Définition d’une démarche de veille à fin d’intelligence économique

Pour apporter réellement aux entreprises et aux organisations un surplus de compétitivité et de productivité, une démarche d’intelligence économique doit être spécifiquement conçue et paramétrée en fonction des besoins et des capacités des utilisateurs.

La nécessité d’une personnalisation totale est particulièrement vraie pour la mise en place d’outils de veille, cette activité étant le support indispensable à toutes les opérations suivantes. Mais avant même de choisir les outils les plus pertinents ou de construire un corpus adapté, il convient de définir le type d’informations auxquelles les utilisateurs souhaitent accéder, et surtout d’expliciter les usages et les buts visés.

Questionner la stratégie du dirigeant

Pour les définir, la première tâche des professionnels de l’activité est d’interroger la stratégie du dirigeant, afin que la politique d’acquisition / traitement / diffusion de l’information découle directement de la vision de celui-ci.

Les cibles des consultants en intelligence économique et en veille stratégique doivent donc nécessairement être porteuses d’une réflexion stratégique, même embryonnaire, faute de quoi la meilleure démarche n’apportera que des résultats parcellaires et insatisfaisants en terme de rentabilité.

poigneedemainsUne fois les objectifs définis, compris et validés par l’ensemble des intervenants, la phase d’élaboration d’une stratégie de veille peut effectivement débuter. Pour une veille environnementale, c’est à dire visant à scruter l’ensemble des informations relatives à un secteur, la première opération consiste à définir le champs sémantique de l’activité, afin d’utiliser les mots-clés qui serviront à établir les filtres de la recherche. Si pour débuter, il peut être utile de tester de nombreux termes, l’analyse des résultats des différents essais permet par la suite de réduire le nombre de filtres pour ne conserver que les plus pertinents.

La phase de test des mots-clés est également l’occasion d’établir une ébauche de corpus, en étudiant la qualité, la fraîcheur et la visibilité des différents sites et blogs apparaissant régulièrement dans les résultats des recherches. La définition du corpus dépend cependant également de l’objectif poursuivi et des moyens financiers mobilisés. Pour obtenir des informations fiables, il peut suffire d’identifier les quelques sources de référence dans chaque domaine. Au contraire, s’il s’agit d’obtenir des avis d’utilisateurs ou si le dirigeant souhaite s’inscrire dans un processus de surveillance de son image, il faudra alors ratisser le plus largement possible, en intégrant également des supports moins sérieux, où des avis caricaturaux, et d’autant plus dommageables,  sont plus susceptibles d’apparaître et d’être repris.

Tester ses recherches, évaluer ses sources

Cette phase de test et de validation fournit également l’occasion de pondérer les différents types d’informations qui seront rapportés par les outils de veille. Des recherches correctement pensées fournissent en effet deux grands types de résultats : les informations recherchées et les informations périphériques. Les premières sont celles qui font effectivement l’objet d’une surveillance précise. Les secondes sont celles qui n’étaient pas recherchées, mais qui, d’une façon ou d’une autre, se rattachent à l’objet principal de la veille.

Les premières permettent de gagner du temps dans l’accès à l’information, d’adopter une démarche proactive vis à vis d’évolutions technologiques ou réglementaires et, d’une manière générale, de prendre des décisions éclairées. Les secondes peuvent nourrir la réflexion stratégique à moyen et long terme en faisant découvrir de nouveaux marchés, des technologies en devenir ou de nouvelles méthodes et procès.

Les bénéfices d’une veille stratégique adaptée ne sont visibles qu’au travers des décisions qu’elle permet de prendre.
Les avantages sont sensibles à court terme (gain de temps dans l’accès à l’information, proactivité, réactivité) autant qu’à long terme (réflexion stratégique, innovation, identification de nouveaux entrants et de concurrents indirects potentiels…).

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De la veille à l’intelligence économique

Veilleur de presse économique depuis plus de 16 ans, j’ai décidé de mettre l’expérience acquise au cours de mon parcours professionnel au service des entreprises et des organisations.

L’activité que j’ai exercée en tant que salarié m’a offert un point de vue privilégié sur les évolutions et les pratiques des entreprises dans le domaine de la collecte et du traitement des informations.
J’ai ainsi constaté le dilemme de nombreux dirigeants, conscients de l’importance de l’accès à l’information mais peu enclins à engager les investissements nécessaires pour optimiser et rationaliser l’acquisition et l’utilisation d’informations susceptibles de faciliter le développement de leurs activités.
Il est également remarquable de constater à quel point les dirigeants et leurs collaborateurs sont généralement peu conscients du potentiel des outils qu’ils utilisent régulièrement, et souvent gratuitement, dans le cadre de leur journée de travail habituelle.

L’Intelligence Economique pour les PME

Mon approche de l’intelligence économique pour les petites et moyennes structures repose sur la conviction que le point de départ d’une démarche pertinente est un dispositif de veille efficace et aisément utilisable par tous les collaborateurs.

En effet, si l’objectif est de collecter et de transmettre aux personnes choisies les informations les plus susceptibles de leur être utiles, la finalité de cette démarche est de générer de la valeur ajoutée pour l’entreprise.
Cette valeur ajoutée ne peut découler que de l’utilisation concrète qui sera faite des informations réunies. C’est à cette étape que débute selon moi l’intelligence économique, via l’utilisation des données issues de la veille.

Il est important que des collaborateurs liés aux différentes activités d’une organisation puissent participer à la fois à la définition d’une stratégie de veille et au traitement des flux d’informations générés.
Chaque poste implique en effet une expertise et une vision qui vont influencer l’appréciation d’une information et de ses conséquences.
Par exemple, ce ne sont pas toujours les concepteurs qui savent précisément ce que l’on peut effectivement tirer de telle ou telle machine, et ce ne sont pas toujours les opérateurs qui sont les plus conscients des contraintes de cadences, d’approvisionnement…
Pour être utile, un dispositif de veille doit donc dans l’idéal être accompagné d’un système de travail collaboratif. A défaut, une messagerie instantanée et un système de partage de fichiers peuvent se révéler suffisants pour débuter.

livrelunettesFaire se rencontre les informations et les collaborateurs

La valeur ajoutée de la veille réside en effet pour partie dans la rencontre d’informations disparates, du rapprochement desquelles peut parfois surgir une nouvelle information, qui permettra d’alimenter la réflexion stratégique des entreprises.
Si de nombreuses étapes de la veille peuvent aujourd’hui être automatisées, ce rapprochement d’informations non directement liées ne peut par contre être fait que par les personnes connaissant réellement les problématiques, ambitions et process de l’entreprise.
Ainsi, surtout pour une structure petite ou moyenne, la veille stratégique est l’outil qui permettra d’alimenter les perspectives des salariés, groupes de salariés et, au final, de toute l’entreprise. C’est en effet une fois intégrées par les collaborateurs que les informations peuvent réellement générer une valeur ajoutée immédiatement mesurable par les gestionnaires.
Pour cela, il faudra néanmoins que les différentes contributions soient au préalable rapprochées et synthétisées afin de lister succinctement les idées et propositions qui ont pu surgir de l’étude des informations.

Une démarche participative

Une organisation collégiale permet de bénéficier de la variété des points de vue et d’identifier / évaluer les idées nouvelles dès et où qu’elles apparaissent.
Elle met également sur un pied d’égalité, au moins symbolique, les différents corps de métier dans le cheminement devant permettre la définition de la stratégie de l’organisation.
En plus de favoriser l’émergence d’idées novatrices et de simplifier l’accès à des informations récentes et de qualité, le partage de l’information contribue également à simplifier et à apaiser les échanges entre les niveaux hiérarchiques.

Ce sont au final l’organisation et le fonctionnement global de la structure qui peuvent ainsi être optimisés via l’adoption d’une démarche de veille et d’intelligence économique adaptée.

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