Les premiers pas d’une démarche d’Intelligence Economique

Une étude dirigée en 2003 par Franck Bulinge et réalisée en partenariat avec des entreprises locales a mis en lumière l’un des freins au développement de la veille stratégique et de l’Intelligence Economique en France. Dans bon nombre de cas, il apparaît en effet que les dispositifs conçus et déployés par les agences et professionnels du secteur sont sur-dimensionnés par rapport aux attentes et aux capacités des acteurs. Lorsqu’elle existe, la formation aux outils utilisés, et même aux principes de base de la veille stratégique, se révèle insuffisante. Si dix années ont passé depuis cette expérience, aucun bouleversement d’ampleur n’est depuis venu amoindrir la pertinence de ces travaux.

RHUne activité nécessairement collégiale

Pour être utile, une veille stratégique doit en effet être, sinon réalisée, du moins partagée par plusieurs intervenants d’une organisation, occupant des postes différents, afin que le groupe ainsi constitué bénéficie d’une vue globale sur l’ensemble des activités et problématiques d’une entreprise. Il est donc important que chacune des personnes impliquées soit correctement formée aux principes de la veille et à l’utilisation des outils de collecte, d’annotation et de partage de l’information.

Dans une démarche d’intelligence économique, qui est la finalité de la mise en place d’outils de veille stratégique, la quantité de paramètres et d’outils disponibles peut rapidement effrayer les utilisateurs. L’étude toulousaine a permis de démontrer que pour être acceptée et efficace, l’intégration de ces technologies doit être réalisée progressivement.

La veille, préalable indispensable à l’IE

Les premières étapes concernent justement l’activité de veille, puisque c’est sur celle-ci que s’appuient toutes les suivantes. En formant des salariés aux compétences et aux responsabilités diverses et complémentaires aux principes de la veille et au maniement d’outils simples et gratuits, les universitaires sont parvenus à mobiliser efficacement les collaborateurs de l’entreprise. Leurs travaux ont à la fois permis d’expliciter les buts et méthodes de la veille, le fonctionnement des outils et l’importance de rapprocher les informations et observations, puisqu’il s’agit bien là de la finalité d’une telle opération.

Une mise en place progressive et accompagnée

Pour obtenir ce résultat, plusieurs niveaux de formation ont été mis en place : à l’échelle individuelle, au niveau de groupes de travail et enfin pour l’ensemble de l’entreprise. C’est ainsi qu’a pu être initiée avec succès une démarche collaborative qui ne s’est pas traduite par un excès d’échange d’informations, chaque intervenant / groupe étant en mesure de cibler efficacement ses signalements et partages d’informations.

Une fois cette première « brique » posée et validée, soit au bout de quelques mois, les formateurs ont pu aborder les étapes suivantes, apportant aux utilisateurs des outils et concepts plus précis, plus complexes et plus efficaces, puisque les bases nécessaires à leur maîtrise avaient été assimilées.

Cette expérience démontre selon moi qu’une démarche de veille stratégique et d’intelligence économique ne « s’installe » pas, elle se construit sur la durée, en s’appuyant sur les compétences et les ambitions de chacun. Cette façon de procéder présente en outre l’avantage de participer à la définition d’une politique de Ressources Humaines en donnant à chacun la possibilité de faire valoir son avis et ses expériences.
Elle fluidifie la communication, permet de détecter rapidement les collaborateurs les plus motivés et les plus compétents dans leurs domaines et peut même apporter à ceux-ci la reconnaissance dont le manque est régulièrement pointé du doigt comme l’une des principales sources de démotivation des salariés français.

Si un tel processus n’est pas reproductible tel quel dans les (très) petites structures, il démontre cependant l’importance de deux étapes dans les processus de veille et d’intelligence économique : le primat de la démarche sur les outils et l’importance de la réflexion personnelle, tant a priori qu’a posteriori.

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À propos Christophe Doré
Consultant et formateur en veille stratégique et communication écrite, j'accompagne les entreprises, associations et collectivités dans la résolution de leurs problématiques d'émission et de réception d'informations : rédaction, recherche, analyse, diffusion de données utiles à leur fonctionnement.

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