#EducationAuxMedias et #EMI @Superdemain : une vision globale des usages numériques

Associé depuis de nombreuses années à l’association d’éducation aux médias lyonnaise Fréquence Ecoles, j’ai participé le 8 juin 2018 à ma 7ème édition du rendez-vous annuel Superdemain. Cet évènement  a pris cette année la forme d’un Forum des compétences numériques et des métiers de demain et s’est tenu dans l’enceinte du Lycée Lafayette de Clermont-Ferrand.

Superdemain au Lycée Lafayette de Clermont-Ferrand

Superdemain au Lycée Lafayette de Clermont-Ferrand @Seb Fotovideo

La galaxie des technologies et des compétences techniques et comportementales était organisée autour de quatre grandes thématiques :

– Identité Numérique & Réseaux Sociaux ;
– Data & Fabrication Numérique ;
– Code, Robotique & Algorithme ;
– Informations et Communication.

Le parcours et les contenus pédagogiques devaient en outre être accessibles à tous les participants : élèves du secondaire, professeurs, professionnels de l’éducation et de l’accompagnement des jeunes, décideurs politiques locaux et régionaux…
L’objectif de la journée est d’amener tous les participants à découvrir eux-mêmes que ce sont les données, les algorithmes et leurs usages qui sont à la base de toutes les technologies et applications qui leur ont été présentées.

Qu’ils s’agisse :
– des images et textes émis par les participants de la Social Media Room ;
– des instructions fournies aux robots de l’espace Code, Robotique et Algorithme ou à l’imprimante 3D des Makers ;
– des autoportraits que nous fournissons aux exploitants des médias et réseaux sociaux ;
ce sont bien les données (=data) qui sont à la base des développements technologiques les plus récents.

Et il semble que c’est la direction générale indiquée par les innovations technologiques et économiques à venir.

Exploiter les données ET éviter d’être exploité par ses données

De nombreuses locutions à la mode (big data, data scientist, data driven…) ont familiarisé le grand public avec le terme Data. Mais il n’est pas forcémment clair pour tout le monde qu’il peut s’agir de « likes », de coordonnées GPS, de #hashtags, de commentaires, de prix de vente, d’historiques de navigation, d’horaires et de méthodes de connexion…
En leur permettant de constater que ces fameuses données sont très hétéroclites et que nombre de nos activités quotidiennes (allumer son téléphone, valider un titre de transport, rechercher des informations sur Internet, programmer un enregistrement, envoyer un mail…) en génèrent sans que nous en soyions nécessairement conscients, nous cherchons à leur faire toucher la variété des usages qui pourront en être faits par des entreprises privées ou des organismes publics.

Espace Identité Numérique & Réseaux Sociaux de Superdemain @Seb Fotovideo

Il est d’ailleurs intéressant de souligner que dans l’espit de nombreux utilisateurs, il est encore difficile de distinguer les aspects quantitatifs des données (l’enveloppe Data, le réseau de données…) des enjeux qualitatifs (la nature des données et des usages qui peuvent en être faits).

L’interêt des espaces présentés à Superdemain est qu’ils abordaient et illustraient tous une facette de ces Data. Cet aspect des nouvelles technologies était très rapidement présenté aux visiteurs, soit via leur exploitation à but commercial, soit en montrant l’utilisation que peuvent en faire les citoyens qui décideraient d’en prendre le contrôle.

Il est indispensable d’expliciter la nature exacte de ces fameuses données. Mais cette connaissance ne suffit pas à comprendre comment les Gafam (et les autres) en tirent profit et pourquoi ils sont donc prêts à beaucoup de manipulation pour en poursuivre l’exploitation en toute tranquilité.
Pour comprendre cela, il faut s’intéresser au second fil rouge de Superdemain : les algorithmes.

Les algorithmes, moteurs alimentés par des data

J’ai été assez étonné lorsque mon fils de cinq a commencé à me parler d’algorithme à propos d’un travail qu’il avait effectué en Maternelle : il s’agissait pour lui d’enfiler sur une ficelle des perles de couleurs en respectant un ordre bien défini : l’algorithme.

Si Wikipédia fournit une définition très complète et détaillée de l’algorithme, il suffit d’expliquer qu’il s’agit d’une méthode permettant de décomposer une opération complexe en une suite d’opérations simples. Les données sont alors à la fois les objets et les résultats des algorithmes : c’est ainsi que nos historiques d’achats sur Amazon (data) alimentent un algorithme qui nous soumet des recommandations (data) et que nos réactions (data) à ces recommandations permettent d’affiner l’algorithme pour en renforcer l’efficacité (= transformation de recommandations en achats).

Comprendre la mécanique des recommandations pour s'émanciper de la pression publicitaire

Comprendre la mécanique des recommandations pour s’émanciper de la pression publicitaire @Seb Fotovideo

Dans la société dans laquelle nous évoluons, il pourrait être tentant de considérer que data et algorithmes sont des outils aux conséquences globalement négatives (pression publicitaire, mise en avant de contenus massivement appréciés plutôt qu’appréciables, atteinte à la vie privée, etc…).
Comme dans toutes les productions de Fréquence Ecoles, ce n’est pourtant ni l’objectif, ni l’intention des présentations et ateliers.
Data et algorithme ne sont instrinsèquement ni bons ni mauvais.
C’est du côté des usages que toutes les dérives sont possibles.

L’importance de la compréhension des principes d’un algorithme découle essentiellement de la possibilité des citoyens, consommateurs et professionnels, de s’approprier la pensée algorithmique pour améliorer leurs performances et leur compréhension des enjeux du numérique et des opportunités qu’il recelle.

Pour adopter ou développer une pensée algorithmique, il faut commencer par s’approprier les briques élémentaires des NTIC (principes binaires de l’informatique, nature et fonctionnement d’Internet, nature et usages des données, principe de l’algorithmie).
L’objectiuf est ensuite d’être capable d’analyser finement diverses problématiques en les décomposant en questions simples.
Questions auxquelles il est aisé d’obtenir des réponses pour avoir une vision complète, réaliste et non biaisée des diverses options disponibles.

Comprendre les data et les algorithmes, c’est au final faire disparaître la magie de l’informatique et de l’Internet pour voir ces merveilleux outils de communication pour ce qu’ils sont réellement (et pour ce qu’ils pourraient être !).

Ce qui nous amène aux usages, mantra de Fréquence Ecoles pour tout ce qui touche aux nouvelles technologies et enjeu majeur de l’appropriation pour toutes les catégories d’utilisateurs.

Pensée algorithmique et usages d’internet

Pour envisager les usages que des tiers peuvent avoir de nos données, il convient d’accepter un postulat de base de l’économie et de la sociologie : les actions découlent des incitations que recoivent les acteurs d’un système. Pour les entreprises privées, l’incitation est (globalement) le gain financier. Pour les individus et les organisations à but non lucratif, il peut s’agir de l’influence, du pouvoir ou de la sécurité.
Accepter ou refuser en toute conscience de fournir certaines données personnelles nécéssite d’être capable d’imaginer ce qui pourra en être fait.

Renseigner un questionnaire pour améliorer la prise en charge des malades n’est pas équivalent à répondre à une enquête pour concevoir des emballages encore plus attrayants pour les enfants… Pour choisir de répondre à l’un mais pas à l’autre, il faut être capable de formuler les objectifs et intentions des émetteurs et d’imaginer ce qu’ils pourront tirer des données que nous acceptons de leur fournir. Pour cela, il faut être capable de penser comme eux.

Ce n’est qu’en maîtrisant la notion de données, d’algorithme et en comprenant les objectifs des organismes qui tentent de les exploiter que l’on peut prendre des décisions éclairées dans ce domaine.

Objets et acteurs des usages numériques

Mais, chez Fréquence Ecoles, lorsque l’on parle des usages, il s’agit surtout de ceux qui devraient être développés par tout un chacun pour exploiter tous ces outils, afin de gagner en compétences, en réactivité, en employabilité, etc.
Une fois les notions de data et d’algorithmes intégrées, observer les NTIC par le biais des usages, c’est ôter toutes les couches de complexification volontaire et de jargon technologique pour faire comprendre à chacun qu’il n’est nul besoin d’être informaticien pour utiliser intelligement un outil informatique connecté.
C’est, par exemple, expliquer qu’utiliser un média social pour faire connaître un service, un produit ou une opinion recquiert des compétences communicationnelles, rédactionnelles et iconographiques, et non technologiques.
C’est également comprendre qu’utiliser efficacement un moteur de recherche est à la portée de chacun à partir du moment où l’on accepte de l’utiliser pour vérifier une hypothèse plutôt que pour lui poser une question.
C’est, enfin, accepter que la valeur ou l’utilité d’une pièce produite par impression 3D réside dans sa conception, et non dans la machine qui la fabrique au final.

S’intéresser et promouvoir les usages d’internet, des médias sociaux, de la fabrication additive, de la robotique, c’est tenter de faire comprendre à chacun que ces domaines ne doivent pas être les prés carrés des experts de l’informatique, de l’industrie, du marketing ou de la communication, mais que chacun a les moyens d’en faire des outils au service de son métier, de sa créativité, de ses loisirs et passions, etc.

Et c’est parcequ’au fil des discussions, ateliers et rencontres de cette édition de Superdemain, j’ai eu régulièrement la sensation de permettre à mes interlocuteurs d’entamer ce parcours vers une compréhension globale et décompléxée de ces enjeux qu’une fois encore, j’ai éprouvé une réelle satisfaction à l’issue de cette journée harassante, mais joyeuse et conviviale.

 

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De l’ éducation aux médias à l’éducation parentale, par un professionnel de l’information

Se présenter comme un consultant et formateur en communication écrite et veille stratégique peut parfois susciter plus d’interrogations que de compréhension, et c’est donc très souvent que j’explique mes métiers en précisant que je suis un professionnel de l’information. Pour les entreprises, les collectivités et les associations, les applications de mes compétences sont au final assez simples à expliquer : un accès accéléré et simplifié à des informations utiles et des prises de paroles efficaces sur les supports de communication qui sont les leurs.

Mon parcours m’a amené il y a déjà une quinzaine d’année à travailler avec et pour l’association lyonnaise d’éducation aux médias Fréquence Ecoles, qui intervient désormais dans toute la région Auvergne Rhône-Alpes, quand ce n’est pas au-delà. En déblayant il y maintenant plus de 20 ans l’immense chantier de l’éducation aux médias alors que très peu de personnes avaient à ce moment conscience de l’importance de l’exercice, Fréquence Ecoles est devenue une structure référente en France et en Europe.
Jusque récemment, mes interventions concernaient essentiellement la conception et l’animation de séances et d’ateliers dédiés aux médias sociaux, à la création de contenus rédactionnels et aux différents usages que font les acteurs de l’Internet des données que nous leurs fournissons plus ou moins consciemment.

Tour d’Auvergne Rhône-Alpes de l’éducation parentale aux écrans

En plus des élèves, des professeurs et animateurs de tous genres, c’est auprès de parents que les intervenants de Fréquence Ecoles mènent depuis plusieurs années, et plusieurs mois en ce qui me concerne, un véritable tour d’Auvergne Rhône-Alpes de l’éducation aux médias.

Accompagner le développement des compétences médiatiques et numériques des jeunes

Du moins le pensais-je, jusqu’à ce que le subtil Directeur du Collège de la Tourette, dans le 1er arrondissement de Lyon, ne vienne me voir en fin d’intervention pour se féliciter des deux heures d’éducation parentale auxquelles il venait d’assister. Éducation parentale ? Je n’aurais pour ma part jamais songé à intituler ainsi les échanges autour des écrans, des enfants et des parents que j’ai la charge d’animer.
Et pourtant…
Des quartiers de banlieue lyonnaise aux collèges et lycées de centre-ville en passant par les communes rurales, les craintes, idées reçues et approximations sont quasiment les mêmes. J’ai en effet été étonné de constater que même parmi les parents les plus « connectés », leurs compétences personnelles ou professionnelles ne les rendaient pas beaucoup plus aptes à encadrer les usages d’Internet de leurs enfants. Et donc, bien que le terme m’ait semblé dans un premier temps un peu grandiloquent et inadapté (je suis un professionnel de l’information, pas un papa professionnel !), j’en suis venu à considérer qu’effectivement, je faisais de l’éducation parentale, et que cela pouvait être plutôt utile et efficace.

Le premier point commun à tous les participants à ces conférences / débats, outre qu’ils sont par définition les plus sensibilisés à la question puisqu’ils sont présents, c’est qu’ils ont oublié ce que c’était d’être jeune. Ou qu’ils considèrent que la société a tellement changé que leurs usages passés n’ont aucun rapport avec ceux de leur progéniture.

Des outils qui changent mais des usages qui perdurent

C’est donc le premier élément important que je tente systématiquement de leur transmettre : si les outils ont changé, les besoins et les attentes des enfants et adolescents sont assez proches de ceux de leurs parents lorsqu’ils avaient leur âge. Et il est toujours utile pour évaluer une situation impliquant des enfants et des écrans de tenter de la transposer dans le monde d’avant les smartphones et snapchat.

  • ils sont collés à leur smarthone <> nous passion deux heures au téléphone chaque soir à parler à des amis que nous avions côtoyé toute la journée ;

    Les outils changent, les usages sont les mêmes

    Les outils changent, les usages sont les mêmes

  • ils ingurgitent de la télé-réalité <> nous ne rations aucun épisode d’Hélène et les Garçons ;
  • ils jouent à des jeux vidéo <> nous jouions à des jeux vidéo (ou électroniques pour les plus anciens) ;
  • ils imitent les stars d’Instagram <> nous singions les stars des clips…

Quelle est donc la différence entre leurs usages et les nôtres ? Les outils, de façon quasiment exclusive. Ces smartphones, tablettes et consoles que les parents en viennent à rendre responsables de tous leurs maux, avant que je ne me fasse un plaisir de leur rappeler qu’ils sont ceux qui en ont équipés leurs enfants. Il est toujours intéressant de constater que ces adultes, probablement majoritairement fiers de leurs capacités à prendre leurs propres décisions, sont prompts à souligner le poids de la société de consommation, les suppliques de leurs enfants et la pression qu’exercent sur eux leurs camarades pour justifier de les équiper de smartphones dès leur entrée au collège (plus tôt pour certains !).
Une fois posé le fait qu’il est assez hypocrite de se plaindre que leurs enfants utilisent les outils qu’ils leur ont eux-mêmes mis entre les mains, il est temps d’aborder le second point important.

Le prétendu 6ème sens des digital-natives

De très nombreux parents considèrent que leurs enfants sont de facto plus compétents qu’eux en ce qui concerne les nouvelles technologies en général et les médias sociaux. Que ce soit parcequ’eux-mêmes ne les maîtrisent pas ou parcequ’ils ne s’y intéressent pas, c’est leur argument pour réclamer pêle-même :

  • que l’école fasse le boulot ;
  • que les plateformes soient plus surveillées et régentées ;
  • que des plateformes spécifiques aux jeunes soient développées (et accessibles gratuitement mais sans utilisation des données, parcequ’on va pas payer pour ça, non plus…)

Ces demandes reposent sur une série d’erreurs, dont les principales concernent la tendance à surévaluer les compétences des jeunes et à sous-évaluer les compétences des parents, qui agissent ainsi soit par humilité excessive, soit par paresse.
Comme je l’explique très régulièrement, les capacités d’auto-diagnostic des jeunes sont très mauvaises, et un élève de collège qui sait ouvrir un logiciel de traitement de texte, créer un nouveau document, l’enregistrer et le retrouver le lendemain s’auto-évaluera « expert » du-dit logiciel, quand son parent qui sait faire la même chose a conscience de ne maîtriser qu’une infime partie des possibilités offertes par l’outil.
En outre, les jeunes n’ont pas d’appréhension à utiliser un terminal informatique, quant un adulte qui en connaît le prix et la complexité hésitera beaucoup plus. Mais l’absence apparente de craintes des jeunes ne doit pas être confondue avec une maîtrise des outils, il suffit de parler avec eux quelques instants du fonctionnement d’internet ou d’un outil informatique pour s’en rendre compte.

Les digital natives n’existent pas

La seconde erreur est la prétendue absence de compétences des parents, qui confondent les technologies (complexes) qu’utilisent leurs enfants et les usages (simples) qu’ils en ont. Rares sont les adolescents qui comprennent effectivement comment fonctionne Snapchat, qu’ils sont pourtant une majorité à utiliser dès l’âge de 13 ans (dans le meilleur des cas). Le parent qui ne sait pas plus que ses enfants comment fonctionne ce media social se sent donc dans l’incapacité d’accompagner les usages. Et pourtant, point n’est besoin de connaître l’algorithme ou le système de stockage de Snapchat pour aider un jeune à choisir une photo de profil valorisante et correcte ou pour faire le tri dans ce qui peut y être partagé et ce qui ne devrait pas l’être.

Les compétences primordiales pour un usage intelligent d’Internet et de médias sociaux comme Snapchat, Instagram ou autres, sont comportementales, et non techniques. Et par définition, dans ce domaine, les parents sont toujours plus compétents que leurs rejetons.
Plus compétents, à condition bien évidemment qu’ils acceptent de s’y interesser, qu’ils comprennent que les bijoux de technologies qu’ils fournissent à leurs enfants pour pouvoir les contacter à tous moments ne sont pas livrés avec un mode d’emploi, et que c’est à eux de leur transmettre les bases d’un comportement acceptable en société, que les interactions soient physiques ou en ligne.

Une fois celà dit, il reste encore souvent à expliciter le façon dont un adulte, imaginons-le aussi inintéressé et incompétent dans ces domaines que possible, peut effectivement accompagner les usages numériques de ses enfants.

Une posture active et la capacité à échanger sur les usages

Pour un parent qui souhaite encadrer les usages numériques de ses enfants, la première priorité devrait être de s’assurer qu’ils savent effectivement ce qu’ils veulent faire et qu’ils soient capable de le trouver.
De nombreux parents se plaignent du temps passé par leurs enfants sur Youtube, ou des contenus sur lesquels ils peuvent tomber au détour d’une recommandation algorithmique. Il faut bien comprendre que Youtube n’a pas de contenu-type : on y trouve le meilleur (des tutos, des clips de musique de qualité, des courts-métrages, etc..) et le pire (des vidéos propagandistes, des clips de jingles commerciaux sexistes…) et qu’il ne tient qu’aux parents de ne pas s’arrêter à « oui, tu peux regarder des vidéos sur youtube » mais de poser des questions, comme « qu’est ce que tu veux regarder comme vidéo ? ». Idéalement, la question est reposée à la fin de chaque contenu pour que l’utilisateur choisisse les contenus qui l’intéressent (c’est le principe et la magie d’internet par rapport à la télévision) plutôt que de subir des recommandations basées sur le panurgisme humain et les investissements publicitaires.
Sur ce principe, je propose régulièrement à mes enfants des « jeux de piste » numériques qui les obligent à formuler au préalable leurs envies et à apprendre à utiliser un moteur de recherche pour tenir compte des embûches que je sème sur leur chemin (« oui, tu peux écouter cette chanson, mais tu dois trouver un live, ou le morceau, mais sans le clip…).

Le second objectif de parents qui souhaitent s’assurer des bons usages numériques de leurs enfants est tout aussi simple et repose sur la même capacité : poser des questions.

Ce qui manque aux parents, c’est du temps, pas des compétences

Faire dire pourquoi l’un souhaite s’inscrire sur tel service, leur faire formuler ce qu’ils ont ressenti lors d’une séance de jeux vidéo, les interroger sur ce qu’ils ont préféré dans un film ou un dessin animé : autant de moyens de connaître et comprendre ce que veulent et obtiennent les enfants et de se positionner comme un recours le jour où ils auront besoin d’un accompagnement spécifique.

Ce qui manque, c’est le temps, pas les compétences

Ces attitudes ne demandent aucune compétence particulière, mais peuvent prendre du temps, ce temps que beaucoup de parents (moi y compris, de temps en temps, il faut bien le reconnaître) cherchent à gagner en cédant aux demandes de leurs enfants et en leur fournissant l’écran qu’ils demandent. Il n’est évidemment pas question pour moi de dire ici que chaque interaction enfant / écran devrait systématiquement se faire sous l’égide d’un parent, mais bien de considérer que l’inscription à un service, la découverte d’un nouveau jeu vidéo (…) sont des moments où il est pertinent de consacrer du temps à cette relation enfant / écran / parent pour que la famille puisse en tirer le meilleur sans que le média ne deviennent un obstacle entre les générations, mais bien une interface et, pourquoi pas, un lien.

La #Veille : 70% d’humain et 30% d’informatique

J’ai récemment été contacté par le dirigeant d’une division d’un grand groupe lyonnais (dont je tairai le nom puisque nous n’en sommes, je l’espère, qu’au début de nos échanges) qui souhaitait améliorer et formaliser les processus de veille utilisés pour repérer les opportunités d’affaires, obtenir rapidement les appels d’offres afférents et identifier les contacts à solliciter. Jusqu’à maintenant, ce sont soit des stagiaires, soit des collaborateurs divers qui assuraient cette tâche de façon certes efficace, mais un peu hiératique et sans normalisation des procédures, livrables, etc.

70% humain, 30% informatique

La Veille : 70% humain, 30% informatique

Bien qu’il s’en soit défendu à de nombreuses reprises, mon interlocuteur a une compréhension assez complète des enjeux et processus de veille tels que je les conçoit moi-aussi, puisque c’est lui qui a d’abord prononcé cette phrase qui me sert de titre : « la veille, c’est 70% d’humain et 30% d’informatique ».

Automatiser ou ne pas automatiser, voilà la question…

Si cette affirmation fera sans doute bondir les tenants de l’automatisation de la veille, elle est particulièrement adaptée à la situation, et voilà pourquoi :

Partant d’un listing d’items servant de base aux actions commerciales de la société, le dirigeant m’a ainsi expliqué qu’il souhaitait désormais approfondir et élargir le périmètre d’informations recherchées.
Par approfondir, il entendait obtenir des informations complémentaires pour chaque ligne du tableur : différentes parties prenantes (partenaires, commanditaires, cibles…), contacts pertinents et coordonnées.
Par élargir, il entendait trouver de nouveaux items comparables à ceux déjà répertoriés pour multiplier les opportunités de business.

Pour résumer, et parce que c’est toujours le point de départ d’une stratégie de veille fructueuse, son objectif est d’obtenir un plus grand nombre de leads ou de données permettant d’en générer.
Et pourquoi ces objectifs rendent-ils une forte automatisation difficile ou peu souhaitable ?

La nature des attentes, des activités et des contraintes de la société font que l’essentiel de la tâche concerne la recherche d’informations, plutôt que la veille proprement dite. Les items et données qui leurs sont rattachées sont évidemment à placer sous surveillance afin de ne pas en rater le cheminement et les modifications. Mais le type d’informations dont il s’agit (je ne vous en dirai pas plus) rend ce processus finalement assez peu complexe, la principale difficulté concernant la caractère polyglotte des sources à suivre.

De l’impossibilité de trouver ce que l’on ne cherche pas

En ce qui concerne la volonté d’approfondissement, il est en effet nécessaire d’analyser régulièrement et précisément les informations émises en lien avec chaque item afin d’y déceler de nouveaux éléments utiles : nouveaux intervenants, modification des attributions, évolution des aspirations et des contraintes… Autant d’éléments qui sont donc inconnus jusqu’à ce qu’on les ait trouvés. Ce qui limite grandement les possibilités d’automatisation en amont, puisqu’à ma connaissance, il n’y a pas de solutions qui permettent de surveiller ce que l’on ne recherche pas encore. J’ai un temps utilisé une solution (dont j’ai oublié le nom car je n’en étais pas très satisfait, notamment en raison de l’ergonomie) qui permettait d’extraire d’une page web différents éléments notables : noms propres, mots récurrents, liens, etc. Même avec un outil de ce type, il reste toutefois à qualifier les rôles de chaque intervenant cité, ce qui n’est généralement faisable qu’en prenant connaissance du contenu adjacent. L’approfondissement recherché consiste au final à détecter manuellement de nouveaux éléments à placer sous surveillance, puis à examiner régulièrement les nouvelles occurrences.

Pour l’élargissement, la composante humaine semble encore plus prépondérante, puisqu’il s’agit d’imaginer ou de repérer de nouveaux items, non placés sous surveillance, qui présentent suffisamment de points communs avec ceux déjà suivis pour qu’il soit potentiellement pertinent de déclencher une prospection. A partir de l’activité proprement dite de la société et des critères qu’il est possible de modifier tout en restant dans ses domaines de compétences, il convient donc de rechercher ce qui n’a pas encore été identifié comme des opportunités d’affaires.

Une veille rigoureuse ET créative

La créativité est grande en lui

Créativité et rigueur

Même si je ne prétendrais pas ici maîtriser l’intégralité des outils de recherche avancée des différents moteurs, il ne me semble pas qu’il existe de commande « rechercher quelque chose qui s’apparente à ».
Il s’agit donc de travailler par analogies, rapprochements et en favorisant la pensée latérale : autant de compétences qui ne sont pas les caractéristiques premières d’un outil informatique.

C’est cette capacité à imaginer de nouvelles informations et de nouvelles sources à surveiller qui fait selon moi tout l’intérêt de la profession de veilleur, en faisant de ses praticiens des hybrides de documentalistes rigoureux et de créatifs capables de partir en quête de nouveaux critères improbables, mais, parfois, très performants.

Cela étant dit, je connais des veilleurs qui sont d’excellents pilotes d’outils très complexes mais qui éprouvent de grandes difficultés à imaginer de nouveaux critères de recherche. Il s’agit généralement d’informaticiens brillants, capables de créer un lecteur de flux maison en quelques lignes de code ou d’écrire des algorithmes pour gérer d’immenses bases de données. Ils leur manquent cependant d’après-moi le « sens » de l’information qu’une formation au journalisme et une longue pratique de la veille manuelle m’a permis d’acquérir, en complément de la curiosité et de la mémoire que je m’acharne à conserver et à aiguiser. Si ces veilleurs « technos » font manifestement d’excellents data scientists, ils peuvent éprouver des difficultés lorsqu’il s’agit d’approfondir, mais surtout d’élargir, une stratégie de veille.

Application de la #veille : je suis devenu coach #réseaux sociaux

Je parle ici régulièrement de ce que la veille peut apporter aux entreprises et aux professionnels qui décident de se lancer dans cette démarche. Aujourd’hui, c’est d’une autre application de la veille dont je compte vous parler. Ayant choisi pour développer mon activité d’avoir recours à une société de portage salarial implantée à Lyon, je suis régulièrement en contact avec d’autres consultants de la région Auvergne Rhône-Alpes, avec lesquels il nous est régulièrement proposé d’échanger quant à nos offres et opportunités d’affaires. C’est ainsi qu’à l’issue d’une énième explication des tenants et aboutissants de la veille et de ses applications, notamment dans le domaine des réseaux sociaux, j’ai été sollicité par une autre consultante pour l’aider à optimiser son compte LinkedIn.

De prime abord, on pourrait considérer qu’il s’agit là de deux compétences différentes et que j’aurais dû décliner la demande. Mais je ne l’ai pas fait, et voilà pourquoi :

  • la matière première d’un compte Linkedin performant, ce sont les informations émises ;
  • la curation régulière de contenus est un bon moyen d’animer un compte sans avoir à produire soi-même tous les contenus ;
  • l’optimisation d’une présence sur LinkedIn dépend des objectifs de son détenteur, de ses capacités et de ses moyens, autant d’éléments qu’un veilleur professionnel apprends à déceler et formuler auprès de ses clients.

Dans une certaine mesure, et une fois les questions de paramétrage réglées, l’amélioration et l’animation d’un compte sont essentiellement liées aux informations mises en avant et aux commentaires / éléments de contextualisations / idées de la personne qui les partage. En fait, et je m’en fais régulièrement la remarque, les réseaux sociaux, professionnels ou grand public, sont les plateformes sur lesquelles les liens qui unissent Communication écrite et Veille stratégique sont les plus tangibles.

J’ai donc abordé la problématique de ma cliente dans l’ordre habituel des missions de ce genre : quels sont ses objectifs ? ses cibles ? de combien de temps dispose t’elle ?

Nous avons ensuite, ensemble puisque l’idée est qu’elle accède le plus rapidement possible à l’autonomie dans ce domaine, commencé par choisir la meilleure photo de profil et écrit un nouveau texte de présentation, en tentant d’adopter le discours la plus adapté à l’auditoire qui est le sien.
Comme nous partions d’un compte existant, cette première étape a été assez simple et rapide.

Être pro-actif par rapport à l’information

Comme de nombreux utilisateurs de réseaux sociaux, ma cliente ne percevait jusqu’alors pas l’utilité de partager des contenus trouvés sur LinkedIn, considérant qu’il était inutile de « faire tourner » des informations qui étaient déjà publiées, puisque visibles sur son mur.
La première étape de l’explication a donc consisté à l’amener à imaginer pour chacune des informations qui lui étaient proposées quelles décisions pouvaient potentiellement être impactées. Puis à identifier les personnes qui seraient en mesure de les exploiter utilement. Nous avons ensuite été chercher dans ses contacts des profils correspondant aux critères ainsi définis, pour constater qu’ils ne suivaient pas les mêmes sources que ma cliente, qui pouvait ainsi leur rendre service en leur fournissant ces informations potentiellement utiles.

Cette méthode consistant à identifier les conséquences possibles d’une information et les personnes pouvant en avoir l’usage est exactement identique à celle que je déploie dans les ateliers de sensibilisation à la veille.

On ne s’énerve pas et on partage les informations intéressantes et utiles

Une fois l’utilité du partage d’informations sur les réseaux sociaux établie, la question suivante concernait  l’alimentation des flux destinés aux autres utilisateurs. Nous nous sommes donc attelés à la question des sources, avec les méthodes habituelles d’un lancement de veille : recherche de contributeurs de référence (réseaux sociaux, sites, blogs…), analyse de leurs propos, choix de ceux qui proposent les contenus les plus en accords avec les besoins de la cliente, etc. Cette séquence m’a également permis de souligner la pertinence d’une démarche visant à trouver en dehors de LinkedIn des contenus qui pourraient intéresser les utilisateurs une fois qu’ils y seraient partagés.

Nos séances de deux heures sont pour l’instant calées  à un rythme bimensuel, ce qui nous a également amené à nous interroger sur le chaud et le froid en terme de communication. En fonction des articles et informations dont elle dispose, ma cliente m’a en effet interrogé quant au timing des publications, partages, etc. J’ai ainsi pu lui faire comprendre les notions de sujets chauds ou froids, qui nécessitent pour les premiers des (ré)actions rapides, alors que les seconds sont parfaits pour alimenter un calendrier éditorial de moyen / long terme.

La veille comme moyen d’alimenter des comptes de réseaux sociaux

Au fur et à mesure de la montée en compétence de ma cliente, les questions et problématiques ont évolué pour s’orienter plus clairement vers la stratégie de communication qu’elle pouvait effectivement adopter dans le temps. Si ma casquette de consultant en communication écrite m’a alors été très utile, la connaissance des options et tendances de la communication sur les réseaux apportée par mes activités de veilleur et de consultant en veille se sont également révélés pertinentes.

Je sais d’ores et déjà que les prochaines séances seront probablement dédiées à la création de contenus propres, ce qui me permettra de transmettre mes compétences dans le domaine de la rédaction. Cette aspiration à produire elle-même des contenus à partager l’amènera de façon quasi-certaine à se former dans le domaine de la veille, pour disposer d’un flux propre d’idées et d’informations relatives à son domaine de compétence.

Ce type de prestation, que je n’avais jamais imaginé proposer, s’est révélé très intéressant et m’a permis d’aborder de nombreux sujets qui me tiennent à cœur : définition d’une information, formulation efficace, procès de diffusion, évaluation des sources, compréhension globale des principes de la communication offline / online, etc. Je n’ai jamais abordé ces séances comme du coaching a proprement parler, il s’agit pour moi de conseil. Ma cliente a un jour utilisé cette formule, probablement adaptée du fait de l’aspect très personnel d’interventions qui amènent à s’interroger sur ses motivations, ses aspirations, ses valeurs, etc. Et finalement, cela donne un titre plus percutant que « Application de la #veille : comment je suis devenu consultant #réseaux sociaux ».

Pour une #veille réussie, oubliez la technologie

A force de rencontrer des prospects et clients pour leur présenter les bénéfices qu’ils pourraient tirer de l’adoption d’une démarche de veille, j’ai désormais une vision assez précise de ce qui freine encore le développement de la discipline dans les (très) petites et moyennes structures. L’idée selon laquelle une stratégie performante repose sur l’usage intensif de technologies complexes et coûteuses en fait partie.

Pourtant, ne faire reposer une stratégie de veille que sur des dispositifs technologiquement avancés revient à oublier trois points importants :

  • les informations se trouvent partout autour de soit, et pas uniquement en ligne ;
  • la performance d’une veille se décide avant le déclenchement de la composante technologique ;
  • la valeur ajoutée d’une veille découle des prises de décision éclairées qu’elle permet.

L’auto-citation, la solution aux problèmes de droits d’auteur

Dans le secteur industriel, il ne viendrait à personne l’idée de considérer que c’est l’ouvrier ou le robot qui assemble une pièce ou une machine qui est la principale source de valeur ajoutée. Bien souvent, l’essentiel de la valeur d’un produit ou d’un service émane des ingénieurs qui l’ont conçu ou du service qui a identifié le besoin auquel il répondra.
Il en va de même pour la veille stratégique : les étapes primordiales concernent l’identification des besoins de l’entreprise, la formulation de la stratégie à soutenir, le choix des axes de surveillance puis l’analyse des résultats obtenus, la construction d’hypothèses de conséquences et d’actions à mettre en œuvre et la prise de décisions éclairées.

Dans l’esprit des entrepreneurs que je rencontre, la prépondérance de la composante technologique de la veille s’accompagne toujours d’autres réticences relatives au coût de la démarche, au manque de temps, de compétences en interne, etc.
Ainsi, les ressources technologiques à déployer semblent régulièrement servir de fondations au sentiment du « ce n’est pas pour moi » qui anime de nombreux professionnels lorsque le sujet de la veille dans leur entreprise se présente.

La veille n’est pas une technologie, mais une posture

Le pas le plus important à franchir pour commencer à exploiter les informations comme matières premières de l’innovation et de la performance n’est ni technologique ni coûteux, mais il n’en est pas moins difficile. Il s’agit en effet d’accepter de libérer l’information à l’intérieur d’une entreprise : formuler et diffuser les orientations stratégiques, les enjeux, les contraintes, les opportunités, les projets. Il n’est bien sûr pas question de faire circuler sans contrôle des informations sensibles et dont la divulgation à des concurrents pourraient porter préjudice à l’entreprise. Il est question de communiquer à ses collaborateurs les éléments indispensables à la compréhension globale de la marche des affaires. Ce n’est en effet qu’à cette condition qu’une veille low tech peut être déployée efficacement dans une entreprise. La puissance d’outils complexes et coûteux peut alors être remplacée par l’intelligence collective de spécialistes ayant chacun une vision particulière de leurs métiers et des progrès qui peuvent être obtenus.

La veille frugale n’est pas une veille au rabais

Alors que partout des inquiétudes, justifiées, émergent quant aux utilisations pouvant être faites des données émises par les personnes et les organisations, alors que la main-mise des grands groupes sur des pans entiers de l’économie amène chacun à s’interroger sur les méthodes à privilégier pour conserver le droit à l’initiative et à l’indépendance, c’est vers la frugalité qu’il faut se tourner pour conjuguer performance et autonomie. Au même titre que l’innovation frugale permet d’adresser simplement et efficacement diverses problématiques, la veille frugale permet de construire des systèmes d’accès à l’information efficaces, maîtrisés et peu coûteux.

La veille frugale : l’efficacité sans les coûts

Comme pour l’innovation du même nom, la veille frugale repose sur la primauté des acteurs sur les outils qu’ils exploitent. Adopter une telle méthode, c’est accepter que la composante technologique ne répond au final qu’aux impératifs d’automatisation de tâches pouvant par ailleurs être efficacement réalisés par des êtres humains : recherche d’informations, qualification de sources, rédaction de synthèses…

C’est parce que les bonnes pratiques inhérentes à une veille frugale sont par définition difficiles à formater et à packager qu’il est plus facile de présenter et commercialiser un outil « tout en un » sensé répondre à toutes les attentes sans nécessiter l’engagement de tous les collaborateurs. Mais c’est parce que je pense que l’économie de la connaissance nous impose de miser sur l’intelligence de chacun plutôt que sur l’automatisation d’un maximum de tâches que j’animerai le 14 juin à Lyon un atelier intitulé Accéder à l’information utile. J’y présenterai mon approche ainsi que des propositions pour entamer la définition et la structuration d’un dispositif de veille frugale potentiellement bénéfique à l’entreprise et à tous ses collaborateurs.

 

Sensibilisation à la #Veille : atelier Connexion Y du 8 décembre

J’anime le 8 décembre de 12h05 à 13h un atelier de sensibilisation à la Veille. De la posture du veilleur à la valeur ajoutée en passant par les étapes importantes et les outils, je m’attacherai une fois encore à rendre simple une démarche qui peut encore apparaître confuse, ou complexe, à de nombreux professionnels. Avec le code DORE-2161, inscrivez-vous gratuitement pour participer à deux des séances au programme. Les inscriptions sont ouvertes sur la plateforme Connexion Y ou sur le site.invitation-lyon-7-8-decembre-nos-lumieres-vous-eclairent-cdore-contact-gmail-com-gmail

#Rédaction de #contenus : 4 préalables et 9 points de vigilance

La création de contenus est un passage obligé pour ceux qui souhaitent cultiver leur identité numérique professionnelle. L’une des principales difficultés de l’exercice est que, si tout le monde sait écrire, rares sont ceux qui sont prêts à accepter et mettre en œuvre les méthodes et étapes indispensables à la création de contenus qualitatifs et adaptés à la publication en ligne. Comme les listes sont sensées être à la mode et attirer les lecteurs, voici la mienne.

A l’occasion d’un atelier Identité Numérique Professionnelle organisé par l’antenne de Limonest de la CCI Lyon-Métropole, j’ai eu l’occasion de présenter et expliquer certains des points importants et quelques astuces utiles pour faciliter la création de contenus.

Les demandes de publication du support de la présentation s’étant depuis multipliées, voici un condensé des éléments abordés.

Une fois qu’un professionnel a choisi et formulé ses objectifs commerciaux et en a tiré ses objectifs en termes de communication, il convient de définir les modalités de la présence en ligne.
Concernant la production de contenus destinés à valoriser l’identité numérique des entreprises et des entrepreneurs, quatre points préalables sont à étudier :

  1. le fond : quels sont les sujets et thématiques qui vont être abordés ? Il paraît logique de traiter des informations relatives au secteur d’activité, mais selon l’offre de chacun, il peut être pertinent d’agrandir ou de resserrer le domaine : l’architecte s’exprime sur le BTP ou la décoration intérieure ? L’informaticien sur une forme de codage bien précise ou sur les difficultés qu’il rencontre lorsqu’il échange avec des non spécialistes ? L’industriel sur ses produits ou sur les carrières dans son secteur ?
  2. la forme : à quoi vont ressembler les publications ? Images, vidéos, textes, dessins, datavisualisations…
  3. le ton : comment le rédacteur s’adresse t’il à ses lecteurs ? Il peut choisir la connivence, l’humour (avec précaution), la rigueur, la vulgarisation, l’expertise, etc.
  4. l’angle : à quelle question tente t’il de répondre ? L’angle est sans doute l’un des préalables les plus importants, mais également l’un des plus difficiles à appréhender. Il s’agit de définir le point de vue de départ de la publication, la façon dont son rédacteur souhaite aborder un sujet rattaché au fond qu’il a choisi.

Si les trois premiers éléments peuvent, et devraient, être définis à long terme, l’angle est propre à chaque nouvelle publication, même si le biais qui le caractérise généralement fait partie de la ligne éditoriale au même titre que les autres préalables.

Choisir et définir la personnalité du rédacteur

Les éléments constitutifs de cette ligne éditoriale dessinent la persona du rédacteur, l’identité qu’il choisit d’adopter lorsqu’il prépare une publication. Il est utile de renseigner une fiche descriptive du rédacteur afin de l’avoir toujours à portée de main et d’éviter ainsi de modifier brutalement la nature des contenus sous le coup d’une envie subite ou d’une émotion. Cela permet également d’unifier des contenus préparés par différentes personnes.

Les trucs et astuces pour une création de contenus efficace

Les trucs et astuces pour une création de contenus efficace

Une fois ces points importants abordés et définis, il « n’y a plus qu’à » entamer la création de contenus proprement dite. Mon domaine de prédilection m’amène évidemment à traiter essentiellement de l’aspect rédactionnel de la production de contenus. Étant donné le fonctionnement des moteurs de recherche, le texte reste en tout état de cause le seul moyen de piloter finement son référencement et donc son identité numérique, même s’il ne s’agit que des mots et phrases qui accompagnent et décrivent une vidéo, une photo, un dessin.

Pour utiliser simplement et efficacement les mots qui portent le sens de ce que vous voulez transmettre :

    1. Définir qui parle et comment il s’exprime : le rédacteur parle t’il à la première ou à la troisième personne ? du singulier ou du pluriel ? S’exprime t’il en tant qu’entreprise ou en tant que personne ? S’il est une personne, est-il un poste (Directeur, Responsable de la com’) ou un individu ? Quel registre de langue va t’il utiliser : soutenu, familier, technique…
    2. Un sujet par publication : pour éviter les publications fleuves qui mettent à rude épreuve l’attention et la patience des lecteurs et éviter de disperser son propos, il vaut mieux éviter de traiter plusieurs sujets / angles par publication. Définissez l’angle de la publication et traitez-le jusqu’au bout, sans vous disperser.
      Vous êtes frustrés car il y a des informations connexes qui semblent importantes ? Bravo, vous avez le matériel pour une AUTRE publication.
    3. Des phrases courtes : c’est à la fois le meilleur moyen d’éviter les erreurs de grammaire et de syntaxe et un bon moyen de conserver l’attention des lecteurs.
    4. Relecture : les fautes et maladresses abîment très rapidement l’identité numérique, alors que c’est justement l’objectif inverse qui est visé. La relecture est donc indispensable pour en supprimer un maximum. L’idéal, c’est de confier la relecture à quelqu’un d’autre. Si vous êtes seul, laissez votre publication reposer quelques jours pour y revenir avec un œil neuf capable de détecter plus efficacement les erreurs. Si vous êtes seul et pressé, vous pouvez relire votre publication en commençant par la fin pour faire sauter les liens logiques qui empêchent parfois d’en détecter les failles.
    5. Entre 500 et 2000 mots : les canons du SEO sont notoirement fluctuants, mais il semble toutefois acquis que les articles trop courts sont moins bien référencés par les moteurs de recherche et que les articles trop longs ne sont lus jusqu’au bout ni par les internautes, ni par les crawlers qui écument le web pour renseigner les moteurs.

      Balise Titre

      Balise Titre

    6. Soigner la titraille, répéter les mots clés : la titraille, c’est l’accroche d’une publication. Il y a, bien sûr, le titre, mais également le chapo, les inter-titres, les légendes… Ces éléments graphiquement différents du corps du texte sont les repères du lecteur. Ils doivent donc être à la fois informatifs et incitatifs. Puisqu’ils sont mis en avant par la mise en page, ces différents éléments sont également idéals pour placer les mots-clés les plus importants. Cela confirme aux hommes et aux machines que le sujet et l’angle annoncés dans le titre sont bien ceux traités dans la publication.
    7. Illustrations : que les illustrations soient des compléments à la publication ou sa substantifique moelle, elles sont importantes pour assurer la satisfaction des lecteurs. Vous pouvez les réaliser vous-même ou en trouver en ligne, en faisant bien sûr attention aux droits d’utilisation. Dans une publication essentiellement textuelle, les illustrations aèrent le texte, reposent l’œil, complètent ou contextualisent le propos et, idéalement, distraient le lecteur.
    8. Écrire pour sa cible : il convient de toujours garder à l’esprit les caractéristiques des personnes que la publication doit informer, séduire ou distraire. Quand et comment consultent-elles vos publications ? Quels mots et concepts maîtrisent-elles ? Quelles sont leurs problématiques et leurs attentes ? Qu’aiment-elles ? Que détestent-elles ?
    9. Éviter les contenus trop promotionnels : que les publications soient destinées à un site internet, à un blog ou à des réseaux sociaux, les lecteurs / prospects préfèrent que vous leur parliez d’eux plutôt que de vous. Pour être utile, agréable et efficace, il est donc plus pertinent de traiter leurs problèmes plutôt que vos solutions. Les gourous du marketing digital estiment que 80% des publications devraient concerner les prospects pour seulement 20% consacrées à l’offre à mettre en avant.

Les bornes que constituent ces trucs et astuces devraient faciliter le balisage du processus de la création de contenu, même s’il faut bien admettre que cela ne règle pas tout si la vrai difficulté réside dans le fait même de prendre la parole et de la diffuser largement…

 

#Rédaction Web : une approche décomplexée

Cyrille Franck, fondateur du site www.mediaculture.fr, a commis pour www.frenchweb.fr un article intitulé Les impostures de «l’écriture web», dans lequel il revient sur les poncifs du genre avec un esprit critique et pragmatique aussi réjouissant qu’instructif.
En reprenant une par une les « figures imposées » de l’écriture web, il propose une approche enfin rationnelle, qualitative et décomplexée de la production de contenus rédactionnels. Je me propose aujourd’hui de reprendre chacune de ses parties pour les commenter / compléter d’un point de vue opérationnel.

Écrire court ?

J'ai écrit court

J’ai écrit court

L’auteur s’élève d’abord contre l’impératif de concision fait aux rédacteurs qui souhaitent écrire pour le web. Je n’avais pour ma part jamais rapproché cette règle communément admise de la supposée frivolité des contenus web et de leurs rédacteurs. Les connotations ne devant cependant jamais être négligées, je prends note de cet intéressant parallèle et le garde dans un coin de ma mémoire.
Cyrille Franck propose donc de remplacer la notion de concision par celle de densité d’information. J’y souscrit totalement.

Pour le blogueur ou le rédacteur qui souhaite évaluer la qualité de son travail, comment mesurer la densité d’un texte ?

Puisque la densité d’un texte est liée à la quantité d’information rapportée au volume du texte, une bonne approche pourrait être de vérifier que chaque phrase apporte une information. Et comme nous sommes sur le Net, que certains lecteurs vous liront sur un petit écran et chahutés dans les transports en commun, il semble approprié de s’astreindre à ne fournir qu’une seule information par phrase.

Une phrase : une idée

Ainsi, l’écriture courte peut être réhabilitée pour la rédaction web, lorsque ce critère s’applique aux phrases, et non aux textes. S’astreindre à ne fournir au minimum ET au maximum qu’une information par phrase est un bon moyen de densifier son propos, de s’adresser à l’intelligence des lecteurs tout en leur facilitant la tâche.
Dans mes formations, je demande aux stagiaires, notamment à ceux qui auraient naturellement tendance à rallonger leurs phrases, de tenter après une première phase de rédaction de remplacer toutes les virgules par des points. Cela évite la multiplication des propositions juxtaposées / coordonnées, permet de supprimer des formules verbales alambiquées et préserve d’erreurs de syntaxes et de grammaire (la concordance des temps ou l’accord avec un sujet trois lignes plus haut).

Multimédia ou pas ?

Si la possibilité d’enrichir une publication de contenus non rédactionnels (images, vidéos, sons) est consubstantielle au média internet, je partage le point de vue de l’auteur concernant le frein que peut constituer l’obligation de brancher un casque ou des enceintes pour profiter d’une vidéo ou d’un enregistrement sonore. Par obligation ou paresse, une proportion non négligeable du lectorat n’accédera pas aux contenus audiovisuels. Il semble donc logique de concentrer l’intelligence du propos dans le texte. Dès lors, quelle peut-être l’utilité des contenus multimédias ?

Dans ma pratique, l’insertion de contenus non rédactionnels a deux objectifs  :

  • aérer le texte, proposer des temps de pause qui rendront l’abord du texte moins austère : ce n’est pas parce qu’on fait dans le sérieux et le dense qu’il faut faire dans le repoussant ;
  • créer des effets de décalage entre le texte et les illustrations : détournements humoristiques, jeu sur la polysémie de certains termes, connotations, etc.
Une image efficace pour aérer un texte

Une image efficace pour aérer un texte

C’est pourquoi je me contente en général d’insérer des images, qui aèrent le texte, l’enrichissent ou le complètent, mais qui ne sont pas indispensables à la compréhension du sujet. Dans l’idéal, les illustrations que je trouve répondent aux deux objectifs, mais je ne m’interdit pas d’en insérer certaines qui ne répondent qu’à un seul. Se contenter de « simples » images présente également l’avantage de ne pas trop alourdir la page et ainsi d’avoir un impact limité sur le temps de chargement et la fluidité du défilement.

Si dans mon domaine, le caractère essentiellement conceptuel des sujets que je traite rend les illustrations assez difficiles à trouver sans pour autant permettre de les réaliser moi-même, de nombreux professionnels ont des produits qu’ils peuvent présenter, promouvoir et mettre en scène. Dans ce cas, l’idéal est évidemment de produire soit-même ses illustrations : minimalistes si ni le talent ni le matériel ne sont disponibles, plus travaillées si les moyens sont à portée de main.

Écrire pour les moteurs ?

Certains moteurs inspirent plus que d'autres

Certains moteurs inspirent plus que d’autres

C’est une évidence : l’immense majorité de vos lecteurs potentiels ne vous connaît pas, et c’est donc via un moteur de recherche qu’ils ont des chances d’aboutir chez vous et d’être époustouflés et séduits par la qualité et la justesse de vos propos. Il convient donc de tenir compte du fonctionnement d’un moteur de recherche et de soigner les différents critères qu’ils prennent en compte : méta-données, balises, champs sémantiques, occurrences et synonymes, etc.

En dehors des aspects les plus techniques, pour lesquels une formation ou l’accompagnement d’un professionnel faciliteront et accéléreront l’optimisation de votre visibilité en ligne, ce qui concerne l’écriture proprement dite est potentiellement déjà adressé par l’approche dense évoquée plus haut. Avec des phrases plus « ramassées », le texte contient moins de pronoms et donc plus de mots signifiants, y compris pour les moteurs. L’évolution récente et prévisible des algorithmes devrait finir d’avantager les « littéraires » par rapport aux « techniciens ».

Insérer des liens ?

C’est sans doute la partie de l’argumentaire de l’auteur que je partage le moins. L’inclusion de liens dans un texte permet de s’affranchir d’explications longues et complexes en évitant de devoir réécrire ce qui a été parfaitement exposé par ailleurs. Cela permet par exemple de commenter la thèse d’un personne sans avoir à en reproduire des passages complets. C’est également un aspect important, d’après moi, du référencement naturel, puisque chaque lien est une porte par laquelle les robots des moteurs de recherche peuvent aboutir à votre texte pour en scanner le contenu. Toujours est-il que la question soulevée est pertinente : la multiplication des liens est il un risque pour la concentration du lecteur et notre capacité à conserver son attention jusqu’à la fin du texte ?

Pour ma part, j’estime qu’en tout état de cause, une minorité des lecteurs lit l’intégralité du contenu et qu’il faut à la fois faire confiance à ses capacités personnelles et à celles de l’audience cible. Ma seule réponse concrète à cette problématique concerne le paramétrage des liens que j’inclue : ils sont toujours configurés pour s’ouvrir dans un nouvel onglet, afin d’éviter qu’une référence ne vienne remplacer sur l’écran mon propre texte.

Privilégier la frivolité ?

Voici sans doute l’aspect le plus compliqué de l’exposé de Cyrille Franck. Compliqué car il l’aborde, assez logiquement, du point de vue du journaliste. Je me contenterai donc de répéter qu’un professionnel qui souhaite utiliser les médias sociaux pour assurer la promotion de son activité devrait adopter la posture d’un journaliste au service de sa propre ligne éditoriale : faire voir, comprendre, apprécier et susciter l’envie pour son offre.

Miser sur l'intelligence de ses cibles

Miser sur l’intelligence de ses cibles

Dès lors, il n’y a pas de sujets sérieux ou légers, il y a des façons plus ou moins attrayantes de choisir un angle et un ton pour traiter un sujet qui s’impose de lui-même. Je le sais d’expérience, traiter des sujets « complexes », surtout s’ils sont en plus immatériels, est ardu. La différence entre un sujet sérieux attrayant et un sujet sérieux barbant, c’est la capacité du rédacteur à jouer avec les rythmes, les mots, les illustrations pour mettre la forme au service du fond.

Parier sur son talent et sur l’intelligence du lectorat est effectivement risqué, mais pas plus que de définir des cibles et un discours dans une stratégie marketing. Vous ne cherchez pas à vendre des produits ou des services au monde entier, juste à ceux qui sont effectivement susceptibles d’en comprendre l’utilité et la pertinence.

Il devrait en aller de même pour les contenus destinés à informer vos cibles. Et quelles que soient les capacités de concentration, la culture générale, la compréhension de la langue de vos cibles, si vous les avez bien choisies et comprises, votre contenu les intéressera, puisqu’il les concerne et parle d’eux, de leurs attentes, de leurs problèmes et des solutions que vous leur proposez.

Transformation ou Évolution digitale ?

Dans un article intitulé La transformation digitale : un phénomène de mode pour les salariés et les chefs d’entreprise ?, le Blog du Modérateur analyse les résultats d’une étude réalisée par IPSOS, le CESI et le Figaro quant aux attentes et à la compréhension des dirigeants et salariés d’entreprises en ce qui concerne la transformation digitale.

Parmi les surprises de l’étude :

  • 30% des dirigeants d’entreprises qui estiment que la transformation digitale est stratégique ou essentielle ;
  • 47% des dirigeants qui considèrent que la transformation digitale est un phénomène de mode.

Ftp-protocolEn tant que veilleur professionnel, j’ai pour ma part expérimenté directement les modifications qui s’appliquent à un métier et à une entreprise qui s’engagent dans une transformation digitale. Les souris ont remplacé les ciseaux et tubes de colles, puis les plate-formes FTP ont permis aux coursiers et à leurs scooters de finir leurs nuits.
En tant que chargé de projet de l’association d’éducation aux médias Fréquence Ecoles, un usage intelligent du cloud nous permet d’accéder rapidement et simplement aux emplois du temps des interventions, aux versions les plus récentes des supports et de communiquer entre intervenants sans avoir à fixer de RdV.
En tant que rédacteur, les multiples ressources disponibles en quelques clics grâce au Web et aux moteurs de recherche me facilitent le travail et la recherche de clients.
En tant qu’entrepreneur, les services de chat et de visioconférence facilitent la collaboration avec toute une gamme d’interlocuteurs : partenaires, clients, prescripteurs, etc.

Choisir un outil utile, pas une solution à la mode

Bien qu’initialement réticent aux usages informatiques, j’ai rapidement été amené à en constater la pertinence et l’efficacité, de sorte qu’il me semblerait aujourd’hui assez ridicule, et totalement contre-productif, de décider que la transformation digitale que j’ai moi-même appliqué à ma façon de travailler serait accessoire ou dispensable.
Comme cela m’arrive souvent, j’ai immédiatement considéré que cette évidence s’imposait à moi avec tellement de force qu’il ne pouvait en être autrement pour l’ensemble de mes contemporains. Les bénéfices à tirer de l’usage intelligent de ces nouveaux outils sont tels qu’il semblait évident que chacun aurait à cœur de prendre le temps de les découvrir, de les tester et de se les approprier.

Des fois, ma naïveté m’étonne moi-même.

La transformation digitale sur le terrain

J’ai été récemment sollicité par un client qui souhaitait organiser une formation à la visioconférence et aux méthodes de communication et d’échanges de documents en ligne.
D’abord dubitatif (« ben, vous installez Skype et vous vous créez un dossier partagé sur Dropbox / Google Drive… »), j’ai préparé pour les stagiaires un questionnaire visant à définir leurs niveaux et leurs besoins.
Constatant l’hétérogénéité des compétences et des terminaux, j’ai décidé de mettre l’accent sur les méthodes et les usages pour travailler efficacement en mode collaboratif en ligne et asynchrone. Ne pouvant présumer des choix des stagiaires en matière de plateformes et d’outils, j’ai choisi d’insister sur les méthodes, les astuces, la nomenclature, l’arborescence, etc.

Très rapidement, le jour de la formation, mes stagiaires m’ont fait sentir que c’est au contraire le maniement de l’outil qui les « intéressait le plus ».
Pourquoi donc suis-je en train de vous raconter cette anecdote qui ne semble avoir aucun rapport avec mon sujet et encore moins avec mon titre ?

La transformation sur le terrain

La transformation sur le terrain

Lorsque vous décidez de remplacer fax et mails par Google Hangouts ou Facebook Messenger, il n’y a que l’outil qui change, pas la nature des informations qui sont échangées. Tout au plus est-il plus facile, et donc plus efficace, de conserver une trace des échanges. Assez logiquement, les personnes qui s’engagent sur cette voie sont plus inquiets de ce ce qui change que de ce qui perdure.
Pourtant, ce qui reste, c’est la valeur ajoutée créée par des professionnels qui échangent des informations, des points de vue, des contacts, des recommandations…
Ce qui change, c’est uniquement le médium utilisé pour diffuser, organiser et capitaliser ces informations.
L’expression Transformation digitale évoque ce qui change : les outils, les technologies, les médias. Donc, lorsqu’on parle de transformation digitale, c’est assez logiquement aux outils que l’on songe, et non aux usages (qui eux ne changent guère, au moins dans un premier temps).

La tyrannie des outils

Dès lors, rien d’étonnant à ce que cette transformation soit mal comprise et mal aimée : elle évoque une complexification de procédures quotidiennes, une exposition à l’obsolescence des outils, des besoins de formation et d’assistance renforcés… des coûts supplémentaires dont le dirigeant soucieux de sa trésorerie serait ravi de s’affranchir. Au même titre qu’il me semble préférable de Valoriser les usages de la veille, pas les outils, ce sont donc d’après-moi les usages qu’impliquent une transformation digitale qu’il conviendrait de présenter et de transmettre. Les outils permettent d’échanger simplement et de trouver plus rapidement ce que l’on cherche, mais ce n’est pas ainsi qu’ils permettent de gagner en efficacité.
L’apport de la transformation digitale, c’est la possibilité d’investir le temps et l’énergie épargnés dans des activités créatrices de valeur ajoutée : celles mobilisant l’intelligence de chacun.
Les secondes, minutes, heures et journées gagnées grâce aux outils informatiques ne sont réellement « gagnées » pour l’entreprise que si elles sont ensuite consacrées à imaginer  / développer un nouveau service / produit, à identifier un nouveau marché, à affiner une stratégie ou à mieux connaître les attentes de ses clients et partenaires.

Human Evolution CC By Acid Pix

Human Evolution CC By Acid Pix

Dès lors, la transformation digitale, c’est faire mieux et avec plus de possibilités ce qu’une entreprise faisait déjà auparavant : chercher de nouveaux moyens d’être plus efficace.
Du coup, le terme transformation semble bien mal adapté.
En remplaçant par exemple Transformation par Évolution, on éviterait :

  • de stresser les collaborateurs qui craindraient moins un bouleversement complet de leurs missions et conditions de travail ;
  • de faire miroiter des accélérations radicales du temps de l’entreprise, attentes qui seront quasi-systématiquement déçues ;
  • d’amener les dirigeants à considérer que le digital, c’est pour les autres (plus jeunes, plus « gros », plus « modernes », etc…).

Parce qu’au final, et c’est en partie à M.Darwin que nous le devons, « évoluer » c’est s’adapter et s’améliorer, alors que lorsqu’il s’agit de se transformer, c’est sans doute du côté de Hulk qu’il convient d’aller chercher une connotation possible.

Hulk : la transformation pour le meilleur et pour le pire

Hulk : la transformation pour le meilleur et pour le pire

Quand une entreprise vend un service ou un produit, la transformation digitale pourra impacter de nombreux aspects de son fonctionnement, mais rarement le principal : la nature et la qualité de son offre.

Alors pourquoi la profession a t’elle choisi d’intituler « transformation » ce qui n’est au final qu’une optimisation ou une évolution ?

J’ai ma petite idée, qui s’apparente à ce que j’écrivais dans La Veille ne doit pas être une profession incapacitante, mais je vous laisse choisir votre conclusion vous-même.

Atelier Découverte de Twitter

Connexion Y Lyon Part Dieu - 9 & 10 Mai 2016 - Connexion-Y

En partenariat avec Connexion Y , j’anime le lundi 09 Mai à la Part-Dieu un atelier dédié à la découverte de Twitter. Au programme : présentation du réseau de micro-blogging et astuces pour une utilisation professionnelle.

Pour réserver, il vous suffit de cliquer sur l’image.
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