De la difficulté de se relire soi-même

Pour exister et être visible dans le paysage médiatique, Internet et les réseaux sociaux sont pour les organisations (entreprises, associations, collectivités…) des outils très utiles, qui permettent de maîtriser son discours et de s’affranchir des interventions de journalistes trop souvent enclins à couper / reformuler les phrases ciselées en interne pour être fidèles aux propos des dirigeants.

Si le web 2.0 fait la part belle aux images et vidéos, l’écrit reste l’un des principaux vecteurs de communication et il convient donc d’être particulièrement attentif à la qualité et à la justesse des contenus publiés.

Plusieurs étapes sont importantes dans le processus conduisant de la décision d’une publication à sa mise en ligne.
C’est le problème de la relecture que j’aborde aujourd’hui.

stylopapierCes sept dernières années, j’ai rédigé près de trente articles par jour, cinq jours sur sept, onze mois sur douze. Dans une newsletter d’une trentaine d’articles, je ne suis JAMAIS parvenu à faire du premier coup « zéro faute », malgré une formation littéraire (hypokhâgne) et journalistique et une très forte appétence à la lecture.
Et pourtant, il nous fallait bien nous assurer de la qualité de la production. La seule solution que j’ai trouvé et mise en place au sein de mon précédent poste était la relecture croisée. Avant publication, chacun était chargé de relire la production d’un autre rédacteur. Les erreurs, imprécisions ou incohérences étaient alors signalées par le correcteur, mais corrigées par l’auteur.
Si les impératifs horaires nous ont sans doute empêché d’atteindre systématiquement une qualité absolue de production écrite, cette méthode a cependant épargné de nombreuses écorchures aux yeux de nos lecteurs.

Il est plus efficace de lire que de relire

La raison pour laquelle ces échanges de corrections se sont avérés efficaces est simple : le rédacteur d’un texte est le plus mal placé pour y déceler les erreurs. Puisque c’est lui qui a écrit les lignes, il en connaît parfaitement le contenu, et son attention ne se pose pas suffisamment sur chaque accord, chaque structure, chaque choix lexical.
Pour le lecteur extérieur, il s’agit en revanche d’une découverte, il va donc utiliser toutes les finesses et redondances de la langue française pour s’en approprier le sens. Et c’est en analysant l’intégralité des liens existant entre les mots, les propositions et les phrases qu’il est possible de détecter les erreurs et les approximations.

Les textes publiés au nom d’une structure portent sa réputation, les choix sémantiques éclairent ses positions et le style des textes connote l’ensemble de son propos. Il est donc primordial de soigner sa production écrite, au risque d’être diffusé pour des raisons bien différentes de celles qui avaient motivé la prise de parole.

Plusieurs cas de figure, deux méthodes

L’attention portée à l’orthographe, la grammaire et la syntaxe d’un texte peut prendre deux formes en fonction des impératifs :
– le texte doit être rapidement mis en ligne, car il s’agit d’une réaction à un événement donné, une prise de position qui n’aurait pas de sens en dehors de son contexte temporel ou une demande de retours qui ne saurait attendre : il est alors indispensable de se faire relire par une tierce personne. Même si celle-ci a une maîtrise de la langue française inférieure à l’auteur, elle sera mieux placée pour détecter les fautes, sinon les corriger.

– le texte peut être rédigé bien avant sa date de publication, car il s’agit d’une réflexion générale ou d’une contribution programmée bien à l’avance : il est alors possible de se relire soi-même en réduisant les risques de rater des erreurs. Il faut alors… « oublier » son texte quelques jours ou quelques semaines dans un tiroir ou un dossier. En abandonnant la connaissance pointue que l’on a de son propre texte, il est possible d’y revenir avec un œil neuf, capable d’y déceler plus efficacement les fautes.

relectureécranDans l’idéal, ces deux filtres de relecture se cumulent. La relecture personnelle permet de repérer les problèmes de liens logiques, limpides dans l’esprit du rédacteur mais qui n’apparaissent pas dans son texte. Elle permet également de s’assurer que le sens général de l’article est bien conforme à l’intention première, car il est facile de s’en écarter lorsque l’on est « le nez dans le clavier ». Certaines fautes grossières seront également plus visibles. Mais, quand c’est possible, la relecture par une personne extérieure reste un gage de qualité supérieure.

(Selon les principes bien connus des parents et des cordonniers, ce texte a été écrit et relu dans la foulée, par une seule et même personne 😉 )

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À propos Christophe Doré
Consultant et formateur en veille stratégique et communication écrite, j'accompagne les entreprises, associations et collectivités dans la résolution de leurs problématiques d'émission et de réception d'informations : rédaction, recherche, analyse, diffusion de données utiles à leur fonctionnement.

One Response to De la difficulté de se relire soi-même

  1. Ping : #Rédaction de #contenus : 4 préalables et 9 points de vigilance | Doré Conseil

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