La #Veille : 70% d’humain et 30% d’informatique

J’ai récemment été contacté par le dirigeant d’une division d’un grand groupe lyonnais (dont je tairai le nom puisque nous n’en sommes, je l’espère, qu’au début de nos échanges) qui souhaitait améliorer et formaliser les processus de veille utilisés pour repérer les opportunités d’affaires, obtenir rapidement les appels d’offres afférents et identifier les contacts à solliciter. Jusqu’à maintenant, ce sont soit des stagiaires, soit des collaborateurs divers qui assuraient cette tâche de façon certes efficace, mais un peu hiératique et sans normalisation des procédures, livrables, etc.

70% humain, 30% informatique

La Veille : 70% humain, 30% informatique

Bien qu’il s’en soit défendu à de nombreuses reprises, mon interlocuteur a une compréhension assez complète des enjeux et processus de veille tels que je les conçoit moi-aussi, puisque c’est lui qui a d’abord prononcé cette phrase qui me sert de titre : « la veille, c’est 70% d’humain et 30% d’informatique ».

Automatiser ou ne pas automatiser, voilà la question…

Si cette affirmation fera sans doute bondir les tenants de l’automatisation de la veille, elle est particulièrement adaptée à la situation, et voilà pourquoi :

Partant d’un listing d’items servant de base aux actions commerciales de la société, le dirigeant m’a ainsi expliqué qu’il souhaitait désormais approfondir et élargir le périmètre d’informations recherchées.
Par approfondir, il entendait obtenir des informations complémentaires pour chaque ligne du tableur : différentes parties prenantes (partenaires, commanditaires, cibles…), contacts pertinents et coordonnées.
Par élargir, il entendait trouver de nouveaux items comparables à ceux déjà répertoriés pour multiplier les opportunités de business.

Pour résumer, et parce que c’est toujours le point de départ d’une stratégie de veille fructueuse, son objectif est d’obtenir un plus grand nombre de leads ou de données permettant d’en générer.
Et pourquoi ces objectifs rendent-ils une forte automatisation difficile ou peu souhaitable ?

La nature des attentes, des activités et des contraintes de la société font que l’essentiel de la tâche concerne la recherche d’informations, plutôt que la veille proprement dite. Les items et données qui leurs sont rattachées sont évidemment à placer sous surveillance afin de ne pas en rater le cheminement et les modifications. Mais le type d’informations dont il s’agit (je ne vous en dirai pas plus) rend ce processus finalement assez peu complexe, la principale difficulté concernant la caractère polyglotte des sources à suivre.

De l’impossibilité de trouver ce que l’on ne cherche pas

En ce qui concerne la volonté d’approfondissement, il est en effet nécessaire d’analyser régulièrement et précisément les informations émises en lien avec chaque item afin d’y déceler de nouveaux éléments utiles : nouveaux intervenants, modification des attributions, évolution des aspirations et des contraintes… Autant d’éléments qui sont donc inconnus jusqu’à ce qu’on les ait trouvés. Ce qui limite grandement les possibilités d’automatisation en amont, puisqu’à ma connaissance, il n’y a pas de solutions qui permettent de surveiller ce que l’on ne recherche pas encore. J’ai un temps utilisé une solution (dont j’ai oublié le nom car je n’en étais pas très satisfait, notamment en raison de l’ergonomie) qui permettait d’extraire d’une page web différents éléments notables : noms propres, mots récurrents, liens, etc. Même avec un outil de ce type, il reste toutefois à qualifier les rôles de chaque intervenant cité, ce qui n’est généralement faisable qu’en prenant connaissance du contenu adjacent. L’approfondissement recherché consiste au final à détecter manuellement de nouveaux éléments à placer sous surveillance, puis à examiner régulièrement les nouvelles occurrences.

Pour l’élargissement, la composante humaine semble encore plus prépondérante, puisqu’il s’agit d’imaginer ou de repérer de nouveaux items, non placés sous surveillance, qui présentent suffisamment de points communs avec ceux déjà suivis pour qu’il soit potentiellement pertinent de déclencher une prospection. A partir de l’activité proprement dite de la société et des critères qu’il est possible de modifier tout en restant dans ses domaines de compétences, il convient donc de rechercher ce qui n’a pas encore été identifié comme des opportunités d’affaires.

Une veille rigoureuse ET créative

La créativité est grande en lui

Créativité et rigueur

Même si je ne prétendrais pas ici maîtriser l’intégralité des outils de recherche avancée des différents moteurs, il ne me semble pas qu’il existe de commande « rechercher quelque chose qui s’apparente à ».
Il s’agit donc de travailler par analogies, rapprochements et en favorisant la pensée latérale : autant de compétences qui ne sont pas les caractéristiques premières d’un outil informatique.

C’est cette capacité à imaginer de nouvelles informations et de nouvelles sources à surveiller qui fait selon moi tout l’intérêt de la profession de veilleur, en faisant de ses praticiens des hybrides de documentalistes rigoureux et de créatifs capables de partir en quête de nouveaux critères improbables, mais, parfois, très performants.

Cela étant dit, je connais des veilleurs qui sont d’excellents pilotes d’outils très complexes mais qui éprouvent de grandes difficultés à imaginer de nouveaux critères de recherche. Il s’agit généralement d’informaticiens brillants, capables de créer un lecteur de flux maison en quelques lignes de code ou d’écrire des algorithmes pour gérer d’immenses bases de données. Ils leur manquent cependant d’après-moi le « sens » de l’information qu’une formation au journalisme et une longue pratique de la veille manuelle m’a permis d’acquérir, en complément de la curiosité et de la mémoire que je m’acharne à conserver et à aiguiser. Si ces veilleurs « technos » font manifestement d’excellents data scientists, ils peuvent éprouver des difficultés lorsqu’il s’agit d’approfondir, mais surtout d’élargir, une stratégie de veille.

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Application de la #veille : je suis devenu coach #réseaux sociaux

Je parle ici régulièrement de ce que la veille peut apporter aux entreprises et aux professionnels qui décident de se lancer dans cette démarche. Aujourd’hui, c’est d’une autre application de la veille dont je compte vous parler. Ayant choisi pour développer mon activité d’avoir recours à une société de portage salarial implantée à Lyon, je suis régulièrement en contact avec d’autres consultants de la région Auvergne Rhône-Alpes, avec lesquels il nous est régulièrement proposé d’échanger quant à nos offres et opportunités d’affaires. C’est ainsi qu’à l’issue d’une énième explication des tenants et aboutissants de la veille et de ses applications, notamment dans le domaine des réseaux sociaux, j’ai été sollicité par une autre consultante pour l’aider à optimiser son compte LinkedIn.

De prime abord, on pourrait considérer qu’il s’agit là de deux compétences différentes et que j’aurais dû décliner la demande. Mais je ne l’ai pas fait, et voilà pourquoi :

  • la matière première d’un compte Linkedin performant, ce sont les informations émises ;
  • la curation régulière de contenus est un bon moyen d’animer un compte sans avoir à produire soi-même tous les contenus ;
  • l’optimisation d’une présence sur LinkedIn dépend des objectifs de son détenteur, de ses capacités et de ses moyens, autant d’éléments qu’un veilleur professionnel apprends à déceler et formuler auprès de ses clients.

Dans une certaine mesure, et une fois les questions de paramétrage réglées, l’amélioration et l’animation d’un compte sont essentiellement liées aux informations mises en avant et aux commentaires / éléments de contextualisations / idées de la personne qui les partage. En fait, et je m’en fais régulièrement la remarque, les réseaux sociaux, professionnels ou grand public, sont les plateformes sur lesquelles les liens qui unissent Communication écrite et Veille stratégique sont les plus tangibles.

J’ai donc abordé la problématique de ma cliente dans l’ordre habituel des missions de ce genre : quels sont ses objectifs ? ses cibles ? de combien de temps dispose t’elle ?

Nous avons ensuite, ensemble puisque l’idée est qu’elle accède le plus rapidement possible à l’autonomie dans ce domaine, commencé par choisir la meilleure photo de profil et écrit un nouveau texte de présentation, en tentant d’adopter le discours la plus adapté à l’auditoire qui est le sien.
Comme nous partions d’un compte existant, cette première étape a été assez simple et rapide.

Être pro-actif par rapport à l’information

Comme de nombreux utilisateurs de réseaux sociaux, ma cliente ne percevait jusqu’alors pas l’utilité de partager des contenus trouvés sur LinkedIn, considérant qu’il était inutile de « faire tourner » des informations qui étaient déjà publiées, puisque visibles sur son mur.
La première étape de l’explication a donc consisté à l’amener à imaginer pour chacune des informations qui lui étaient proposées quelles décisions pouvaient potentiellement être impactées. Puis à identifier les personnes qui seraient en mesure de les exploiter utilement. Nous avons ensuite été chercher dans ses contacts des profils correspondant aux critères ainsi définis, pour constater qu’ils ne suivaient pas les mêmes sources que ma cliente, qui pouvait ainsi leur rendre service en leur fournissant ces informations potentiellement utiles.

Cette méthode consistant à identifier les conséquences possibles d’une information et les personnes pouvant en avoir l’usage est exactement identique à celle que je déploie dans les ateliers de sensibilisation à la veille.

On ne s’énerve pas et on partage les informations intéressantes et utiles

Une fois l’utilité du partage d’informations sur les réseaux sociaux établie, la question suivante concernait  l’alimentation des flux destinés aux autres utilisateurs. Nous nous sommes donc attelés à la question des sources, avec les méthodes habituelles d’un lancement de veille : recherche de contributeurs de référence (réseaux sociaux, sites, blogs…), analyse de leurs propos, choix de ceux qui proposent les contenus les plus en accords avec les besoins de la cliente, etc. Cette séquence m’a également permis de souligner la pertinence d’une démarche visant à trouver en dehors de LinkedIn des contenus qui pourraient intéresser les utilisateurs une fois qu’ils y seraient partagés.

Nos séances de deux heures sont pour l’instant calées  à un rythme bimensuel, ce qui nous a également amené à nous interroger sur le chaud et le froid en terme de communication. En fonction des articles et informations dont elle dispose, ma cliente m’a en effet interrogé quant au timing des publications, partages, etc. J’ai ainsi pu lui faire comprendre les notions de sujets chauds ou froids, qui nécessitent pour les premiers des (ré)actions rapides, alors que les seconds sont parfaits pour alimenter un calendrier éditorial de moyen / long terme.

La veille comme moyen d’alimenter des comptes de réseaux sociaux

Au fur et à mesure de la montée en compétence de ma cliente, les questions et problématiques ont évolué pour s’orienter plus clairement vers la stratégie de communication qu’elle pouvait effectivement adopter dans le temps. Si ma casquette de consultant en communication écrite m’a alors été très utile, la connaissance des options et tendances de la communication sur les réseaux apportée par mes activités de veilleur et de consultant en veille se sont également révélés pertinentes.

Je sais d’ores et déjà que les prochaines séances seront probablement dédiées à la création de contenus propres, ce qui me permettra de transmettre mes compétences dans le domaine de la rédaction. Cette aspiration à produire elle-même des contenus à partager l’amènera de façon quasi-certaine à se former dans le domaine de la veille, pour disposer d’un flux propre d’idées et d’informations relatives à son domaine de compétence.

Ce type de prestation, que je n’avais jamais imaginé proposer, s’est révélé très intéressant et m’a permis d’aborder de nombreux sujets qui me tiennent à cœur : définition d’une information, formulation efficace, procès de diffusion, évaluation des sources, compréhension globale des principes de la communication offline / online, etc. Je n’ai jamais abordé ces séances comme du coaching a proprement parler, il s’agit pour moi de conseil. Ma cliente a un jour utilisé cette formule, probablement adaptée du fait de l’aspect très personnel d’interventions qui amènent à s’interroger sur ses motivations, ses aspirations, ses valeurs, etc. Et finalement, cela donne un titre plus percutant que « Application de la #veille : comment je suis devenu consultant #réseaux sociaux ».

Pour une #veille réussie, oubliez la technologie

A force de rencontrer des prospects et clients pour leur présenter les bénéfices qu’ils pourraient tirer de l’adoption d’une démarche de veille, j’ai désormais une vision assez précise de ce qui freine encore le développement de la discipline dans les (très) petites et moyennes structures. L’idée selon laquelle une stratégie performante repose sur l’usage intensif de technologies complexes et coûteuses en fait partie.

Pourtant, ne faire reposer une stratégie de veille que sur des dispositifs technologiquement avancés revient à oublier trois points importants :

  • les informations se trouvent partout autour de soit, et pas uniquement en ligne ;
  • la performance d’une veille se décide avant le déclenchement de la composante technologique ;
  • la valeur ajoutée d’une veille découle des prises de décision éclairées qu’elle permet.

L’auto-citation, la solution aux problèmes de droits d’auteur

Dans le secteur industriel, il ne viendrait à personne l’idée de considérer que c’est l’ouvrier ou le robot qui assemble une pièce ou une machine qui est la principale source de valeur ajoutée. Bien souvent, l’essentiel de la valeur d’un produit ou d’un service émane des ingénieurs qui l’ont conçu ou du service qui a identifié le besoin auquel il répondra.
Il en va de même pour la veille stratégique : les étapes primordiales concernent l’identification des besoins de l’entreprise, la formulation de la stratégie à soutenir, le choix des axes de surveillance puis l’analyse des résultats obtenus, la construction d’hypothèses de conséquences et d’actions à mettre en œuvre et la prise de décisions éclairées.

Dans l’esprit des entrepreneurs que je rencontre, la prépondérance de la composante technologique de la veille s’accompagne toujours d’autres réticences relatives au coût de la démarche, au manque de temps, de compétences en interne, etc.
Ainsi, les ressources technologiques à déployer semblent régulièrement servir de fondations au sentiment du « ce n’est pas pour moi » qui anime de nombreux professionnels lorsque le sujet de la veille dans leur entreprise se présente.

La veille n’est pas une technologie, mais une posture

Le pas le plus important à franchir pour commencer à exploiter les informations comme matières premières de l’innovation et de la performance n’est ni technologique ni coûteux, mais il n’en est pas moins difficile. Il s’agit en effet d’accepter de libérer l’information à l’intérieur d’une entreprise : formuler et diffuser les orientations stratégiques, les enjeux, les contraintes, les opportunités, les projets. Il n’est bien sûr pas question de faire circuler sans contrôle des informations sensibles et dont la divulgation à des concurrents pourraient porter préjudice à l’entreprise. Il est question de communiquer à ses collaborateurs les éléments indispensables à la compréhension globale de la marche des affaires. Ce n’est en effet qu’à cette condition qu’une veille low tech peut être déployée efficacement dans une entreprise. La puissance d’outils complexes et coûteux peut alors être remplacée par l’intelligence collective de spécialistes ayant chacun une vision particulière de leurs métiers et des progrès qui peuvent être obtenus.

La veille frugale n’est pas une veille au rabais

Alors que partout des inquiétudes, justifiées, émergent quant aux utilisations pouvant être faites des données émises par les personnes et les organisations, alors que la main-mise des grands groupes sur des pans entiers de l’économie amène chacun à s’interroger sur les méthodes à privilégier pour conserver le droit à l’initiative et à l’indépendance, c’est vers la frugalité qu’il faut se tourner pour conjuguer performance et autonomie. Au même titre que l’innovation frugale permet d’adresser simplement et efficacement diverses problématiques, la veille frugale permet de construire des systèmes d’accès à l’information efficaces, maîtrisés et peu coûteux.

La veille frugale : l’efficacité sans les coûts

Comme pour l’innovation du même nom, la veille frugale repose sur la primauté des acteurs sur les outils qu’ils exploitent. Adopter une telle méthode, c’est accepter que la composante technologique ne répond au final qu’aux impératifs d’automatisation de tâches pouvant par ailleurs être efficacement réalisés par des êtres humains : recherche d’informations, qualification de sources, rédaction de synthèses…

C’est parce que les bonnes pratiques inhérentes à une veille frugale sont par définition difficiles à formater et à packager qu’il est plus facile de présenter et commercialiser un outil « tout en un » sensé répondre à toutes les attentes sans nécessiter l’engagement de tous les collaborateurs. Mais c’est parce que je pense que l’économie de la connaissance nous impose de miser sur l’intelligence de chacun plutôt que sur l’automatisation d’un maximum de tâches que j’animerai le 14 juin à Lyon un atelier intitulé Accéder à l’information utile. J’y présenterai mon approche ainsi que des propositions pour entamer la définition et la structuration d’un dispositif de veille frugale potentiellement bénéfique à l’entreprise et à tous ses collaborateurs.

 

Sensibilisation à la #Veille : atelier Connexion Y du 8 décembre

J’anime le 8 décembre de 12h05 à 13h un atelier de sensibilisation à la Veille. De la posture du veilleur à la valeur ajoutée en passant par les étapes importantes et les outils, je m’attacherai une fois encore à rendre simple une démarche qui peut encore apparaître confuse, ou complexe, à de nombreux professionnels. Avec le code DORE-2161, inscrivez-vous gratuitement pour participer à deux des séances au programme. Les inscriptions sont ouvertes sur la plateforme Connexion Y ou sur le site.invitation-lyon-7-8-decembre-nos-lumieres-vous-eclairent-cdore-contact-gmail-com-gmail

Transformation ou Évolution digitale ?

Dans un article intitulé La transformation digitale : un phénomène de mode pour les salariés et les chefs d’entreprise ?, le Blog du Modérateur analyse les résultats d’une étude réalisée par IPSOS, le CESI et le Figaro quant aux attentes et à la compréhension des dirigeants et salariés d’entreprises en ce qui concerne la transformation digitale.

Parmi les surprises de l’étude :

  • 30% des dirigeants d’entreprises qui estiment que la transformation digitale est stratégique ou essentielle ;
  • 47% des dirigeants qui considèrent que la transformation digitale est un phénomène de mode.

Ftp-protocolEn tant que veilleur professionnel, j’ai pour ma part expérimenté directement les modifications qui s’appliquent à un métier et à une entreprise qui s’engagent dans une transformation digitale. Les souris ont remplacé les ciseaux et tubes de colles, puis les plate-formes FTP ont permis aux coursiers et à leurs scooters de finir leurs nuits.
En tant que chargé de projet de l’association d’éducation aux médias Fréquence Ecoles, un usage intelligent du cloud nous permet d’accéder rapidement et simplement aux emplois du temps des interventions, aux versions les plus récentes des supports et de communiquer entre intervenants sans avoir à fixer de RdV.
En tant que rédacteur, les multiples ressources disponibles en quelques clics grâce au Web et aux moteurs de recherche me facilitent le travail et la recherche de clients.
En tant qu’entrepreneur, les services de chat et de visioconférence facilitent la collaboration avec toute une gamme d’interlocuteurs : partenaires, clients, prescripteurs, etc.

Choisir un outil utile, pas une solution à la mode

Bien qu’initialement réticent aux usages informatiques, j’ai rapidement été amené à en constater la pertinence et l’efficacité, de sorte qu’il me semblerait aujourd’hui assez ridicule, et totalement contre-productif, de décider que la transformation digitale que j’ai moi-même appliqué à ma façon de travailler serait accessoire ou dispensable.
Comme cela m’arrive souvent, j’ai immédiatement considéré que cette évidence s’imposait à moi avec tellement de force qu’il ne pouvait en être autrement pour l’ensemble de mes contemporains. Les bénéfices à tirer de l’usage intelligent de ces nouveaux outils sont tels qu’il semblait évident que chacun aurait à cœur de prendre le temps de les découvrir, de les tester et de se les approprier.

Des fois, ma naïveté m’étonne moi-même.

La transformation digitale sur le terrain

J’ai été récemment sollicité par un client qui souhaitait organiser une formation à la visioconférence et aux méthodes de communication et d’échanges de documents en ligne.
D’abord dubitatif (« ben, vous installez Skype et vous vous créez un dossier partagé sur Dropbox / Google Drive… »), j’ai préparé pour les stagiaires un questionnaire visant à définir leurs niveaux et leurs besoins.
Constatant l’hétérogénéité des compétences et des terminaux, j’ai décidé de mettre l’accent sur les méthodes et les usages pour travailler efficacement en mode collaboratif en ligne et asynchrone. Ne pouvant présumer des choix des stagiaires en matière de plateformes et d’outils, j’ai choisi d’insister sur les méthodes, les astuces, la nomenclature, l’arborescence, etc.

Très rapidement, le jour de la formation, mes stagiaires m’ont fait sentir que c’est au contraire le maniement de l’outil qui les « intéressait le plus ».
Pourquoi donc suis-je en train de vous raconter cette anecdote qui ne semble avoir aucun rapport avec mon sujet et encore moins avec mon titre ?

La transformation sur le terrain

La transformation sur le terrain

Lorsque vous décidez de remplacer fax et mails par Google Hangouts ou Facebook Messenger, il n’y a que l’outil qui change, pas la nature des informations qui sont échangées. Tout au plus est-il plus facile, et donc plus efficace, de conserver une trace des échanges. Assez logiquement, les personnes qui s’engagent sur cette voie sont plus inquiets de ce ce qui change que de ce qui perdure.
Pourtant, ce qui reste, c’est la valeur ajoutée créée par des professionnels qui échangent des informations, des points de vue, des contacts, des recommandations…
Ce qui change, c’est uniquement le médium utilisé pour diffuser, organiser et capitaliser ces informations.
L’expression Transformation digitale évoque ce qui change : les outils, les technologies, les médias. Donc, lorsqu’on parle de transformation digitale, c’est assez logiquement aux outils que l’on songe, et non aux usages (qui eux ne changent guère, au moins dans un premier temps).

La tyrannie des outils

Dès lors, rien d’étonnant à ce que cette transformation soit mal comprise et mal aimée : elle évoque une complexification de procédures quotidiennes, une exposition à l’obsolescence des outils, des besoins de formation et d’assistance renforcés… des coûts supplémentaires dont le dirigeant soucieux de sa trésorerie serait ravi de s’affranchir. Au même titre qu’il me semble préférable de Valoriser les usages de la veille, pas les outils, ce sont donc d’après-moi les usages qu’impliquent une transformation digitale qu’il conviendrait de présenter et de transmettre. Les outils permettent d’échanger simplement et de trouver plus rapidement ce que l’on cherche, mais ce n’est pas ainsi qu’ils permettent de gagner en efficacité.
L’apport de la transformation digitale, c’est la possibilité d’investir le temps et l’énergie épargnés dans des activités créatrices de valeur ajoutée : celles mobilisant l’intelligence de chacun.
Les secondes, minutes, heures et journées gagnées grâce aux outils informatiques ne sont réellement « gagnées » pour l’entreprise que si elles sont ensuite consacrées à imaginer  / développer un nouveau service / produit, à identifier un nouveau marché, à affiner une stratégie ou à mieux connaître les attentes de ses clients et partenaires.

Human Evolution CC By Acid Pix

Human Evolution CC By Acid Pix

Dès lors, la transformation digitale, c’est faire mieux et avec plus de possibilités ce qu’une entreprise faisait déjà auparavant : chercher de nouveaux moyens d’être plus efficace.
Du coup, le terme transformation semble bien mal adapté.
En remplaçant par exemple Transformation par Évolution, on éviterait :

  • de stresser les collaborateurs qui craindraient moins un bouleversement complet de leurs missions et conditions de travail ;
  • de faire miroiter des accélérations radicales du temps de l’entreprise, attentes qui seront quasi-systématiquement déçues ;
  • d’amener les dirigeants à considérer que le digital, c’est pour les autres (plus jeunes, plus « gros », plus « modernes », etc…).

Parce qu’au final, et c’est en partie à M.Darwin que nous le devons, « évoluer » c’est s’adapter et s’améliorer, alors que lorsqu’il s’agit de se transformer, c’est sans doute du côté de Hulk qu’il convient d’aller chercher une connotation possible.

Hulk : la transformation pour le meilleur et pour le pire

Hulk : la transformation pour le meilleur et pour le pire

Quand une entreprise vend un service ou un produit, la transformation digitale pourra impacter de nombreux aspects de son fonctionnement, mais rarement le principal : la nature et la qualité de son offre.

Alors pourquoi la profession a t’elle choisi d’intituler « transformation » ce qui n’est au final qu’une optimisation ou une évolution ?

J’ai ma petite idée, qui s’apparente à ce que j’écrivais dans La Veille ne doit pas être une profession incapacitante, mais je vous laisse choisir votre conclusion vous-même.

De quoi #veille stratégique est-il le nom ?

Il y avait bien longtemps que je n’avais pas pris le temps de partager et commenter une publication de l’excellent blog Euresis, mais l’article La Veille stratégique doit-elle se réinventer ?  m’en donne l’occasion.

Pour résumer à l’extrême cet article que je vous invite à lire, les deux questions qui se posent désormais aux professionnels de la veille stratégique sont les suivantes :

filtre« Suis-je un fournisseur d’informations ou un filtre d’informations ? »
et
« L’aboutissement de ma prestation, le livrable final, est-ce une analyse ou une préconisation ? »

Cela renvoie à la notion d’infobésité, la maladie de la surabondance d’informations, au développement des compétences en recherche d’informations dans le « grand public » et à la position du professionnel de la veille stratégique auprès de ses dirigeants / clients.

Au même titre que l’obésité « pondérale », l’infobésité n’est pas une valeur absolue, mais un rapport entre une quantité d’informations et la quantité d’informations qu’une personne ou une structure est capable d’absorber et de traiter. Pour éviter ce phénomène qui se traduit généralement par une rapide lassitude et l’abandon de la posture de recherche, de qualification et d’exploitation des informations collectées, le rôle du consultant / formateur / prestataire de services de veille concerne la « nettoyage » des résultats de la veille, la suppression des redondances, du bruit et des informations trop périphériques.
Cela demande déjà une connaissance assez pointue des objectifs et de la stratégie du décideur, puisque l’information tangentielle de l’un sera l’information capitale d’un autre.

Émettre des informations pour en collecter facilement

Si le veilleur est à l’origine du flux d’information à optimiser, la tâche reste relativement simple, quoi que potentiellement chronophage.
Si le veilleur est appelé à intervenir sur des flux créés par d’autres, c’est beaucoup plus complexe, puisque le professionnel se heurte alors à la prétendue maîtrise de la recherche d’informations de son prédécesseur.

La recherche d'information, une compétence pas si diffusée que cela

La recherche d’information, une compétence peu répandue

Maîtriser la recherche d’informations en ligne, ce n’est pas uniquement savoir utiliser les outils de recherche avancée de Google ou savoir tirer profit de Qwant, Exalead ou DuckDuckGo. Savoir chercher et identifier une information utile, c’est d’abord et avant tout savoir imaginer la forme qu’elle aura.
C’est pour cette raison que les émetteurs d’informations sont généralement également de bons chercheurs d’informations.
Et je sais d’expérience que la posture de consommateurs qu’adopte la majorité de nos contemporains vis à vis de l’information augure mal d’une élévation globale des compétences dans ce domaine.
Je conjugue ainsi assez régulièrement les démarches d’émission d’informations (blogs, réseaux sociaux…) et de collecte d’informations, persuadé que l’une nourrit l’autre, ne serait-ce que parceque cela permet d’obtenir les réactions et commentaires de pairs et d’utilisateurs potentiels.

En tout état de cause, se mettre aux commandes d’un dispositif de veille conçu et déployé par quelqu’un d’autre, c’est donc avant tout essayer de comprendre ce qu’il a essayé de faire, en lien avec la formulation des objectifs et de la stratégie soutirée, parfois dans la douleur, au dirigeant.
Il fait pouvoir, pour chaque source et chaque type d’information, confronter l’apport aux besoins des destinataires et à leurs capacités à s’en emparer pour créer de la valeur ajoutée.

La veille stratégique : réflexion ou action ?

Ce qui amène au dernier questionnement du veilleur qui voit sa profession et ses missions évoluer : mes compétences me permettent-elles de prétendre offrir des préconisations et conseils opérationnels aux dirigeants d’entreprises, ou dois-je me contenter d’analyses qualitatives et quantitatives des informations, en laissant les personnes qui reçoivent le fruit de mon travail en tirer les conséquences et décider des actions à mettre en oeuvre ?

D’un côté, la lecture et l’appropriation d’un grand volume d’informations sur un secteur d’activité, un marché ou une technologie mettent rapidement le veilleur en position d’en comprendre les enjeux et le fonctionnement. La vision globale lui permet même de pouvoir établir des connexions qui peuvent échapper aux hommes de terrain.
Mais la connaissance du veilleur est bien souvent exclusivement livresque, et ne devrait théoriquement pas pouvoir supplanter celle accumulée par des professionnels expérimentés. Ce qui tendrait à démontrer que le professionnel de la veille stratégique de devrait pas s’aventurer dans le conseil stratégique opérationnel.

La tentation de l’opérationnel

Pourtant, et j’ai été confronté à ce phénomène très récemment, de nombreux clients sont dans cette posture d’attente de conseils opérationnels de la part d’un professionnel dont les compétences sont pourtant généralement bien éloignées de celles requises pour assurer cette fonction.
Les réticences à transformer un corpus d’informations en décisions opérationnelles a même parfois été pris comme une négation des bienfaits que j’avais moi-même attribué à l’adoption d’une démarche de veille stratégique.

Comment dès-lors concilier la conviction que l’information est la matière première de la décision éclairée et la certitude que le dirigeant d’entreprise est le seul à pouvoir prendre et évaluer la pertinence d’une orientation stratégique ?

BifurcationPour satisfaire mes clients, j’ai été amené à faire évoluer ma position de fournisseur / organiseur / synthétiseur d’informations pour ajouter un étage à la fusée de mon offre de services.
A l’instar des professionnels de la communication et de la publicité, j’ai été amené à formuler des préconisations, présentées en ce qui me concerne sous la forme d’alternatives.

Formuler et expliquer les options

Les tendances de marché, l’environnement concurrentiel, les évolutions prévisibles des technologies et des règlements permettent en général de dégager au moins deux hypothèses répondant chacune à certains aspects de la stratégie choisie pour atteindre les objectifs, sachant qu’il est en effet très rare qu’une solution réponde parfaitement à toutes les attentes et que dans ce cas, elle s’impose d’elle-même.

A partir des résultats tirés de l’analyse des informations réunies, je propose ainsi deux pistes puis formule les avantages / inconvénients des deux options, tout en considérant que c’est au dirigeant de prendre la décision, puisque c’est d’après-moi la seule façon d’être certain qu’il assumera, défendra et expliquera son choix auprès des personnes chargées de le mettre en œuvre.

La veille stratégique, c’est donc d’après-moi le nom d’une activité consistant à nourrir, accompagner, expliciter les options des dirigeants, sans pour autant décider des choix stratégiques qui devraient en découler.

#Veille et #Innovation : l’atelier de la #Veilleacademy Sindup

Atelier Innovation de la Veille Academy. le 05 février 2016 à Lyon

Atelier Innovation de la Veille Academy

Vendredi 05 février, j’animerai avec Mickaël Réault l’Atelier Innovation de la Veille Academy organisée par Sindup. En deux heures, nous allons nous attacher à présenter aux participants, dirigeants et cadres d’entreprises, des méthodes pour faciliter l’émergence de propositions innovantes et leur permettre de rendre leurs sociétés plus efficaces et compétitives.

Dans l’imaginaire collectif, l’innovation peut sembler être le domaine réservé des ingénieurs et des chercheurs. La thèse que nous allons défendre est que l’innovation est d’abord et avant tout une question d’idées. Les idées peuvent apparaître de la formulation claire de besoins et du rapprochement iconoclaste d’informations. Il est dés lors tout à fait logique de considérer que l’information est une matière première indispensable à l’innovation, et que la veille est donc le présupposé d’une démarche innovante.

Comment passer de la veille à l’innovation ? Pour le savoir, vous pouvez (re-)lire mon article La veille et l’analyse pour susciter l’innovation : une mise en pratique et nous rejoindre vendredi prochain.

Identité Numérique Professionnelle : un atelier, des échanges

"COM EKO #1"L’identité numérique, capital immatériel des professionnels, fait aujourd’hui office de carte de visite digitale pour toutes les personnes qui souhaitent développer leurs projets en mettant à profit la visibilité que leur permet d’obtenir Internet et les médias sociaux. Il s’agit bien souvent de la première impression qu’aura un employeur, un partenaire, un client ou un fournisseur. L’importance de l’image que nous donnons de nous-mêmes en ligne n’est plus sujet à discussion, et ce sont donc désormais les moyens de construire, maîtriser, surveiller et exploiter son identité numérique qui préoccupent les professionnels.

Une personne, Un projet, Une identité

Mais comme il s’agit d’identité, il n’y a évidemment pas UNE méthode pour se doter d’une identité numérique professionnelle valorisante. La bonne image, les bonnes informations à mettre en avant, ce sont évidemment celles qui vous décrivent le mieux et qui sont les plus susceptibles d’attirer, séduire et convaincre vos cibles.

"COM EKO #2"Chaque porteur de projet est différent. Les objectifs sont aussi variés que les cibles, les valeurs, les moyens et les compétences. Avec Céline Bouvier, créatrice et dirigeante de l’agence d’inbound marketing Novadeo et la consultante en veille digitale Fanny Loubaton, nous avons donc décidé d’organiser le 25 juin Com Eko Identité Numérique professionnelle, première édition d’une série d’ateliers rencontres dédiés à la vulgarisation des bonnes pratiques digitales.

Notre objectif est de réunir une vingtaine de professionnels, dirigeants et responsables de TPE / PME, créateurs d’entreprises, commerçants, consultants, pour expliciter les principes d’une identité numérique utile, aborder les astuces qui permettent d’en tirer profit et échanger sur des problématiques connexes : choix d’une ligne éditoriale, création de contenus, choix des supports de communication, etc.

Nous avons trouvé le cadre idéal pour cette première, en investissant les locaux de l’association d’éducation aux médias Fréquence Ecoles, mélange hétéroclite d’ancienne quincaillerie, de stock de livres anciens et d’équipements multimédia.

Pourquoi ?

Pourquoi Com Eko ? Parce que Communication, Communauté, Commerce, Comment ça marche, .com, Economie, Echo, Ecoute, Ecole…

Pourquoi seulement 20 participants ? Parce que l’identité, numérique ou non, c’est personnel, et que c’est plus difficile d’en parler librement devant un parterre d’inconnus.

Pourquoi trois organisateurs ? Parce que nos compétences combinées nous permettent d’aborder toutes les constituantes d’une identité numérique professionnelle de façon diversifiée et personnalisée. Parce que nous avons tous, à un moment ou à un autre, été confrontés à cette problématique en échangeant avec nos proches, nos collègues ou nos prospects.

Alors pourquoi ne viendriez vous pas pour participer, échanger, témoigner, vous renseigner et trinquer ?
(Il reste quelques places disponibles ici)

#Veille et #Prospection @salonindustrie Lyon 2015

Au programme de ce mardi 7 avril : veille et prospection au Salon Industrie Lyon 2015. J’accorderai une attention particulière au stand du CEA-List, où sera notamment présenté le COBOMANIP de la société bourguignonne Sarrazin Technologies. J’ai en effet eu la chance de rencontrer et d’échanger avec certains dirigeants de cette société, qui partagent une vision à la fois moderne et humaniste de l’activité industrielle.

industrie lyonJe vais méticuleusement y décortiquer les discours, éléments de langage et méthodes de story-telling pour tenter d’en déduire les tendances, les objectifs et les humeurs des industriels exposants. L’industrie est également un secteur pour lequel la veille est particulièrement indispensable, et je n’oublie donc pas de prendre mon bâton de pèlerin pour convaincre mes interlocuteurs de l’importance de comprendre et de maîtriser les usages et les méthodes de la veille, qu’il s’agisse d’en externaliser la réalisation ou de la déployer en interne.

#Prospection commerciale : informations et #veille comme méthodes

En début de journée de la 11ème édition du DevCom Lyon, se tenait dans la salle Ampère de la CCI de Lyon une conférence intitulée Stratégie, fondamentaux , outil… Prospection commerciale : où aller chercher de nouveaux clients ? Comment en tirer profit ? Jérôme Solémieu (Cojecom), Philippe Spenato (Data Publica), Jean-Michel Berjaud (Re Com)et Bruno Rousselon (Sage) nous ont proposé diverses approches et diverses visions de cette problématique, avec comme constante une clarté et un soucis de pragmatisme qu’il convient de saluer.

DevComLyon

En toute logique, les différents intervenants ont débuté en soulignant l’importance de définir et segmenter ses cibles ainsi que les offres à mettre en avant. Cela revient au final à définir, formuler et hiérarchiser ses objectifs, ce qui peut être réalisé en ayant recours à la maïeutique stratégique. Très rapidement, nos conférenciers d’un jour ont opéré un glissement sémantique aussi étonnant que réjouissant pour moi, puisque les opérations, les argumentaires, les termes et les mécanismes décrits s’apparentaient de plus en plus à ceux de l’information et de la communication, domaines dans lesquels je me sens assez logiquement beaucoup plus à l’aise que pour le développement commercial. Il ont ainsi insisté sur l’importance de prévoir des campagnes de prospection conformes aux capacités de traitement de l’information de l’entreprise. Si de nombreux contacts sont sollicités, il faut en effet être en mesure de répondre rapidement à chacun. Le traitement de l’information concerne alors à la fois la possibilité d’engager un dialogue, oral ou écrit, mais également la capacité à produire pour chaque prospect une proposition qui correspond à son profil, c’est à dire qui intègre les informations collectées et agrégées sur sa fiche client.

Prospection commerciale = recherche d’informations

A cet instant défilaient dans ma tête des idées de nomenclature, de modules et de formations pour faciliter et optimiser la construction et l’enrichissement des fiches clients d’une entreprise. S’il n’est évidemment pas question de considérer les prospects et clients uniquement comme des informations, au risque de blesser les humains qu’ils sont avant tout, les données qui les concernent sont des informations essentielles et peuvent donc être traitées en tant que telles, avec une prime évidente à ceux qui sauront les formuler, les hiérarchiser et les archiver de façon simple et efficace.
De la documentation commerciale, en quelque sorte.

Prospect_ParkLe parallèle avec les principes de la gestion d’information s’est poursuivi, avec une pratique assez évidente mais qui a gagné à être explicitement décrite par ces professionnels : l’identification de prospects et l’agrégation de leads grâce au suivi des flux d’informations économiques. Si la prise de contact est souvent l’étape la plus difficile lorsqu’il s’agit de trouver et qualifier des prospects, s’appuyer sur une accroche tirée des médias économiques pour proposer ses produits et services est en effet une méthode qui semble logique et efficace. Dès lors, la veille s’impose comme une composante centrale de la prospection commerciale, puisqu’elle permet à la fois d’identifier des cibles potentielles et de débuter le renseignement d’une fiche client.

Argumentaire commercial = écriture efficace

La mise en forme des argumentaires commerciaux, qu’ils soient destinés à être entendus ou lus, répond une fois encore aux mêmes impératifs que ceux régissant généralement une production écrite visant à transmettre des informations : simples et concrets. Dans mes formations Ecriture efficace : rédiger rapidement et simplement, ce sont des aspects que je met systématiquement en avant, mais je me rends compte rétrospectivement que je n’insiste sans doute pas assez sur les applications possibles dans le domaine de la prospection commerciale.

Et si les principes et objectifs de la veille concurrentielle sont assez évidents pour chacun, elle peut également être un point d’entrée pour définir et découvrir de nouveaux clients potentiels, soit perdus par les concurrents, soit appartenant à une nouvelle catégorie qu’il est possible de démarcher.

Parmi les autres points abordés, beaucoup présentaient une grande similitude avec les problématiques du veilleur : choix du média le plus adapté pour contacter une certaine catégorie de prospects (quelle forme donner aux résultats de la veille pour s’assurer qu’ils soient lus / utilisés) ; définition et choix d’outils disposant d’indicateurs utiles et fonctionnels ; choix, paramétrage et application de filtres pertinents, qui laissent passer juste ce qu’il faut de prospects / informations…

La principale différence réside au final dans le teasing qu’il serait recommandé d’exercer sur ses prospects pour leur donner l’envie de découvrir l’offre (call to action), alors qu’un veilleur aura à cœur de recueillir, synthétiser et livrer le plus d’informations utiles possibles.

Quelques semaines après cette conférence, cette constatation et ces parallèles me confirment une nouvelle fois que la veille, l’écriture efficace, la littératie, la gestion des informations sont des compétences qui doivent désormais être maîtrisées par tous les professionnels, tant les nouveaux outils et nouveaux médias sont omniprésents dans toutes les phases de la vie d’une entreprise. La veille n’est en fait qu’une façon rationnelle, opérationnelle et prospective de concevoir et d’aborder les informations, qui sont au cœur de tous les processus.

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