Réseaux sociaux : lesquels ? pour faire quoi ?

Formateur et consultant en Communication écrite et Veille stratégique, je suis régulièrement sollicité pour dispenser des formations relatives aux réseaux sociaux. Si la France, et notamment ses entrepreneurs, semblent encore en retard par rapport à leurs homologues étrangers quant à la présence sur les réseaux sociaux, il apparaît cependant qu’ils sont du plus en plus nombreux à souhaiter tirer profit des divers bienfaits de cette présence en ligne.

Le programme défini par mon client pour la journée comprenait des formations à la création et à l’animation de comptes Facebook et Twitter pour six stagiaires. Ayant constaté lors de l’entretien de préparation que la majorité des participants avaient des connaissances quasi-nulles pour ce qui concernait les usages professionnels des réseaux sociaux, j’ai donc pris le parti de globaliser les deux prestations afin d’obtenir un déroulé en trois volets consécutifs :

  1. Réseaux sociaux : généralités ;
  2. Facebook : présentation de l’interface, usages et particularités ;
  3. Twitter : présentation de l’interface, usages et particularités.

reseau sociaux_ballComme pour toutes mes formations, j’avais à cœur que les participants disposent à l’issue de leur journée de travail de comptes paramétrés et qu’ils en aient utilisé les fonctionnalités de base : celles qui leur seraient utiles pour se lancer sur les réseaux sociaux. J’estime en effet, et mes diverses expériences me l’ont largement confirmé, que l’apprentissage des usages numériques ne passe pas par le cours magistral, mais bien par une succession de questions / réponses pour faire correspondre aux besoins des stagiaires les possibilités offertes par les différents outils à leur disposition.

Le début de la journée a donc été consacré à la découverte du web social / web 2.0, au périmètre que ces termes recouvrent, aux usages qui doivent y être généralement respectés, aux règles du savoir-publier ainsi qu’aux objectifs qui peuvent y être atteints. Studieux et attentif, mon auditoire noircissait de notes blocs et cahiers pour conserver les grandes lignes de l’exposé d’introduction.

Une fois les principes généraux explicités, et les doutes et incompréhensions levés, j’ai donc posé à mes stagiaires, tous issus de la même entreprise, la question primordiale pour ce type de projet :

« Facebook, qu’est ce que vous voulez en faire ? »

Les mines perplexes et l’interrogation oculaire qu’ils ont alors adressé au dirigeant de l’entreprise, qui participait à la formation, m’ont confirmé que, si les entrepreneurs souhaitent majoritairement être présents sur les réseaux sociaux, ils ne savent pas toujours ce qu’ils peuvent y faire ni ce qu’ils peuvent raisonnablement en attendre. Nous avons alors collectivement passé en revue les objectifs qui peuvent être atteints grâce à un compte Facebook et les avons retenus / rejetés en les examinant à l’aune des activités, moyens et problématiques de la société.

La première décision a porté sur la nature des comptes à créer. Alors qu’ils étaient globalement hésitants quant aux identités à afficher sur la toile, je leur ai proposé de faire fructifier les réseaux et connaissances construits dans la vraie vie. Ils ont donc choisi de créer des profils personnels pour chacun des membres du Comité de Direction, plutôt que de multiplier les comptes déclinant l’identité de l’entreprise, comme ils envisageaient de le faire.

Sur Facebook, l’activité du Comité de Direction a donc pour objectif de donner de l’entreprise une image de modernité et de pertinence via la diffusion / le partage d’informations potentiellement utiles aux différents abonnés : clients, partenaires, prescripteurs et organismes consulaires. Les utilisateurs des services de l’entreprise bénéficieraient en outre d’une attention particulière, via la création de groupes, secrets ou non, par l’entremise desquels des experts diffuseront régulièrement rappels et conseils techniques.

reseaux sociaux_interrogationParallèlement, chaque utilisateur s’attachera à relayer régulièrement les contenus publiés sur le site internet et poussés automatiquement sur les réseaux sociaux, avec pour objectif d’en améliorer le référencement naturel et de constituer autour de l’entreprise un réseau découlant de l’addition des réseaux personnels de ses cadres et dirigeants.

Avec la découverte des outils permettant d’utiliser Facebook comme une plate forme de travail collaboratif (messages privés groupés, groupe secret, partage de fichier…), le panorama des usages possibles du principal réseau social au monde atteignait une précision suffisante pour une première prise en main.

Il était donc temps pour moi de poser la question suivante :

« Twitter, qu’est ce que vous voulez en faire ? »

Mieux préparés à cette interrogation après une matinée de travail collectif, les réponses ont été moins hésitantes : tweeter lors d’événements, diffuser des informations, améliorer le référencement du site…

Après une présentation de l’interface et des Paramètres, et une fois les comptes créés et renseignés, nous avons donc étudié les moyens d’atteindre ces objectifs via l’utilisation des outils ad hoc et la construction de scénarios pour des mises en situation. Les stagiaires ont ainsi pu constaté que le live-tweet, activité emblématique du réseau à l’oiseau, n’était en rien une activité spontanée et improvisable. Commenter une conférence, une présentation, nécessite de connaître l’identité des différents intervenants sur le réseau, d’avoir consulté les hashtags qu’ils mettaient en avant, de maîtriser la syntaxe Twitter, de savoir capter et transmettre la phrase-choc de l’intervenant, etc. Cela a été l’occasion de lister les renseignements à rechercher avant de participer à une manifestation, les mêmes que ceux qu’il serait bon de mettre en avant dans les événements organisés par l’entreprise.

Mon auditoire a été par ailleurs un peu déçu en constatant que la seule véritable information émanant du live-tweet tel qu’ils l’envisageaient est : « j’y suis », même s’ils ont été en partie rassurés de constater que ce constat impliquait également le questionnement « et vous ? » et qu’il ouvrait ainsi la possibilité de faire rapidement des rencontres « dans la vraie vie ».

Une fois les méthodes de diffusion des contenus du site via Twitter présentées, nous avons pu aborder ce qui constitue d’après moi la véritable utilité de Twitter pour une entreprise telle que la leur : la veille. La fin de la journée a donc été consacrée à la découverte des méthodes de recherche d’informations sur Twitter, aux différents résultats, fils et hashtags qu’ils pouvaient utiliser pour obtenir des contenus utiles à l’organisation et à ses correspondants.

CC Sean MacEntee

CC Sean MacEntee

A l’issue d’une journée de travail d’environ 07h30, mes six stagiaires disposaient chacun d’un compte Facebook complet, paramétré et avec une première activité, d’un compte Twitter paramétré, d’abonnés et d’abonnements, d’un plug-in Add-This pour le partage rapide d’informations, de tutoriels pour retrouver rapidement les outils de gestion et de modifications de leurs comptes et d’une synthèse des objectifs atteignables sur les réseaux accompagnée d’un récapitulatif des règles du savoir-publier.

La question de la rédaction pour les réseaux n’a pu être traitée en tant que telle par manque de temps, mais, après une première phase dédiée à l’observation, une seconde au commentaire, je suis presque certain qu’ils n’hésiteront plus à prendre eux-mêmes la parole pour présenter et défendre leurs points de vue et ceux de leur entreprise.

Au final, mon intervention aura permis :

  • de banaliser et dédramatiser l’usage des outils de publication en général et des réseaux sociaux en particulier ;
  • d’inscrire les réseaux sociaux dans une démarche stratégique globale ;
  • de les sensibiliser aux usages qui peuvent être faits des différentes catégories d’informations ;
  • de les inviter à s’interroger sur leurs besoins plutôt que sur leurs outils : les seconds découlent des premiers, et non l’inverse ;
  • de transposer la notion de réseaux réels dans un environnement numérique ;

La posture que je les ai invité à adopter avant toute action sur les réseaux peut ainsi être résumée par la question « quel réseau ? pour en faire quoi ? »

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À propos Christophe Doré
Consultant et formateur en veille stratégique et communication écrite, j'accompagne les entreprises, associations et collectivités dans la résolution de leurs problématiques d'émission et de réception d'informations : rédaction, recherche, analyse, diffusion de données utiles à leur fonctionnement.

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