#EducationAuxMedias et #EMI @Superdemain : une vision globale des usages numériques

Associé depuis de nombreuses années à l’association d’éducation aux médias lyonnaise Fréquence Ecoles, j’ai participé le 8 juin 2018 à ma 7ème édition du rendez-vous annuel Superdemain. Cet évènement  a pris cette année la forme d’un Forum des compétences numériques et des métiers de demain et s’est tenu dans l’enceinte du Lycée Lafayette de Clermont-Ferrand.

Superdemain au Lycée Lafayette de Clermont-Ferrand

Superdemain au Lycée Lafayette de Clermont-Ferrand @Seb Fotovideo

La galaxie des technologies et des compétences techniques et comportementales était organisée autour de quatre grandes thématiques :

– Identité Numérique & Réseaux Sociaux ;
– Data & Fabrication Numérique ;
– Code, Robotique & Algorithme ;
– Informations et Communication.

Le parcours et les contenus pédagogiques devaient en outre être accessibles à tous les participants : élèves du secondaire, professeurs, professionnels de l’éducation et de l’accompagnement des jeunes, décideurs politiques locaux et régionaux…
L’objectif de la journée est d’amener tous les participants à découvrir eux-mêmes que ce sont les données, les algorithmes et leurs usages qui sont à la base de toutes les technologies et applications qui leur ont été présentées.

Qu’ils s’agisse :
– des images et textes émis par les participants de la Social Media Room ;
– des instructions fournies aux robots de l’espace Code, Robotique et Algorithme ou à l’imprimante 3D des Makers ;
– des autoportraits que nous fournissons aux exploitants des médias et réseaux sociaux ;
ce sont bien les données (=data) qui sont à la base des développements technologiques les plus récents.

Et il semble que c’est la direction générale indiquée par les innovations technologiques et économiques à venir.

Exploiter les données ET éviter d’être exploité par ses données

De nombreuses locutions à la mode (big data, data scientist, data driven…) ont familiarisé le grand public avec le terme Data. Mais il n’est pas forcémment clair pour tout le monde qu’il peut s’agir de « likes », de coordonnées GPS, de #hashtags, de commentaires, de prix de vente, d’historiques de navigation, d’horaires et de méthodes de connexion…
En leur permettant de constater que ces fameuses données sont très hétéroclites et que nombre de nos activités quotidiennes (allumer son téléphone, valider un titre de transport, rechercher des informations sur Internet, programmer un enregistrement, envoyer un mail…) en génèrent sans que nous en soyions nécessairement conscients, nous cherchons à leur faire toucher la variété des usages qui pourront en être faits par des entreprises privées ou des organismes publics.

Espace Identité Numérique & Réseaux Sociaux de Superdemain @Seb Fotovideo

Il est d’ailleurs intéressant de souligner que dans l’espit de nombreux utilisateurs, il est encore difficile de distinguer les aspects quantitatifs des données (l’enveloppe Data, le réseau de données…) des enjeux qualitatifs (la nature des données et des usages qui peuvent en être faits).

L’interêt des espaces présentés à Superdemain est qu’ils abordaient et illustraient tous une facette de ces Data. Cet aspect des nouvelles technologies était très rapidement présenté aux visiteurs, soit via leur exploitation à but commercial, soit en montrant l’utilisation que peuvent en faire les citoyens qui décideraient d’en prendre le contrôle.

Il est indispensable d’expliciter la nature exacte de ces fameuses données. Mais cette connaissance ne suffit pas à comprendre comment les Gafam (et les autres) en tirent profit et pourquoi ils sont donc prêts à beaucoup de manipulation pour en poursuivre l’exploitation en toute tranquilité.
Pour comprendre cela, il faut s’intéresser au second fil rouge de Superdemain : les algorithmes.

Les algorithmes, moteurs alimentés par des data

J’ai été assez étonné lorsque mon fils de cinq a commencé à me parler d’algorithme à propos d’un travail qu’il avait effectué en Maternelle : il s’agissait pour lui d’enfiler sur une ficelle des perles de couleurs en respectant un ordre bien défini : l’algorithme.

Si Wikipédia fournit une définition très complète et détaillée de l’algorithme, il suffit d’expliquer qu’il s’agit d’une méthode permettant de décomposer une opération complexe en une suite d’opérations simples. Les données sont alors à la fois les objets et les résultats des algorithmes : c’est ainsi que nos historiques d’achats sur Amazon (data) alimentent un algorithme qui nous soumet des recommandations (data) et que nos réactions (data) à ces recommandations permettent d’affiner l’algorithme pour en renforcer l’efficacité (= transformation de recommandations en achats).

Comprendre la mécanique des recommandations pour s'émanciper de la pression publicitaire

Comprendre la mécanique des recommandations pour s’émanciper de la pression publicitaire @Seb Fotovideo

Dans la société dans laquelle nous évoluons, il pourrait être tentant de considérer que data et algorithmes sont des outils aux conséquences globalement négatives (pression publicitaire, mise en avant de contenus massivement appréciés plutôt qu’appréciables, atteinte à la vie privée, etc…).
Comme dans toutes les productions de Fréquence Ecoles, ce n’est pourtant ni l’objectif, ni l’intention des présentations et ateliers.
Data et algorithme ne sont instrinsèquement ni bons ni mauvais.
C’est du côté des usages que toutes les dérives sont possibles.

L’importance de la compréhension des principes d’un algorithme découle essentiellement de la possibilité des citoyens, consommateurs et professionnels, de s’approprier la pensée algorithmique pour améliorer leurs performances et leur compréhension des enjeux du numérique et des opportunités qu’il recelle.

Pour adopter ou développer une pensée algorithmique, il faut commencer par s’approprier les briques élémentaires des NTIC (principes binaires de l’informatique, nature et fonctionnement d’Internet, nature et usages des données, principe de l’algorithmie).
L’objectiuf est ensuite d’être capable d’analyser finement diverses problématiques en les décomposant en questions simples.
Questions auxquelles il est aisé d’obtenir des réponses pour avoir une vision complète, réaliste et non biaisée des diverses options disponibles.

Comprendre les data et les algorithmes, c’est au final faire disparaître la magie de l’informatique et de l’Internet pour voir ces merveilleux outils de communication pour ce qu’ils sont réellement (et pour ce qu’ils pourraient être !).

Ce qui nous amène aux usages, mantra de Fréquence Ecoles pour tout ce qui touche aux nouvelles technologies et enjeu majeur de l’appropriation pour toutes les catégories d’utilisateurs.

Pensée algorithmique et usages d’internet

Pour envisager les usages que des tiers peuvent avoir de nos données, il convient d’accepter un postulat de base de l’économie et de la sociologie : les actions découlent des incitations que recoivent les acteurs d’un système. Pour les entreprises privées, l’incitation est (globalement) le gain financier. Pour les individus et les organisations à but non lucratif, il peut s’agir de l’influence, du pouvoir ou de la sécurité.
Accepter ou refuser en toute conscience de fournir certaines données personnelles nécéssite d’être capable d’imaginer ce qui pourra en être fait.

Renseigner un questionnaire pour améliorer la prise en charge des malades n’est pas équivalent à répondre à une enquête pour concevoir des emballages encore plus attrayants pour les enfants… Pour choisir de répondre à l’un mais pas à l’autre, il faut être capable de formuler les objectifs et intentions des émetteurs et d’imaginer ce qu’ils pourront tirer des données que nous acceptons de leur fournir. Pour cela, il faut être capable de penser comme eux.

Ce n’est qu’en maîtrisant la notion de données, d’algorithme et en comprenant les objectifs des organismes qui tentent de les exploiter que l’on peut prendre des décisions éclairées dans ce domaine.

Objets et acteurs des usages numériques

Mais, chez Fréquence Ecoles, lorsque l’on parle des usages, il s’agit surtout de ceux qui devraient être développés par tout un chacun pour exploiter tous ces outils, afin de gagner en compétences, en réactivité, en employabilité, etc.
Une fois les notions de data et d’algorithmes intégrées, observer les NTIC par le biais des usages, c’est ôter toutes les couches de complexification volontaire et de jargon technologique pour faire comprendre à chacun qu’il n’est nul besoin d’être informaticien pour utiliser intelligement un outil informatique connecté.
C’est, par exemple, expliquer qu’utiliser un média social pour faire connaître un service, un produit ou une opinion recquiert des compétences communicationnelles, rédactionnelles et iconographiques, et non technologiques.
C’est également comprendre qu’utiliser efficacement un moteur de recherche est à la portée de chacun à partir du moment où l’on accepte de l’utiliser pour vérifier une hypothèse plutôt que pour lui poser une question.
C’est, enfin, accepter que la valeur ou l’utilité d’une pièce produite par impression 3D réside dans sa conception, et non dans la machine qui la fabrique au final.

S’intéresser et promouvoir les usages d’internet, des médias sociaux, de la fabrication additive, de la robotique, c’est tenter de faire comprendre à chacun que ces domaines ne doivent pas être les prés carrés des experts de l’informatique, de l’industrie, du marketing ou de la communication, mais que chacun a les moyens d’en faire des outils au service de son métier, de sa créativité, de ses loisirs et passions, etc.

Et c’est parcequ’au fil des discussions, ateliers et rencontres de cette édition de Superdemain, j’ai eu régulièrement la sensation de permettre à mes interlocuteurs d’entamer ce parcours vers une compréhension globale et décompléxée de ces enjeux qu’une fois encore, j’ai éprouvé une réelle satisfaction à l’issue de cette journée harassante, mais joyeuse et conviviale.

 

Publicités

De l’ éducation aux médias à l’éducation parentale, par un professionnel de l’information

Se présenter comme un consultant et formateur en communication écrite et veille stratégique peut parfois susciter plus d’interrogations que de compréhension, et c’est donc très souvent que j’explique mes métiers en précisant que je suis un professionnel de l’information. Pour les entreprises, les collectivités et les associations, les applications de mes compétences sont au final assez simples à expliquer : un accès accéléré et simplifié à des informations utiles et des prises de paroles efficaces sur les supports de communication qui sont les leurs.

Mon parcours m’a amené il y a déjà une quinzaine d’année à travailler avec et pour l’association lyonnaise d’éducation aux médias Fréquence Ecoles, qui intervient désormais dans toute la région Auvergne Rhône-Alpes, quand ce n’est pas au-delà. En déblayant il y maintenant plus de 20 ans l’immense chantier de l’éducation aux médias alors que très peu de personnes avaient à ce moment conscience de l’importance de l’exercice, Fréquence Ecoles est devenue une structure référente en France et en Europe.
Jusque récemment, mes interventions concernaient essentiellement la conception et l’animation de séances et d’ateliers dédiés aux médias sociaux, à la création de contenus rédactionnels et aux différents usages que font les acteurs de l’Internet des données que nous leurs fournissons plus ou moins consciemment.

Tour d’Auvergne Rhône-Alpes de l’éducation parentale aux écrans

En plus des élèves, des professeurs et animateurs de tous genres, c’est auprès de parents que les intervenants de Fréquence Ecoles mènent depuis plusieurs années, et plusieurs mois en ce qui me concerne, un véritable tour d’Auvergne Rhône-Alpes de l’éducation aux médias.

Accompagner le développement des compétences médiatiques et numériques des jeunes

Du moins le pensais-je, jusqu’à ce que le subtil Directeur du Collège de la Tourette, dans le 1er arrondissement de Lyon, ne vienne me voir en fin d’intervention pour se féliciter des deux heures d’éducation parentale auxquelles il venait d’assister. Éducation parentale ? Je n’aurais pour ma part jamais songé à intituler ainsi les échanges autour des écrans, des enfants et des parents que j’ai la charge d’animer.
Et pourtant…
Des quartiers de banlieue lyonnaise aux collèges et lycées de centre-ville en passant par les communes rurales, les craintes, idées reçues et approximations sont quasiment les mêmes. J’ai en effet été étonné de constater que même parmi les parents les plus « connectés », leurs compétences personnelles ou professionnelles ne les rendaient pas beaucoup plus aptes à encadrer les usages d’Internet de leurs enfants. Et donc, bien que le terme m’ait semblé dans un premier temps un peu grandiloquent et inadapté (je suis un professionnel de l’information, pas un papa professionnel !), j’en suis venu à considérer qu’effectivement, je faisais de l’éducation parentale, et que cela pouvait être plutôt utile et efficace.

Le premier point commun à tous les participants à ces conférences / débats, outre qu’ils sont par définition les plus sensibilisés à la question puisqu’ils sont présents, c’est qu’ils ont oublié ce que c’était d’être jeune. Ou qu’ils considèrent que la société a tellement changé que leurs usages passés n’ont aucun rapport avec ceux de leur progéniture.

Des outils qui changent mais des usages qui perdurent

C’est donc le premier élément important que je tente systématiquement de leur transmettre : si les outils ont changé, les besoins et les attentes des enfants et adolescents sont assez proches de ceux de leurs parents lorsqu’ils avaient leur âge. Et il est toujours utile pour évaluer une situation impliquant des enfants et des écrans de tenter de la transposer dans le monde d’avant les smartphones et snapchat.

  • ils sont collés à leur smarthone <> nous passion deux heures au téléphone chaque soir à parler à des amis que nous avions côtoyé toute la journée ;

    Les outils changent, les usages sont les mêmes

    Les outils changent, les usages sont les mêmes

  • ils ingurgitent de la télé-réalité <> nous ne rations aucun épisode d’Hélène et les Garçons ;
  • ils jouent à des jeux vidéo <> nous jouions à des jeux vidéo (ou électroniques pour les plus anciens) ;
  • ils imitent les stars d’Instagram <> nous singions les stars des clips…

Quelle est donc la différence entre leurs usages et les nôtres ? Les outils, de façon quasiment exclusive. Ces smartphones, tablettes et consoles que les parents en viennent à rendre responsables de tous leurs maux, avant que je ne me fasse un plaisir de leur rappeler qu’ils sont ceux qui en ont équipés leurs enfants. Il est toujours intéressant de constater que ces adultes, probablement majoritairement fiers de leurs capacités à prendre leurs propres décisions, sont prompts à souligner le poids de la société de consommation, les suppliques de leurs enfants et la pression qu’exercent sur eux leurs camarades pour justifier de les équiper de smartphones dès leur entrée au collège (plus tôt pour certains !).
Une fois posé le fait qu’il est assez hypocrite de se plaindre que leurs enfants utilisent les outils qu’ils leur ont eux-mêmes mis entre les mains, il est temps d’aborder le second point important.

Le prétendu 6ème sens des digital-natives

De très nombreux parents considèrent que leurs enfants sont de facto plus compétents qu’eux en ce qui concerne les nouvelles technologies en général et les médias sociaux. Que ce soit parcequ’eux-mêmes ne les maîtrisent pas ou parcequ’ils ne s’y intéressent pas, c’est leur argument pour réclamer pêle-même :

  • que l’école fasse le boulot ;
  • que les plateformes soient plus surveillées et régentées ;
  • que des plateformes spécifiques aux jeunes soient développées (et accessibles gratuitement mais sans utilisation des données, parcequ’on va pas payer pour ça, non plus…)

Ces demandes reposent sur une série d’erreurs, dont les principales concernent la tendance à surévaluer les compétences des jeunes et à sous-évaluer les compétences des parents, qui agissent ainsi soit par humilité excessive, soit par paresse.
Comme je l’explique très régulièrement, les capacités d’auto-diagnostic des jeunes sont très mauvaises, et un élève de collège qui sait ouvrir un logiciel de traitement de texte, créer un nouveau document, l’enregistrer et le retrouver le lendemain s’auto-évaluera « expert » du-dit logiciel, quand son parent qui sait faire la même chose a conscience de ne maîtriser qu’une infime partie des possibilités offertes par l’outil.
En outre, les jeunes n’ont pas d’appréhension à utiliser un terminal informatique, quant un adulte qui en connaît le prix et la complexité hésitera beaucoup plus. Mais l’absence apparente de craintes des jeunes ne doit pas être confondue avec une maîtrise des outils, il suffit de parler avec eux quelques instants du fonctionnement d’internet ou d’un outil informatique pour s’en rendre compte.

Les digital natives n’existent pas

La seconde erreur est la prétendue absence de compétences des parents, qui confondent les technologies (complexes) qu’utilisent leurs enfants et les usages (simples) qu’ils en ont. Rares sont les adolescents qui comprennent effectivement comment fonctionne Snapchat, qu’ils sont pourtant une majorité à utiliser dès l’âge de 13 ans (dans le meilleur des cas). Le parent qui ne sait pas plus que ses enfants comment fonctionne ce media social se sent donc dans l’incapacité d’accompagner les usages. Et pourtant, point n’est besoin de connaître l’algorithme ou le système de stockage de Snapchat pour aider un jeune à choisir une photo de profil valorisante et correcte ou pour faire le tri dans ce qui peut y être partagé et ce qui ne devrait pas l’être.

Les compétences primordiales pour un usage intelligent d’Internet et de médias sociaux comme Snapchat, Instagram ou autres, sont comportementales, et non techniques. Et par définition, dans ce domaine, les parents sont toujours plus compétents que leurs rejetons.
Plus compétents, à condition bien évidemment qu’ils acceptent de s’y interesser, qu’ils comprennent que les bijoux de technologies qu’ils fournissent à leurs enfants pour pouvoir les contacter à tous moments ne sont pas livrés avec un mode d’emploi, et que c’est à eux de leur transmettre les bases d’un comportement acceptable en société, que les interactions soient physiques ou en ligne.

Une fois celà dit, il reste encore souvent à expliciter le façon dont un adulte, imaginons-le aussi inintéressé et incompétent dans ces domaines que possible, peut effectivement accompagner les usages numériques de ses enfants.

Une posture active et la capacité à échanger sur les usages

Pour un parent qui souhaite encadrer les usages numériques de ses enfants, la première priorité devrait être de s’assurer qu’ils savent effectivement ce qu’ils veulent faire et qu’ils soient capable de le trouver.
De nombreux parents se plaignent du temps passé par leurs enfants sur Youtube, ou des contenus sur lesquels ils peuvent tomber au détour d’une recommandation algorithmique. Il faut bien comprendre que Youtube n’a pas de contenu-type : on y trouve le meilleur (des tutos, des clips de musique de qualité, des courts-métrages, etc..) et le pire (des vidéos propagandistes, des clips de jingles commerciaux sexistes…) et qu’il ne tient qu’aux parents de ne pas s’arrêter à « oui, tu peux regarder des vidéos sur youtube » mais de poser des questions, comme « qu’est ce que tu veux regarder comme vidéo ? ». Idéalement, la question est reposée à la fin de chaque contenu pour que l’utilisateur choisisse les contenus qui l’intéressent (c’est le principe et la magie d’internet par rapport à la télévision) plutôt que de subir des recommandations basées sur le panurgisme humain et les investissements publicitaires.
Sur ce principe, je propose régulièrement à mes enfants des « jeux de piste » numériques qui les obligent à formuler au préalable leurs envies et à apprendre à utiliser un moteur de recherche pour tenir compte des embûches que je sème sur leur chemin (« oui, tu peux écouter cette chanson, mais tu dois trouver un live, ou le morceau, mais sans le clip…).

Le second objectif de parents qui souhaitent s’assurer des bons usages numériques de leurs enfants est tout aussi simple et repose sur la même capacité : poser des questions.

Ce qui manque aux parents, c’est du temps, pas des compétences

Faire dire pourquoi l’un souhaite s’inscrire sur tel service, leur faire formuler ce qu’ils ont ressenti lors d’une séance de jeux vidéo, les interroger sur ce qu’ils ont préféré dans un film ou un dessin animé : autant de moyens de connaître et comprendre ce que veulent et obtiennent les enfants et de se positionner comme un recours le jour où ils auront besoin d’un accompagnement spécifique.

Ce qui manque, c’est le temps, pas les compétences

Ces attitudes ne demandent aucune compétence particulière, mais peuvent prendre du temps, ce temps que beaucoup de parents (moi y compris, de temps en temps, il faut bien le reconnaître) cherchent à gagner en cédant aux demandes de leurs enfants et en leur fournissant l’écran qu’ils demandent. Il n’est évidemment pas question pour moi de dire ici que chaque interaction enfant / écran devrait systématiquement se faire sous l’égide d’un parent, mais bien de considérer que l’inscription à un service, la découverte d’un nouveau jeu vidéo (…) sont des moments où il est pertinent de consacrer du temps à cette relation enfant / écran / parent pour que la famille puisse en tirer le meilleur sans que le média ne deviennent un obstacle entre les générations, mais bien une interface et, pourquoi pas, un lien.

%d blogueurs aiment cette page :