Pour être utile, l’information doit circuler et être partagée

Pour être utile, l’information doit circuler et être partagée

Cette synthèse d’une étude américaine sur l’intelligence économique met en lumière l’un des travers de certaines entreprises ayant intégré l’importance de collecter des informations pertinentes pour accompagner leur développement.
Les dirigeants des sociétés étudiées sont en effet majoritairement réticents lorsqu’il s’agit de partager les résultats de la veille.

Ce n’est pourtant qu’à cette condition que la valeur ajoutée de la veille peut être dégagée, qu’il s’agisse d’innovation, d’alerte, de formation ou de motivation des collaborateurs.

En entravant la diffusion des informations collectées, ils refusent de bénéficier des fruits des investissements, humains et financiers, consentis pour se doter d’une démarche d’intelligence économique.

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Du refus de partager les informations stratégiques dans l’entreprise

Du refus de partager les informations stratégiques dans l’entreprise

Dans cet article, publié sur le site L’atelier BNP Paribas Group, Quentin Capelle brosse un portait assez optimiste des entreprises françaises (elles seraient 75% à « être conscientes de la nécessité de l’intelligence économique pour aligner leurs buts de long terme et opérations quotidiennes ») mais souligne que la proportion de dirigeants prêts à partager l’information stratégique avec leurs salariés est bien moins importante.

Cette attitude est néfaste à plusieurs titres : elle éloigne les collaborateurs de gains de productivité potentiels et entérine la culture de la méfiance dans les entreprises, avec à la clé les dégâts avancés à longueur d’articles par d’éminents DRH : désengagement, démotivation, unilatéralisme, etc.

De la veille à l’intelligence économique

Veilleur de presse économique depuis plus de 16 ans, j’ai décidé de mettre l’expérience acquise au cours de mon parcours professionnel au service des entreprises et des organisations.

L’activité que j’ai exercée en tant que salarié m’a offert un point de vue privilégié sur les évolutions et les pratiques des entreprises dans le domaine de la collecte et du traitement des informations.
J’ai ainsi constaté le dilemme de nombreux dirigeants, conscients de l’importance de l’accès à l’information mais peu enclins à engager les investissements nécessaires pour optimiser et rationaliser l’acquisition et l’utilisation d’informations susceptibles de faciliter le développement de leurs activités.
Il est également remarquable de constater à quel point les dirigeants et leurs collaborateurs sont généralement peu conscients du potentiel des outils qu’ils utilisent régulièrement, et souvent gratuitement, dans le cadre de leur journée de travail habituelle.

L’Intelligence Economique pour les PME

Mon approche de l’intelligence économique pour les petites et moyennes structures repose sur la conviction que le point de départ d’une démarche pertinente est un dispositif de veille efficace et aisément utilisable par tous les collaborateurs.

En effet, si l’objectif est de collecter et de transmettre aux personnes choisies les informations les plus susceptibles de leur être utiles, la finalité de cette démarche est de générer de la valeur ajoutée pour l’entreprise.
Cette valeur ajoutée ne peut découler que de l’utilisation concrète qui sera faite des informations réunies. C’est à cette étape que débute selon moi l’intelligence économique, via l’utilisation des données issues de la veille.

Il est important que des collaborateurs liés aux différentes activités d’une organisation puissent participer à la fois à la définition d’une stratégie de veille et au traitement des flux d’informations générés.
Chaque poste implique en effet une expertise et une vision qui vont influencer l’appréciation d’une information et de ses conséquences.
Par exemple, ce ne sont pas toujours les concepteurs qui savent précisément ce que l’on peut effectivement tirer de telle ou telle machine, et ce ne sont pas toujours les opérateurs qui sont les plus conscients des contraintes de cadences, d’approvisionnement…
Pour être utile, un dispositif de veille doit donc dans l’idéal être accompagné d’un système de travail collaboratif. A défaut, une messagerie instantanée et un système de partage de fichiers peuvent se révéler suffisants pour débuter.

livrelunettesFaire se rencontre les informations et les collaborateurs

La valeur ajoutée de la veille réside en effet pour partie dans la rencontre d’informations disparates, du rapprochement desquelles peut parfois surgir une nouvelle information, qui permettra d’alimenter la réflexion stratégique des entreprises.
Si de nombreuses étapes de la veille peuvent aujourd’hui être automatisées, ce rapprochement d’informations non directement liées ne peut par contre être fait que par les personnes connaissant réellement les problématiques, ambitions et process de l’entreprise.
Ainsi, surtout pour une structure petite ou moyenne, la veille stratégique est l’outil qui permettra d’alimenter les perspectives des salariés, groupes de salariés et, au final, de toute l’entreprise. C’est en effet une fois intégrées par les collaborateurs que les informations peuvent réellement générer une valeur ajoutée immédiatement mesurable par les gestionnaires.
Pour cela, il faudra néanmoins que les différentes contributions soient au préalable rapprochées et synthétisées afin de lister succinctement les idées et propositions qui ont pu surgir de l’étude des informations.

Une démarche participative

Une organisation collégiale permet de bénéficier de la variété des points de vue et d’identifier / évaluer les idées nouvelles dès et où qu’elles apparaissent.
Elle met également sur un pied d’égalité, au moins symbolique, les différents corps de métier dans le cheminement devant permettre la définition de la stratégie de l’organisation.
En plus de favoriser l’émergence d’idées novatrices et de simplifier l’accès à des informations récentes et de qualité, le partage de l’information contribue également à simplifier et à apaiser les échanges entre les niveaux hiérarchiques.

Ce sont au final l’organisation et le fonctionnement global de la structure qui peuvent ainsi être optimisés via l’adoption d’une démarche de veille et d’intelligence économique adaptée.

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