la veille pour laquelle je propose d’ailleurs une formation intitulée Construire une veille avec TaDaweb. Je reviendrai plus longuement sur cet outil, parfois un peu difficile à prendre en main, mais finalement relativement simple une fois les règles de base acquises, et surtout, redoutablement efficace. www.tadaweb.com

L’identité numérique, capital immatériel des professionnels

Pendant les deux journées d’Event42, j’ai co-animé l’atelier Réseaux Sociaux Professionnels pour présenter aux jeunes, aux éducateurs, aux parents et, finalement, à tous ceux qui se révélaient intéressés, les principes et les usages des réseaux sociaux en général.
Pole Emploi Event42 Mon propos a souvent consisté à dédramatiser l’usage quotidien des réseaux sociaux généralistes en expliquant que les compétences ainsi acquises seraient très utiles une fois déclinées sur les réseaux sociaux professionnels ou, à plus long terme, sur les réseaux sociaux d’entreprises. Les premières interrogations des visiteurs portaient généralement sur les modalités d’utilisation et les risques qu’il y aurait à rejoindre ces plate-formes (« mes diplômes, c’est ma vie privée » ou encore « que va penser mon employeur s’il me voit sur LinkedIn ? »). En expliquant les principes des réseaux sociaux professionnels, qui sont les mêmes que sur Facebook ou Google+ avec pour seules différences les objectifs (des partenaires plutôt que des amis) et les contenus (des opportunités professionnelles plutôt que des chats mignons), la question de l’identité numérique se posait tout naturellement. Au-delà du choix d’une image de profil et d’une présentation, j’ai donc expliqué que ce sont au final les contenus partagés, diffusés ou commentés qui construisaient réellement l’identité numérique sur les réseaux sociaux. J’ai ainsi constaté que, pour la majorité de mes interlocuteurs, les réseaux sociaux professionnels sont envisagés comme des endroits pour voir, se faire voir, mais pas pour échanger des informations ou avoir une démarche proactive. En général, ils ne publient pas, ou peu, et ont beaucoup de scrupules à partir à la chasse aux contacts utiles (« mais je ne les connais pas, pourquoi ils m’accepteraient comme amis ? »).

De l’importance de la littératie pour exister sur les réseaux

Pole Emploi Event42 - histoUne fois les principes de la construction d’une identité numérique professionnelle valorisante posés, la valeur de l’information devenait pour mes interlocuteurs une évidence : comment me donner une image d’expert ? En trouvant, partageant et commentant des informations récentes, pointues et liées à mes domaines de compétences. Comment les trouver ? En les cherchant sur le web pour les partager sur les réseaux ensuite, et, lorsque c’est possible, en les écrivant soi-même.
Noyés au milieu d’ateliers nettement plus ludiques, nous avons tout de même pu échanger avec de nombreux visiteurs, et j’ai l’espoir que certains auront ainsi changé d’avis sur les réseaux sociaux, sur les bénéfices qu’ils peuvent en tirer et que des comptes seront créés / réactivés.

Relativement satisfait de ces deux journées de travail, c’est avec un œil acéré que j’ai pris connaissance, sur l’indispensable blog Euresis-ie, de l’article intitulé L’identité numérique est une exhibition de soi. Ce titre me paraît relativement anxiogène, et je préfère pour ma part décliner le thème de l’auto-promo, de la publicité de soi-même, etc. Pour de nombreux utilisateurs, le principe d’auto-promo n’est pas non plus très attirant, mais il me semble tout de même moins connoté que le registre de l’exhibitionnisme.

L’identité numérique comme capital immatériel

Pierre-Yves Debliquy débute son article en déplorant l’absence d’évocation de l’e-réputation dans la publication qu’il commente : On ne peut pas ne pas communiquer, par Fanny Béguelin sur le blog Recherche d’ID des étudiants en information documentaire de la Haute Ecole de gestion de Genève. Cette contribution est centrée sur les traces laissées, volontairement ou pas, par l’internaute qui fait des recherches, des achats, diffuse des contenus sur les réseaux sociaux, etc. Pour passer de cette identité numérique personnelle à l’e-réputation, il convient, comme le concède Pierre-Yves Debliquy, d’ajouter à la première ce que d’autres disent de vous sur les réseaux sociaux.

L’e-réputation est pour moi le côté obscur de l’identité numérique, une ficelle marketing consistant à insister sur les risques plutôt que sur les opportunités d’une présence sur les réseaux sociaux. Ce qui importe réellement, c’est bien l’identité numérique d’une personne, d’une structure, d’une entreprise. La (bonne) réputation, dans le monde de l’entreprise, c’est ce qui ouvre des portes, facilite les contacts, attire les partenaires et les clients, etc. Paradoxalement, une image valorisante s’acquiert d’autant plus facilement lorsque les actions qui la construisent sont réalisés sans volonté ostentatoire d’en tirer un bénéfice réputationnel.
La réputation, numérique ou pas, est une composante importante du capital immatériel, lequel est ainsi défini par Wikipédia :

Le capital immatériel ou patrimoine immatériel est un élément non monétaire et sans substance physique, constitué par les informations et connaissances détenues, et ayant une valeur positive, par une organisation.

Dans une société où avancer que « l’information, c’est le pouvoir » est un poncif et où l’innovation et l’intelligence en général sont considérées comme les plus sûrs moyens de réussir, le capital immatériel prend une importance prépondérante pour le développement de l’activité. Et comme le réflexe de Googliser ses futurs rendez-vous, de les « traquer » sur les réseaux sociaux et d’accumuler autant d’informations que possible sur ses partenaires, clients et concurrents est de plus en plus répandu, l’identité numérique a une place de choix dans le capital immatériel d’une entreprise ou d’un professionnel.

Construire son identité pour maîtriser sa réputation

Dès lors, il pourrait sembler indispensable de porter une attention toute particulière à son e-réputation. Mais lorsque celle-ci est « salie » par des commentaires désobligeants, polluée par des erreurs et accidents de parcours, que préconisent les spécialistes de la question ? De publier régulièrement des contenus valorisants en en soignant le référencement afin de faire disparaître les contenus jugés non-souhaitables dans les enfers de la page 2 des résultats de Google.

The-man-she-forgot-to-googleA l’exception notable des grands groupes, dont la marque est désormais le principal capital, puisqu’une bonne partie d’entre eux ne comptent désormais plus d’usines ou d’effectifs pléthoriques, la crainte des dommages potentiels de publications entachant l’ e-réputation d’une entreprise me paraît contre-productive, car porteuse de la tentation… de ne rien faire.
En effet, les réseaux sociaux fonctionnent comme une caisse de résonance d’ampleur mondiale, et un avis négatif (l’écran de ma pomme est diablement souple…) peut être publié en Asie et partagé en Amérique du Nord et en Europe quelques secondes plus tard. C’est la rançon de la gloire des marques emblématiques : leurs produits et leur image sont tellement adulés et traqués que le moindre faux-pas peut prendre des proportions démesurées, que les concurrents s’empresseront d’amplifier. Si la société, sa marque et ses produits ne sont pas scrutés à une telle échelle, les risques sont donc bien moindres. En somme, l’e-réputation est un problème de riche

Et puisque le meilleur moyen de se prémunir de l’apparition de publications non-souhaitées est de diffuser régulièrement des contenus qualitatifs au service de la stratégie de l’entreprise, il me semble qu’il est bien plus pertinent de consacrer des moyens et des efforts à la construction d’une identité numérique positive qu’à surveiller l’apparition hypothétique de contenus dégradants.

D’autant plus qu’entre les systèmes de notifications et la veille que présuppose la publication régulière de contenus qualitatifs et valorisants, il est beaucoup plus facile de détecter l’apparition de ces contenus non-souhaités en étant massivement présent sur les réseaux qu’en adoptant la posture consistant à ne rien y faire pour ne pas prendre de risque.

#Event42 : la #veille et les #réseaux au service de l’emploi des jeunes

Vendredi 30 et samedi 31 janvier se tient au sein du quartier Manufacture de Saint-Etienne Event42, manifestation organisée par l’association d’éducation aux médias Fréquence Ecoles. J’accompagne l’association depuis plus de dix ans et j’y ai occupé divers postes : bénévole, président, trésorier, et maintenant chargé de projet.

Saint Etienne - La Manufacture CC by Daniel Villafruela

Saint Etienne – La Manufacture CC by Daniel Villafruela

Pour résumer très simplement le credo de l’association : accompagner les usages médiatiques des jeunes pour leur permettre d’utiliser les médias, plutôt que d’être utilisés par eux.
Cet objectif se traduit par des interventions diverses dans des établissements (collèges, lycées, lycées professionnels, lycées agricoles) de toute la Région Rhône-Alpes.
A l’occasion d’Event42, j’anime avec Nicolas Rousseau le « Pôle Emploi » de l’espace Découvrir. 4 ateliers y sont organisés pour attirer l’attention des jeunes, mais également des adultes chargés de les accompagner, parents ou professionnels, sur les possibilités dont ils disposent via le web social.

Capture d'écran du site de l'évènement

Capture d’écran du site de l’évènement

Nous leurs présenteront les principaux réseaux sociaux professionnels (LinkedIn et Viadeo), leurs expliqueront le fonctionnement et les opportunités d’un outil comme Doyoubuzz, aborderont la question de l’image que l’on donne de soi sur les réseaux (image du profil, mais également question de l’identité numérique positive) et leurs présenteront les principes et les postures d’une veille dédiée à décrocher un premier emploi, un job temporaire ou un stage via l’utilisation d’outils simples, comme Google Alertes ou les réseaux sociaux.

Au plaisir de vous y retrouver et d’échanger sur ces thèmes et bien d’autres !

La #veille brevet, ou pourquoi former les ingénieurs à la veille

Pour trouver les sujets de mes publications, je réalise une veille dédiée à la veille stratégique. Mon dispositif (Hootsuite + Netvibes) me permet d’avoir un panorama assez complet de l’actualité de la discipline et de consulter les dernières publications des blogueurs et professionnels qui s’y intéressent.

Cette veille de veille m’a permis de trouver et de lire l’article La veille brevet, personnage en quête d’auteur publié par Silvia Meroni, étudiante du master en information documentaire de la Haute école de gestion de Genève, sur le blog https://recherchemid.wordpress.com/.

Capture d'écran de la page d'accueil de l'Office Européen des Brevets

Capture d’écran de la page d’accueil de l’Office Européen des Brevets

Dans cette contribution, Mme Meroni analyse l’article que Sylvain Mbongui-kialo consacre au sujet dans la Revue Française du Marketing. Elle en extrait brillamment les liens existant entre veille technologique et veille brevet, explicite les enjeux et illustre l’importance d’une telle démarche dans une grande entreprise via la synthèse des arguments de l’article qui lui sert de source. La surveillance des brevets déposés par des concurrents, des technologies brevetées connexes à celles en cours de développement en interne et des tendances de la recherche via la quantification des brevets déposés dans un domaine précis est majoritairement considérée comme utile et fructueuse. Il apparaîtrait cependant qu’au sein du bureau d’étude du constructeur automobile étudié, nombreux sont les collaborateurs qui déplorent la complexité des outils, et qui estiment rencontrer de réelles difficultés à définir les termes d’une recherche alors même que les déposant s’ingénient, pour passer sous leur radar, à utiliser un vocabulaire complexe et sibyllin. Le manque de méthode pour faciliter et normaliser les démarches de veille est également souligné.

Transmettre ses compétences, voilà le métier du veilleur professionnel

Les difficultés auxquelles se heurtent les velléités de veille technologique / brevet amènent Silvia Meroni à écrire :

« l’analyse des résultats [de l’étude de M.Mbongui-kialo] est surtout la preuve que la veille est encore souvent perçue comme une compétence, et non pas comme un métier à part entière. »

Personnellement, j’en tire la conclusion inverse : la veille, surtout dans un domaine aussi pointu, technique et complexe que le monde des brevets, DEVRAIT être une compétence. Le métier du veilleur est alors d’enseigner aux professionnels les méthodes, les postures et les usages des outils qui leurs faciliteront la tâche.

La pratique quotidienne de la veille économique m’a effectivement permis de mieux connaître et comprendre les modèles économiques, les technologies, les modes de fonctionnement des acteurs de nombreux secteurs d’activités. J’ai acquis une connaissance théorique et large du tissu économique d’un secteur, d’une région ou d’une filière. Ces informations me permettent le cas échéant de comprendre les enjeux et les objectifs globaux, de déchiffrer un sigle ou de créer seul les liens de causalité qu’un spécialiste ne prend plus la peine d’expliciter tant ils lui paraissent évidents.

industrial-engineering

Les brevets : quand la complexité rédactionnelle est une arme au service de l’intelligence économique

Cette ingurgitation compulsive d’informations pendant près de deux décennies, qui faisait en outre suite à une formation initiale suffisamment scientifique (physique, biologie, informatique…) pour ne pas être totalement étranger aux questions technologiques, ne m’a jamais mis en position de décrypter ou d’exploiter l’information telle qu’elle est généralement formulée dans un brevet.

Le veilleur, professionnel omniscient ?

Or, s’il n’a jamais été question d’attendre d’un veilleur qu’il soit à la fois expert de la collecte et du traitement de l’information et de l’ensemble des technologies / usages exploités dans une entreprise, il est tout de même utile que le veilleur puisse rapidement évaluer la pertinence de l’information qu’il se propose d’agréger, synthétiser et partager. Cette compétence quasi-instinctive, qui permet au veilleur de s’approprier progressivement une partie de l’intelligence collective d’une entreprise pour ensuite améliorer sa fonction « filtre », est totalement inopérante dans le cas de la veille brevet.

En effet, soit le brevet est libellé de façon à n’être compris que par des spécialistes très pointus, soit les brevets potentiellement utiles / dangereux sont déposés dans des domaines si éloignés de l’activité principale que seul l’esprit curieux et extrapolateur d’un spécialiste est capable de le trouver et d’y déceler les impacts possibles.

Ainsi, pour ma part, j’estime que la veille brevet est l’exemple absolu de l’importance de faire de chaque salarié un veilleur, car ce n’est qu’en maîtrisant parfaitement un sujet qu’on peut efficacement évaluer l’utilité d’une information qui s’y rattache.

Les tenants de la veille professionnelle, et les étudiantes qui ont plus envie de devenir salariées d’un grand groupe qu’indépendante en quête perpétuelle de contrat (ce que je ne saurais leur reprocher 😉 ), pourraient rétorquer que la veille, c’est accéder, collecter et classer l’information, et que le spécialiste peut ensuite intervenir pour analyser l’information et en tirer des pistes d’actions à mener.

Le veilleur guide les collaborateurs et organise leurs contributions CC by Steven Lewis

Le veilleur guide les collaborateurs et organise leurs contributions CC by Steven Lewis

S’il est exact que l’analyse des informations vient nécessairement après la collecte, et que ce sont en général les instances dirigeantes qui la mettent en œuvre, le veilleur y prend également part en analysant sommairement toutes les informations qui lui passent sous les yeux. Un titre, une source, une date, une signature peuvent parfois permettre d’écarter une information et ainsi d’alléger les résultats de la veille tout en en concentrant l’intérêt. C’est donc la grille de lecture, unique et éventuellement suggérée par le veilleur professionnel selon les orientations stratégiques qui lui sont fixées, couplée à la grande variété d’objectifs, d’expériences, de compétences qui découle de la formation d’experts techniques qui permet d’optimiser la collecte et l’analyse des informations stratégiques.

Le veilleur initie, pilote et valide la veille des autres collaborateurs

Mon expérience m’amène ainsi à proposer deux postures principales pour le veilleur professionnel :

  • salarié d’une entreprise, il est le chef d’orchestre d’une démarche de veille qui associe le plus de collaborateurs possible. Il est également souhaitable que tous les corps de métier et tous les services soient représentés et actifs ;
  • indépendant ou intégré à une structure de conseil et /ou de formation, il accompagne et forme les collaborateurs d’une entreprise pour qu’ils puissent réaliser leur veille de façon autonome, normée et compatible avec une diffusion et une analyse collaborative des résultats.

Ce n’est en effet pas en chargeant telle personne ou tel service de la collecte des informations qu’une organisation devient « 2.0 ». C’est lorsque l’information est considérée par tous les collaborateurs comme une matière première indispensable à la réflexion, à l’analyse et  à la décision qu’une structure se donne les moyens d’entrer réellement dans l’ère de la société de l’information et d’en tirer plus de bénéfices que de complexité. Au final, le veilleur doit donc s’attacher à transmettre ses compétences, à en développer de nouvelles pour assurer la formation continue de ses collègues, et se « contente », dans l’idéal, d’assurer la gestion de l’information stratégique : traduction des besoins formulés en axes de surveillance et corpus de mots clés, rapprochement et vérification des informations, synthèse, organisation et archivage.

Créer et animer un blog : wordpress, rédaction et… veille

CC By cambodia4kidsorg

CC By cambodia4kidsorg

Consultant et formateur en communication écrite et veille stratégique implanté à Lyon et actif dans le quart sud-est de la France, j’ai été récemment contacté pour délivrer une formation intitulée Créer et animer un blog. L’unique stagiaire avait pour objectif de créer un blog personnel, mais c’est avec la ferme intention de lui faire fournir des outils qui pourraient également lui être utiles dans sa vie professionnelle que j’ai débuté les deux jours de la session.

Ma stagiaire s’est avérée être assez à l’aise dans un environnement numérique, et nous sommes donc parvenus, au bout de 14 heures de formation et bien que partant de zéro, à ce qu’elle dispose d’un blog connecté aux réseaux sociaux ad hoc, comportant plusieurs rubriques hiérarchisées, et de procédures lui permettant de trouver aisément de nouveaux sujets et de s’insérer / d’animer la communauté à laquelle elle se rattachait. L’aspect graphique est bien sur encore à améliorer, mais elle dispose du catalogue de thèmes WordPress et ne devrait pas tarder à arrêter son choix.

La qualité de la formation se décide bien avant l’intervention

Tous les pédagogues le savent, la partie la plus ardue d’une formation est celle qui précède l’intervention en elle-même : construire le parcours, identifier les points cruciaux et ceux pouvant être momentanément délaissés si le temps venait à manquer, embrasser le sujet dans sa globalité pour ne rien oublier, mais le présenter progressivement pour ne pas ensevelir le stagiaire sous trop d’informations…

Fondamentalement, la création et l’animation d’un blog repose sur la maîtrise de quatre compétences de base :

  • recherche d’informations (pour trouver des sujets et aborder les principes du SEO) ;
  • compréhension des principes et usages du web social (pour la philosophie du blogging et l’utilisation des réseaux sociaux) ;
  • écriture efficace (pour capter et conserver des lecteurs et optimiser le référencement naturel en évitant d’y consacrer trop de temps) ;
  • capacité à évoluer avec agilité dans un environnement numérique.
CC by Alan Levine

CC by Alan Levine

Ces quatre compétences sont également indispensables au veilleur, même si les usages qu’il en fera sont différents de ceux des blogueurs amateurs.

J’ai donc au final choisi de structurer la formation en quatre parties :

  • explicitation du fonctionnement des moteurs de recherche (Google, essentiellement) ; présentation succincte des conséquences sur l’animation d’un blog ; recherche de blogs pertinents en utilisant les compétences présentées ; analyse et critique des sources trouvées, identification des points forts / points faibles pour nourrir la réflexion concernant le blog à créer ; collecte des flux de blogs similaires ou proches et agrégation via un outil adapté ;
  • présentation des principes et usages des réseaux sociaux ; création de comptes sur trois réseaux sociaux jugés pertinents ; paramétrages et personnalisation des comptes, explication et illustration des particularités de chaque réseau ; recherche de comptes / pages / communautés à suivre ; recherche de relais potentiels pour de futurs publications ; connexion des comptes à une plate forme de monitoring pour simplifier et centraliser la surveillance des réseaux ; explication des « bons usages » des réseaux ;
  • création d’un compte sur la plate forme WordPress, découverte de l’environnement et des différents outils, choix d’un thème, de widgets, connexion du blog aux comptes de réseaux sociaux créés auparavant ;
  • écriture d’un premier article : titraille, illustration, insertion de liens hypertexte, respect des droits d’auteur, rythme de publication, commentaires et gestion des commentaires, etc.

Des outils de veille au service du blog

A l’issue de ces deux journées de formation, la stagiaire disposait donc de deux outils de veille (Netvibes et Hootsuite) pour trouver des sujets, identifier les tendances et surveiller les éventuelles retombées de ses publications, d’un blog pour diffuser des contenus et d’une méthode pour concevoir, rédiger, enrichir et publier des contenus de qualité.
bloggingDurant nos échanges, une constatation que j’avais déjà faite m’a frappé une fois de plus : lorsqu’il s’agit de manipuler (trouver, diffuser, partager, publier) de l’information en ligne, les outils sont toujours les mêmes, ce ne sont que les objectifs et les usages qui changent. Ainsi, avec Netvibes (ou tout autre agrégateur), Hootsuite (ou tout autre outil de monitoring), une plate forme de publication et une méthodologie adaptée, il est possible de faire de la veille, du content marketing, du community management, de la gestion des Ressources Humaines, de la publicité, du journalisme…

De toutes les applications listées ci-dessus, c’est la veille qui constitue d’après moi le point d’entrée idéal, puisqu’il permet d’adopter la posture du guetteur, alors que les autres impliquent une prise de parole et la rédaction de contenus, ce qui est encore anxiogène pour beaucoup d’internautes. Par le jeu du commentaire de publications, de la mise en avant des compétences propres de chacun, l’explicitation des objectifs et la dédramatisation de l’écrit, il est possible, à partir d’une stratégie de veille basique, d’amener n’importe quel professionnel à s’insérer dans une communauté pour y trouver de l’information, y créer des liens et y défendre ses positions.

Pour faire de l’intelligence économique, en fait.

%d blogueurs aiment cette page :