Améliorer l’efficacité d’une veille technologique

Dans cet article intitulé Passer de la veille à la vision technologique, l’équipe de rédaction du blog Global Vision énumère les problèmes inhérents à la veille technologique et propose quelques pistes pour en faciliter le développement et l’exploitation dans les entreprises françaises.

Passer de la veille à la vision technologiquePour éviter les écueils de la démarche en silos, de la passivité du veilleur et du manque d’analyse, les rédacteurs proposent d’adopter une posture de vision technologique, qui se caractérise selon eux par la transversalité, la proactivité et l’approche solutions.

Privilégier l’approche solutions

Si la transversalité et la proactivité devraient également être constitutifs d’une démarche de veille, et ne sauraient donc caractériser d’après moi ce qui différencie la vision de la veille technologie, je souscrit tout à fait à l’approche solutions.
Il s’agit dans ce cas de réaliser une veille sur les applications et les problématiques plutôt que sur les technologies concurrentes ou émergentes. L’objectif ne sera dès lors plus de collecter la littérature relative aux solutions des concurrents, mais les articles concernant les process de fabrication des utilisateurs. Pour échapper à la « démarche en silos », il convient cependant d’élargir suffisamment la veille pour avoir une chance de trouver cette fameuse information, à la fois connexe et porteuse de valeur ajoutée.

Prenons l’exemple d’un concepteur et fabricant d’extrudeuses destinées aux industriels de la plasturgie. Pour réaliser sa veille technologique, il doit bien sûr surveiller ses concurrents et clients. Mais dans une approche vision technologique, il doit également surveiller les équipements et technologies développées pour les autres secteurs qui utilisent la technique de l’extrusion : transformateurs de métaux, de caoutchouc, de matériaux composites, de matériaux de construction, de produits alimentaires…
Sauf dans le cas où l’industriel veilleur souhaite diversifier ses débouchés, il ne s’agit pas là de marchés sur lesquels il souhaite se lancer. Mais les innovations réalisées pour améliorer la production de macaronis peuvent potentiellement s’appliquer aux thermoplastiques…

Une veille peut également être conçue pour identifier des problématiques analogues à celles des extrudeurs, mais dans des secteurs qui n’utilisent pas encore cette technique. Il s’agit alors  d’établir un corpus des termes pouvant décrire les caractéristiques des produits obtenus par extrusion : tube, tuyau, profilé, feuille, plaque, creux, etc.
Dans un premier temps, une telle veille risque de générer beaucoup de bruit, mais avec quelques ajustements, elle peut également permettre d’identifier de nouveaux débouchés ou de nouveaux besoins.
Pour avoir un panorama le plus complet possible, la veille devrait également être étendue aux autres technologies de mise en forme des produits pouvant être traités par extrusion.
C’est parce qu’une telle veille s’intéresse plus aux usages des technologies qu’aux technologies elles-même qu’on peut la qualifier « d’approche solutions ».

Eviter l’infobésité, faciliter l’analyse

Comme à chaque fois qu’une veille est élargie, le risque d’infobésité guette le veilleur et l’organisation. En plus de faire perdre du temps, cette surabondance de données peut également compliquer l’analyse, qui est pourtant la phase au cours de laquelle la valeur ajoutée de la veille est réalisée.
Pour éviter la surcharge informationnelle, deux éléments importants :

– relever régulièrement les résultats de la veille ;
– identifier à l’intérieur de l’entreprise des personnes capables de participer à une analyse globale des résultats.

Concrètement, il s’agit ainsi d’adresser régulièrement les informations propres à un secteur d’activité (métallurgie, agroalimentaire…) à une personne qui sera capable de comprendre rapidement si l’information :
– est pertinente ;
– s’applique à la plasturgie ;
– représente une avancée potentielle ;
– existe déjà sous une forme ou sous une autre ;

Si la réponse aux deux premiers critères est oui, il peut alors chercher des données complémentaires et / ou préparer une synthèse de l’information en expliquant les raisons qui l’amènent à la retenir et à la diffuser. La phase d’analyse collaborative peut ensuite débuter : chaque service / département / personne peut commenter l’information, afin de déceler les failles du raisonnement, proposer de nouvelles applications, confirmer le pressentiment du veilleur, etc…

Pour tirer profit d’une telle organisation, il est toutefois impératif que les buts du dirigeant soient suffisamment clairs pour tous les participants. Les objectifs et la stratégie choisie pour les atteindre jouent en effet le rôle de filtres qui permettront d’écarter rapidement les informations qui vont à l’encontre de ce qui a été décidé, ou qui s’en écartent de façon trop évidente.

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À propos Christophe Doré
Consultant et formateur en veille stratégique et communication écrite, j'accompagne les entreprises, associations et collectivités dans la résolution de leurs problématiques d'émission et de réception d'informations : rédaction, recherche, analyse, diffusion de données utiles à leur fonctionnement.

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