La CCI26 sonde les besoins et les attentes des PME

La Chambre de Commerce et d’Industrie de la Drôme présente les résultats d’une enquête réalisée auprès des entreprises départementales pour évaluer leurs besoins en terme d’intelligence économique. La centaine d’entreprise ayant répondu constitue un échantillon intéressant du tissu économique : 37 TPE, 42 PME de -50 salariés et 24 de +50 salariés. Les secteurs d’activités auxquels les participants se rattachent sont également instructifs : 68% dans l’industrie, 24% dans les services et 8% dans le commerce. Si l’on suppose que les dirigeants les plus sensibles au questionnaire sont aussi ceux qui sont les plus susceptibles d’utiliser / adopter les bonnes pratiques de l’intelligence économique, il s’agit là d’informations utiles pour un consultant / formateur en veille stratégique comme moi.

screenshot CCI26A la question « qu’évoque pour vous la notion d’intelligence économique ? » , un premier tiers se déclare sensibilisé sans toutefois l’avoir mis en pratique, et un second tiers affirme l’avoir intégré au management de l’entreprise. En ajoutant les 13,6% de responsables se disant intéressés et prêts à déployer des dispositifs ad hoc, ce sont près de  80% des répondants qui sont d’une façon ou d’une autre sensibles à la notion d’intelligence économique.

L’industrie plus sensibilisée que les services ?

Cette enquête révèle également que 71% des entreprises du panel pratiqueraient déjà la veille, et que ce sont des formations et ateliers relatifs aux techniques de recherche d’informations et de veille qui sont les plus demandées.
Ce ratio est à rapprocher de la typologie des participants à l’enquête, avec notamment 70% d’entreprises industrielles.

C’est en effet pour une entreprise industrielle qu’il est le plus facile « d’improviser » une veille. Même sans connaissances particulières des méthodes et outils de la veille, les métiers de l’industrie sont suffisamment structurés et spécialisés pour que la recherche d’informations soit facilitée : les concurrents et les clients (donneurs d’ordres ou distributeurs) sont globalement identifiés et en nombre limité, les législations et réglementations connues et surveillés, les filières sont organisées et constituées, avec la possibilité d’accéder simplement aux informations générales qui impactent l’ensemble d’une branche. Le fait que la concurrence et l’innovation s’exercent à l’échelle mondiale facilite également la tâche, puisque la veille sur Internet est d’autant plus facile qu’il n’est pas indispensable de la limiter à une aire géographique. De sorte qu’il suffit de maîtriser des rudiments de recherche avancée sur un moteur de recherche pour obtenir un embryon de veille pertinente.

La veille, première dimension de l’intelligence économique

screenshot etude CCI26La forte demande d’ateliers et de formation à la recherche d’informations et à la veille révèle cependant que les praticiens sont tout de même conscients des limites actuelles de leurs dispositifs. En définissant et déployant sans aide extérieure un système de veille, les entreprises disposent d’une vision pointue de la situation existante, mais peuvent manquer de recul pour élargir leurs recherches aux tendances et innovations susceptibles de révéler de nouveaux entrants potentiels.
Plus généralement, une veille ainsi réalisée permet de constater l’évolution d’un secteur, mais est généralement insuffisante pour anticiper les évolutions et faciliter la définition et la pilotage d’une stratégie.

C’est là que réside d’après moi la valeur ajoutée du conseil pour la mise en œuvre d’une stratégie de veille : en réalisant le diagnostic des besoins, l’audit des pratiques existantes et en accompagnant le dirigeant dans la définition élargie du champs de ses activités et de ses ambitions, le consultant peut permettre de passer d’une veille réactive à une veille prospective.
En appliquant ses capacités d’analyse et de synthèse au positionnement d’une entreprise, le consultant peut en effet déceler des gisements d’informations qui avaient échappés au professionnel, par essence concentré sur ses compétences et ses centres d’intérêt.

Les limites de la veille instinctive

En examinant la représentativité des entreprises ayant participé, et en tenant compte du biais de l’enquête qui implique généralement que ce sont les organisations les plus sensibilisées qui sont les plus enclines à répondre, on peut supposer quand dans l’échantillon drômois, ce sont les professionnels du secteur tertiaire qui sont les plus éloignés de l’intelligence économique et de la veille.
Ce n’est guère étonnant, et ce pour plusieurs raisons : ces entreprises comptent généralement moins de salariés et donc moins de personnes susceptibles de prendre en charge ces missions ; leurs clientèles sont beaucoup plus diversifiées ; leurs concurrents sont plus locaux ; la terminologie de l’immatériel est beaucoup moins figée que celle du matériel.
Il n’y a pas trente-six façons de parler du textile, de l’agroalimentaire ou de l’électronique, il existe par contre de nombreux termes pouvant décrire l’activité d’un courtier en assurances ou d’un cabinet de recrutement.
Pour les entreprises du secteur tertiaire, l’intervention d’un consultant s’en trouve d’autant plus utile. Il s’agira dans un premier temps d’identifier les axes stratégiques du développement de l’activité, qui seront logiquement également ceux de la veille à installer. Alors que pour les acteurs du secteur secondaire, une recherche d’informations peut rapidement mettre en lumière les sources pertinentes, il s’agira dans ce cas d’identifier a priori les sources potentiellement intéressantes, pour les tester, les évaluer et décider au final de les suivre ou non. Une veille stratégique pour une entreprise de services ou un commerçant doit généralement également s’appuyer sur un usage judicieux des réseaux sociaux, qui ne sont en revanche pas toujours indispensables à un industriel qui travaillera essentiellement avec d’autres professionnels.

Les résultats de cette enquête sont donc instructifs et raisonnablement rassurants pour ceux qui comme moi ambitionnent d’apporter aux petites et moyennes entreprises les moyens d’exploiter les informations pour faciliter et accélérer leur développement.

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À propos Christophe Doré
Consultant et formateur en veille stratégique et communication écrite, j'accompagne les entreprises, associations et collectivités dans la résolution de leurs problématiques d'émission et de réception d'informations : rédaction, recherche, analyse, diffusion de données utiles à leur fonctionnement.

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